Milans noirs, bondrées, martinets... les migrations ont déjà commencé sur les cols et dans les vallées. En montagne, c'est l'occasion de rechercher les passages discrets du pluvier guignard. Ce limicole nous vient de Scandinavie et d'Ecosse.
Dans les Hautes Alpes quelques sites sont connus pour abriter ses haltes migratoires : Terres Blanches à Orcières, Plateau de Bure, Ratelle en Embrunais... où il fréquente les steppes rases et caillouteuses favorables au lagopède. En France, les pics habituels de passage se situent autour du 25 août, alors à vos jumelles.
Vos observations peuvent intéresser les espaces protégés ou les associations naturalistes locales :
Centre de Recherche Alpin sur les VErtébrés : www.crave.free.fr LPO PACA : www.faune-paca.org Parc naturel régional du Queyras : www.pnr-queyras.com Parc national des Ecrins :
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Une belle découverte pour les archéologues qui, depuis une dizaine d'années, travaillent dans les hautes vallées du Parc.
La présence humaine durant la Préhistoire dans plusieurs zones d'altitude des Écrins (entre 1900 et 2560 mètres) a été mise en évidence par l'équipe de Florence Mocci (CNRS, Centre Camille Jullian, Aix-en-Provence) et de Kevin Walsh (Département d'Archéologie, Université de York, GB) qui, depuis une dizaine d'années, prospecte les massifs de la Vallouise et l'Argentiérois.
Des vestiges de campement mésolithiques et néolithiques (9000-3000 ans av. J.-C.) et des structures pastorales bâties apparaissant dès 2500 ans av. J.-C. ont été ainsi mis au jour entre 2100 et 2400 m d'altitude (vallées de Chichin, Serre de l'Homme, Haut Fournel, plateau de Faravel, Eychauda, Grands Fonds....).
Cette année, l'équipe a eu l'heureuse surprise de découvrir au dessus du Lac de Faravel, à plus de 2560 m d'altitude, une pièce exceptionnelle, une pointe de flèche en silex taillée il y a plusieurs milliers d'années avant notre ère. D'autres gisements et de nombreux outils en silex recueillis sur les hauts plateaux de Freissinières témoignent d'une importante fréquentation de la moyenne et haute montagne durant la Préhistoire.
Pour mémoire, tous les travaux archéologiques (prospections, sondages, fouilles) sont réalisés sous l'autorité du Service Régional de l'Archéologie PACA qui est le seul organisme habilité à autoriser et à délivrer les autorisations.
Pour en savoir plus sur ces recherches archéologiques, un rendez-vous à noter, animé par les deux archéologues : Archéologie et paysages en moyenne et haute montagne depuis la préhistoire - projection conférence jeudi 19 août à 21h à la Maison du Parc à Vallouise.
Voici les traditionnelles nouvelles de la colonie de bouquetins réintroduits dans le massif du vieux Chaillol-Sirac.
La vie est dure... L'hiver dernier, rude, froid, neigeux a pris sa dîme dans les vallées de nos montagnes. Les avalanches dans leurs déferlements ont fait de nombreuses victimes.
15 bouquetins sont retrouvés ce printemps dans les combes : 9 à Champoléon, 2 à la Motte-en-Champsaur, 2 à la Chapelle-en-Valgaudemar et 2 à Vallouise dont l'étagne CARESSE (19 ans ). Lire aussi l'article : Bouquetins : une pionnière du Champsaur est morte en Vallouise
... Mais aussi tellement belle. Ce printemps, en avril, mai, comme les autres années, les hardes sont observées au bas des alpages pour la plus grande joie des randonneurs.
Dès la fin mai, nous observons les premiers cabris dans le pilier de Mourre-la-Mine. Nous venons de terminer les prospections de cabris sur les sites coutumiers connus de mises bas. Merci à celles et ceux qui bien avant que les étoiles ne s'éteignent dans le ciel gravissaient déjà les sentiers escarpés du massif pour aller à la recherche des bouquetins.
200 animaux sont observés 44 cabris, 7 jeunes de 2ème année, 84 étagnes, 64 mâles, 1 indéterminé
Trois étagnes pionnières sont vues : PARADISO (19 ans) sur Champoléon, CORA (17 ans) à la Motte-en-Champsaur, FALAISE (17 ans) en Vallouise - BEATRICE habituellement sur La Chapelle n'est plus observée depuis un an - MYRTILLE et CLOCHETTE ont été vues ce printemps à Champoléon.
La répartition estivale des bouquetins est la suivante : La Motte-en-Champsaur : 14 individus sur les crêtes des vallons du Sellon et Font-Froide ainsi qu'autour du Vieux Chaillol. La Chapelle-en-Valgaudemar : 88 individus dont 17 cabris autour des cirques glacières de l'Aup, Gioberney et Chabournéou. Vallouise : 28 individus dont 8 cabris près des sommets mythiques de Verdonne et des Bans. Champoléon : 70 individus dont 19 cabris sur les crêtes de MalCros, la Muande, Crupillouse et Cédéra. Valbonnais-Oisans 126 bouquetins sont observés dans la colonie au cours des comptages de Juillet.
Transmettez vos obervations : Vous qui connaissez le massif ou allez le découvrir, vos pas vous conduiront peut-être vers ces bouquetins. Pensez à nous donner vos observations soit auprès des Gardes-Moniteurs du Parc National des Ecrins ou dans les Maisons du Parc.
Mais aussi, en téléphonant au 04.92.55.95.44 ou encore par courriel :
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La présence avérée de l'écrevisse américaine constitue une menace pour notre autochtone, l'écrevisse à pied blanc.
La confirmation de la présence de l'écrevisse américaine dans le plan d'eau de Valbonnais est tombée en ce début juillet. Les gardes du Parc National des Ecrins ont, lors de tournées nocturnes, observé une population florissante de ce crustacé allochtone.
Bien à l'abri dans la roselière, l'Orconectes limosus prolifère dans les eaux calmes et réchauffées du petit lac. Très à l'aise dans tous les milieux, même les plus « justes » en qualité, très agressives, expansionnistes et porteuses dites saines d'agents pathogènes, elles déciment rapidement les populations d'écrevisses autochtones ( l'écrevisse à pied blanc en l'occurrence ). Le Législateur l'a donc classée dans la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques et en interdit l'introduction dans les eaux libres afin d'en limiter la prolifération.
Pour en savoir plus, consultez le dossier spécial "écrevisses" ainsi que l'Echo des Ecrins à paraître au cours de l'été 2010.
Belle participation à la journée du patrimoine de pays sur le site de cet ancien village médiéval, à Ancelle. L'occasion d'en savoir un peu plus sur les richesses naturelles et historiques de ce lieu.
Pas moins de 80 personnes, Champsaurins et Gapençais, ont résisté au vent glacé qui soufflait sur les crêtes de Faudon, le dimanche 20 juin dernier. La journée du patrimoine de pays a été pour elles l'occasion de découvrir le paysage et l'histoire des hommes sur le site de l'ancien village médiéval de Faudon. La journée était organisée par l'Association le Pont Blanc avec l'aide du parc national des Écrins et de la commune d'Ancelle.
Le maire, Gilbert Jourdan a accueilli le groupe au col de Moissière et Gérard Godrie (association Le Pont Blanc) leur a présenté les intervenants : François Ricou archéologue, René Lhénaff géographe et géomorphologue, Marc Corail et Didier Brugot, agents du parc national des Écrins.
La mare et le pâturage de Faudon, habitats pour des animaux et des plantes remarquables. Marc Corail a présenté les plantes et les animaux des alentours de la mare de Faudon : le vulpin fauve, Alopecurus aequalis, « herbe » des terrains temporairement inondés ; l'orchis musc, Herminium monorchis, petite orchidée protégée des prairies humides ; le crapaud accoucheur, Alytes obstetricans et le triton alpestre, Triturus alpestris, deux amphibiens protégés. Une clôture installée en concertation avec les éleveurs protège les rives de la mare du piétinement des bovins. L'analyse des pollens par M. Court-Picon dans une carotte de 6 m de sédiments déposés depuis 1400 avant J.-C. au fond de la mare, a permis de reconstituer la succession de la végétation à Faudon. Un travail d'évaluation de la valeur patrimoniale du site de Faudon, fait par les agents du parc national, place celui-ci dans le groupe de tête des sites majeurs sur le territoire du parc national en raison de ses multiples atouts naturalistes et culturels.
Faudon, un site historique particulièrement utilisé à l'époque médiévale. C'est François Ricou qui a présenté les premiers résultats des fouilles archéologiques commencées en 2005 avec l'autorisation de la Direction régionale des affaires culturelles. Le premier objectif a été de dresser le plan des vestiges de murs des terrasses et des bâtiments en pierres sèches de grès du Champsaur, matériaux abondant localement. Cette cartographie précise permettait de choisir les emplacements les plus pertinents pour ouvrir le sol dans quatre sondages archéologiques. Au bout de 5 ans de recherches assidues, la découverte progressive de quelques objets permet de préciser la période principale d'occupation de l'ancien village au Moyen-Âge, plus précisément au Xe et XIe siècle : fragment de collier en bronze, perle en verre, aiguille à chas en os pour percer le cuir, molette en galet pour moudre la farine, tesson de céramique, clous et anneau de fer, restes d'os de moutons, chèvres, porcs et vaches. Quelques scories dispersées dans les cailloux de grès sont l'indice du travail des métaux dans une forge.
Les panoramas grandioses de Faudon aident à la découverte de l'histoire du relief. René Lhénaff quant à lui, a donné des clés pour comprendre l'origine des paysages en expliquant la création des formes de relief toutes proches. Des glissements de terrain ont pris naissance dans les terres noires après la fonte des anciens glaciers, créant dans leur mouvement rotationnel, un creux propice à retenir la mare de Faudon. La couche résiduelle de grès du Champsaur qui forme le sommet de Saint-Philippe a ainsi été entraînée et brisée en chaos de blocs, au sud jusqu'aux Casses de la Bâtie-Neuve et au nord jusqu'au cimetière du Château d'Ancelle. Au loin vers le sud, le dôme de Remollon et le sillon gapençais gardent la trace du passage du glacier de la Durance. Au nord, la plaine d'Ancelle enchâssée par les moraines de l'ancien glacier du Drac et du glacier de la Rouanne, est formée du remplissage d'un ancien lac par les alluvions torrentielles. Vers l'ouest les plissements du versant oriental du Dévoluy sont un épisode de la formation des Alpes ainsi que le chevauchement du socle cristallin des Écrins sur la dépression sédimentaire du Champsaur. Vers l'est, les Autanes et le Piolit sont le front d'une nappe de charriage composée des flyschs déposés au fond d'un ancien océan.
Les « lentilles » de Faudon, témoins fossiles des fonds marins proches de la chaîne alpine en formation. Aidé par un Ancellus, Didier Brugot a raconté l'histoire du sentier des « lentilles », depuis la croyance populaire de leur transformation en pierres jusqu'aux travaux des paléontologues qui sont venus à Faudon étudier les fossiles : Guettard en 1779, d'Archiac en 1845, d'Orbigny en 1850, Lory en 1852. Les fossiles de plusieurs espèces de nummulites, ressemblant à des lentilles, ont permis de dater la période de sédimentation des couches de roches au début du Tertiaire, soit environ 35 millions d'années. Faudon est la localité type pour 21 espèces marines fossiles conservées au Muséum national d'histoire naturelle : gastéropodes, bivalves, échinodermes et cnidaires qui vivaient dans un ancien fond marin riche en coraux. Chacun a pris plaisir à observer quelques uns des fossiles à la loupe binoculaire.
Dans les Hautes-Alpes, 6 animations ont eu lieu dimanche 20 juin, dans le cadre de la journée national du patrimoine de pays, dont 5 sur le territoire des communes du parc national des Écrins. • Faudon : site historique du Champsaur à Ancelle. • Ferme de l'histoire - écomusée de Pisançon à Bénévent-et-Charbillac. • L'Abbaye de Boscodon et son enracinement humain à Crots. • Clovis Hugues, écrivain et poète, causerie à la maison des Chanonges à Embrun. • Le moulin de Villar-Loubière, producteur de farine et d'huile de noix.
Dans le massif Boscodon-Morgon, le suivi des sabots de Vénus est réalisé conjointement par l'ONF, qui pilote cette opération, et le Parc national des Écrins.
Le Sabot de Vénus ? C'est une espèce qui fait rêver. Elle fait partie des fleurs dites "patrimoniales" dont il est important de suivre l'évolution. Le massif Boscodon-Morgon, en Embrunais, est un haut-lieu de floraison de cette magnifique orchidée. Des "placettes" sont suivies par l'ONF en collaboration avec le Parc national des Écrins. Cette année, un peu moins de pieds de sabots de Vénus ont été recensés. La belle de demi-ombre semble être génée par la régénération des jeunes pousses d'arbres...
Les études menées conjointement par l'Office national des Forêts Isère et Hautes-Alpes et le Parc national des Ecrins ont confirmé que le biotope potentiel (territoire où la plante est susceptible de pousser) du Sabot de Vénus correspondait à l'ensemble des massifs forestiers à forte dominante calcaire, jusqu'à 1 900 mètres dans le Valbonnais et 2 100 mètres dans l'Embrunais. Ces mêmes études ont permis de définir les pratiques de gestion forestière les plus favorables au maintien de cette orchidée : celle de la futaie jardinée. Le premier inventaire mené par le Parc et l'O.N.F. entre 98 et 99 a permis de recenser 5 000 tiges fleuries entre Entraigues et le col d'Ornon. À partir de 2000, c'est l'O.N.F. qui a initié un recensement dans le massif du Morgon dans l'Embrunais pour y constater, en 2003, un même niveau de densité qu'en Valbonnais. On y a recensé jusqu'à 10 000 pieds de sabots, lors de comptages exhaustifs, il y a quelques années.
L'art du compromis
Le Sabot de Vénus n'est ni une espèce forestière, ni une espèce de milieu ouvert. Elle aime la lisière et les forêts aérées, entre ombre et lumière. Cette localisation permet au champignon symbiote, qui pousse au pied de la tige de prospérer tout en nourrissant la belle. Car bien qu'appréciant le soleil, l'orchidée, pour pouvoir se développer, est bien obligée de prendre en compte les besoins de cet indispensable compagnon. Finalement, le compromis est trouvé dans la futaie jardinée.
Dans l'Écho des Écrins de l'été 2003, Jacky Arcis, agent O.N.F. en faisait l'apologie... La futaie est dite jardinée "car les arbres sont issus de graines et qu'elle présente toutes les classes d'âges, entre 0 et 250 ans. C'est un milieu vraiment équilibré et caractéristique de la sylviculture de montagne. On n'y pratique jamais de coupe à blanc et le sol n'est pas dénudé. Cette forêt a un aspect constant. Finalement c'est un milieu ouvert particulièrement propice au développement de l'avifaune et du sabot de Vénus !"
Damien, garde-moniteur dans l'Embrunais, raconte sa rencontre avec des cigognes en migration.
Ce jeudi 13 mai, en descendant à la plaine sous le Roc d'Embrun pour vérifier la présence de sonneur à ventre jaune dans le dispositif de piégeage, j'aperçois depuis la route nationale une troupe de cigognes blanches, posées au sol. En m'approchant je comptabilise pas moins de 21 oiseaux occupés la plupart du temps à nettoyer leur plumage passablement mouillé. Elles sont en compagnie de 2 aigrettes garzettes.
Je suis rapidement rejoint par Christian Couloumy qui me dit les avoir vues la veille au soir. Un accompagnateur en montagne, Laurent Meyer, en a également observé un groupe de 21 individus hier en fin d'après-midi à Briançon. Il s'agit probablement des mêmes oiseaux, repoussés par les conditions climatiques particulièrement fraîches et pluvieuses....
Une approche de sioux en rampant dans la boue (je plaisante !) nous a permis de voir que 6 oiseaux portaient une bague. Nous avons pu lire le code de 3 d'entre elles. Renseignement pris, les cigognes ont été baguées en Allemagne ! 2 oiseaux à Radolfzell et 1 oiseau à Wilhelmshaven, soit un au Nord et un au Sud du pays. Les cigognes passent l'hiver en Afrique de l'Ouest, principalement en Mauritanie. La date est relativement tardive pour leur migration, et il leur reste encore pas mal de chemin à parcourir (à peu près 1000kms pour certaines) pour rejoindre leur site de nidification.
Damien Combrisson, garde moniteur dans le secteur de l'Embrunais - 13 mai 2010
Le 30 avril 2010, le corps d'un grand paon de nuit est découvert à Chateauroux les Alpes, au bord de la route.
Ce papillon nocturne, le plus grand papillon d'Europe avec près de 15 centimètres d'envergure, venait d'être percuté par une voiture. Cette femelle était prête à pondre. Il s'agit du quatrième contact avec cette espèce dans le Parc national des Ecrins. Toutes les observations ont eu lieu dans l'Embrunais entre Embrun et Chateauroux. Cette espèce, peu présente dans les Alpes, semble être plutôt en régression, surtout dans le nord de son aire de répartition.
La durée de vie du grand paon de nuit est très faible et est entièrement dédiée à la reproduction. Au cours des quelques jours qu'il passe sous sa forme de papillon (stade imaginal) entre avril et mai, le grand paon de nuit ne s'alimente pas. D'ailleurs, il ne possède pas de trompe. Les femelles sont capables grâce à leurs phéromones d'attirer les mâles dans un rayon de plus de 5 kilomètres. La femelle pond dans les arbres fruitiers. Les chenilles peuvent atteindre 12 cm et prennent une belle couleur verte. Puis elles s'enferment dans un cocon brun de 5 a 6 centimètres avant de se transformer en chrysalide. Cette dernière se métamorphosera en un nouvel adulte, 1 voire 2, et même 3 ans plus tard.
La population est amputée du quart de ses membres. Les plus faibles, principalement des cabris et de vieux animaux n'ont pas vu le printemps. Le cinquantième hiver de la plus ancienne colonie réintroduite en France aura été tristement mémorable.
En hiver la neige ne fait pas le bonheur de tous... Cette année les conditions climatiques ont été très difficiles pour les ongulés sauvages et en particulier pour la population de bouquetins du massif des Cerces.
L'hiver, les bouquetins « marchent à l'économie d'énergie ». Pour eux, le but est d'atteindre le printemps grâce aux réserves accumulées pendant les belles saisons. Les animaux descendent dans les vallées, se cantonnent aux barres rocheuses ou sur les croupes ventées où la neige reste le moins longtemps et limitent leurs déplacements au maximum.
« Cet hiver, les conditions météo ont été particulières » précise Eric Vannard, garde moniteur du Parc national des Écrins dans le secteur du Briançonnais et responsable du suivi de cette population. « La neige, la pluie et les grands froids ont couvert toutes les pentes d'une carapace de neige durcie. Même les pentes ventées habituellement déneigées sont restées couvertes de neige jusqu'à la mi-avril ! » La survie des bouquetins tient alors aux réserves qu'ils ont pu constituer pendant l'été mais aussi à l'automne. Juste avant l'hiver, c'est le petit plus qui peut augmenter les chances de survie. Le partenariat entre la commune, le parc national et le monde agricole est déterminant pour une gestion équilibrée des ressources en herbe dans les alpages.
Cet hiver de nombreux bouquetins n'ont pas survécu et près de 50 bouquetins ont été retrouvés morts. Les animaux retrouvés entiers et frais ont été descendus pour analyse au laboratoire départemental vétérinaire de Gap où aucune pathologie n'a été mise en évidence. Les autopsies ont révélée des états d'épuisement. L'effet cumulé d'un manque de ressource en herbe à l'automne et d'un hiver particulièrement difficile explique cette hécatombe.
« En 20 ans, c'est le deuxième hiver où l'on voit les bouquetins contraints à manger les branches des pins ! » souligne Eric Vannard..
Vendredi 30 avril, le comptage réalisé chaque année, a confirmé les observations de l'hiver : 230 bouquetins ont ainsi été dénombrés sur une population estimée à 300 en 2008. Un quart de la population n'a pas survécu : principalement les plus faibles, cabris et animaux les plus vieux. Sept cabris ont été observés contre une quarantaine habituellement et une vingtaine de mâles de plus de 8 ans a disparu.
On peut raisonnablement s'inquiéter de la survie de la population. Un deuxième hiver identique avec des ressources en herbe qui ne sont pas disponibles à l'automne pourrait être catastrophique.
Résultat du comptage du 30 avril 2010 : 230 bouquetins dénombrés dont 108 étagnes, 7 cabris, 20 éterles et éterlous, 92 mâles dont 29 de plus de 8 ans
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Hiver 2010 dans les Cerces : un bouquetin gratte la neige pour trouver de quoi subsister - Vidéo Cyril Coursier - Parc national des Écrins
Rappel historique et réglementaire
La population de bouquetins des Cerces est issue de la première réintroduction en France en 1959 et 1960.
Le Bouquetin des Alpes est un animal protégé par arrêté ministériel du 23 avril 2007. A ce titre : - La destruction du bouquetin est interdite, - la détention ou le transport de tout ou partie de l'animal sont interdits, - la destruction, l'altération ou la dégradation des sites de reproduction ou de repos sont interdits.
Les hivers comme celui que vient de vivre la faune sauvage justifient pleinement la campagne d'information et de sensibilisation menée par le Parc national et des partenaires : Lire le dossier Chuut, c'est l'hiver
La période de reproduction est un bon moment pour entendre et voir les grenouilles et les crapauds. Du côté d'Ancelle, la forte présence du crapaud Calamite, très rare dans les Écrins, est relevée cette année.
On ne les voit pas souvent... sauf aplatis sur les bords de route ! Et oui, nous sommes en pleine période de reproduction des batraciens. Si pour certains, on est à la fin des amours (Grenouille rousse), pour d'autres, comme le Sonneur à ventre jaune, c'est le réveil qui s'annonce !
Point marquant cette année : de nombreux individus du crapaud Calamite (très rare dans le Parc) ont été entendus et observés en activité de reproduction au marais de Saint-Hilaire, à côté d'Ancelle. Des individus étaient déjà connus localement, mais pas dans de telles proportions. Voilà une population qui semble bien installée, côtoyant le petit Pélodyte ponctué et le Triton alpestre !
Le crapaud Calamite (ci-dessus), très rare dans les Écrins, cotoie, près d'Ancelle, le petit Pélodyte ponctué (ci-dessous à gauche). Pour la Grenouille rousse (ci-dessous à droite), la période de reproduction se termine.
La suite des événements "batracologiques" reposera sur le suivi du Sonneur à ventre jaune, petit crapaud rare et protégé, dont de belles populations se rencontrent encore dans le Parc.
La saison des amours commence tout juste pour le Sonneur à ventre jaune.
Rappelons que toutes ces petites bêtes, plus facilement observables de nuit, sont les descendants directs des premiers animaux à quatre pattes (tétrapodes) qui ont colonisé le milieu terrestre il y a plusieurs centaines de millions d'années. C'est quand même plus valorisant que l'image injustement négative que véhiculent ces passionnantes petites bêtes !
Ils ont été mis à jour lors des travaux de restauration de l'église de Saint-Maurice. Souvent très complets, ils forment un patrimoine très rare pour les Hautes-Alpes et la région.
L'église de Saint-Maurice en Valgaudemar est l'une des plus anciennes du département des Hautes-Alpes. Construite entre le XI et le XIIème siècle par les moines de Cluny, elle est inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1939.
Une première campagne de travaux de restauration de l'église dédiée à Saint-Maurice s'est déroulée de 2007 à 2008. Ces travaux ont permis d'effectuer la mise en sauvegarde des éléments du mobilier, l'assainissement des maçonneries, la reprise des éléments de couverture, ainsi que la requalification des planchers intérieurs.
La seconde campagne de travaux engagée en 2009 a consisté à embellir l'intérieur de l'église avec la restauration de vitraux très fragiles : on estime que certains datent du XVII eme siècle. Les menuiseries extérieures et intérieures ont été restaurées ou remplacées au cas par cas et les deux façades principales, Ouest et Nord, ont également été ré-enduites et couvertes de plusieurs couches de badigeon. À l'intérieur de l'église, les luminaires et le chauffage par le sol permettent d'améliorer l'accueil des visiteurs et des fidèles.
"Les travaux de la seconde campagne se sont essentiellement illustrés avec le dégagement de deux couches picturales datées réciproquement de 1668 et 1610 dans le chœur et la chapelle latérale nord de l'église. Ces décors peints du XVII eme siècle d'inspiration baroque sont d'une rare homogénéité et souvent très complets. Il est important de noter que de tels exemples de décor baroque inventoriés dans les Hautes Alpes (et même dans la région) sont très rares à ce jour" souligne Sylvestre Garin, architecte du patrimoine qui a suivi ces chantiers.
Si les habitants de Saint-Maurice sont très attachés à leur église, l'entretien d'un tel édifice pèse lourd dans le budget d'une commune de 150 habitants."C'est un gros projet, en termes de suivis et sur le plan financier puisqu'il s'élève à plus de 400 000 euros hors taxes" rappelle Daniel Alluis, le maire de la commune. L'État, la Région et le Département ont apporté leur soutien à la restauration de ce monument historique. Le Parc national des Écrins a contribué aussi, à hauteur de 10% du projet, pour les travaux d'enduits et de décors peints. L'autofinancement de la commune porte encore sur 20% de l'opération.
"On a une bonne collaboration avec les spécialistes. C'est important compte tenu de la qualité des ouvrages. D'autres recherches sont envisageables qui pourraient permettre de découvrir d'autres décors peints. Mais pour l'instant, il s'agit de terminer ce qui a été commencé. On verra ensuite si on continue et de quelle façon" ajoute le maire.
Au cours de l'été 2010, les éléments du mobilier liturgique seront restaurés - et certains créés - en collaboration étroite avec les partenaires scientifiques, et techniques de ce chantier. Le maître autel, l'ambon et les deux autels latéraux et les bancs seront ainsi créés.
La statue équestre et le tableau (tout deux récemment classés au titre des monuments historiques) seront restaurés par des ateliers de restaurateurs spécialisés puis à nouveau placés dans l'église.
La valorisation de ce patrimoine exceptionnel sera l'étape suivante, en lien avec les réseaux de découverte du patrimoine des vallées du Champsaur-Valgaudemar, aux portes du Parc national.
La population est stable sur le plateau. C'est ce qu'ont pu constater les gardes-moniteurs qui les ont dénombrées ce matin.
Comptage annuel des marmottes à Charnière ce matin.
Michel Francou, garde-moniteur dans le Champsaur est tout particulièrement en charge des suivis réalisés sur les marmottes de ce plateau situé au-dessus de Prapic. Il nous raconte le printemps 2010 des marmottes dans ce secteur.
"Voilà six mois qu'elles attendaient ce moment ... et l'air commençait à devenir lourd au fond des terriers ! Mi-mars les premiers museaux étonnés étaient apparus à la surface de la neige, vite dissuadés de poursuivre plus loin leur exploration tant la couche était profonde. Pour certaines, il avait fallu creuser près de deux mètres d'épaisseur pour ne voir... rien ! Que du blanc partout !
Le 29 avril, la situation s'étant nettement améliorée grâce à une température douce persistante, la joyeuse confrérie des marmottes du Plateau de Charnière, au-dessus de Prapic dans le Champsaur, s'égayait sous le soleil, dans les prairies timidement verdissantes. Ce matin, c'étaient des conditions de rêve pour les gardes-moniteurs du Champsaur pour procéder au dénombrement annuel des dormeuses.
Bilan : 106 animaux comptés sur les 40 hectares du Plateau de Charnière. La population reste stable puisqu'en 2009, elle avait été estimée à 109 individus. En conclusion, cette année encore, vous serez accueillis dans le vallon par des sifflets. Mais n'en prenez pas ombrage car ces messages ne vous sont pas destinés... même si vous en êtes l'objet !"
Difficile de survivre dans un environnement tout blanc. Chaque printemps, toutes les marmottes ne parviennent pas à survivre quand elles retrouvent une activité "normale" (température, déplacements ...) alors qu'il n'y a encore rien à manger ou presque. Les plus grasses ont plus de chance que les autres... La survie à un an des marmottons n'est que de 50 %. Evidemment, les aigles profitent pleinement de la situation, surtout dans les parties hautes des alpages où tout est vraiment blanc pour des semaines encore et où il suffit de se laisser planer sans forcer avec la proie jusqu'à l'aire qui est en contre bas.
Les seules stations d'ornithogale penché connues dans les Écrins ont été très "productives" cette année.
Réparties sur à peine trois kilomètres carrés, la demi-douzaine de stations d'ornithogales penchés (ornithogalum nutans) du Valbonnais a été particulièrement productrice en fleurs et en pieds cette année : "l'hiver long et enneigé y est peut-être pour quelque chose" s'interroge Bernard Nicollet, garde-moniteur du secteur.
"Beaucoup plus rare que l'emblématique Sabot de Vénus, cet ornithogale n'est présent dans le Parc, que dans sa zone adhésion et tout près du bourg de Valbonnais". Bien heureusement, cette espèce figure dans la liste régionale des plantes protégées en Rhône-Alpes.
Liliacées de son état, cette star paradoxalement méconnue fait penser à la très commune Belle de onze heures, appartenant au même genre, qui ne tardera pas elle aussi à s'épanouir dans les champs.
La jeune femelle d'aigle royal, récupérée à Noël dernier à Briançon, a été relâchée samedi à Puy Chalvin. Bon vent...
Après quatre mois de convalescence au centre de soins de la faune sauvage Aquila (près de la Saulce), la jeune femelle d'aigle royal récupérée juste avant Noël dernier sur la DZ hélicos à Briançon, a été remise en liberté samedi 24 aril à Puy Chalvin.
Michel Phisel, responsable du centre de soins accompagné de son président Didier Freychet, ont acheminé l'oiseau sur les lieux de lâcher où plusieurs dizaines de personnes attendaient impatiemment, parmi lesquelles Pierre Leroy, maire de la commune.
Après un bref exposé de Christian Couloumy (responsable rapaces au Parc national) sur les mésaventures de cet aigle, il est extirpé (non sans peine!) de la caisse de transport, puis présenté rapidement au public, tombé sous le charme du bel oiseau.
Déposé sur un rocher, il s'envole immédiatement et décrit quelques orbes juste devant l'assistance avant de venir se reposer à une trentaine de mètres du groupe médusé !
L'oiseau reste là quelques minutes puis s'envole à nouveau pour disparaître dans le vallon du torrent de Sachas. Son séjour au centre Aquila où il a été dorloté par Michel Phisel a permis la réussite de cette belle opération de sauvetage.
Bon vent à "DZ", immatriculée TY 4136 par une bague officielle du muséum national d'Histoire naturelle...
Cette femelle avait été récupérée, affamée, peu avant Noël dernier à Briançon. Au centre de soins, elle a retrouvé ses forces et elle est prête à recouvrer la liberté. Pour assister à ce lâcher, rendez-vous samedi 24 avril à Puy Chalvin vers 11h.
En fin d'année 2009, peu avant Noël, un aigle royal est observé dans la ville même de Briançon. Une situation anormale pour un oiseau généralement très farouche.
Après quelques péripéties, il est capturé à la DZ hélico du secours en montagne à Briançon, puis confié à Michel Phisel, responsable du centre de soins de la faune sauvage 04/05 « Aquila».
Les examens pratiqués n'ont révélé aucune lésion particulière et tout laissait à penser que le rapace (une femelle vraisemblablement compte tenu de sa grande taille) était simplement affamé ! Cette hypothèse a été confirmée rapidement lorsque, dans la volière, de la nourriture a été mise à sa disposition...
Sa convalescence s'est très bien passée, sa liberté peut désormais lui être rendue. Son lâcher avait été envisagé en mars dans le Briançonnais. Compte-tenu des prévisions météorologiques peu propices, l'opération avait été reportée. Si les conditions météorologiques sont adéquates, elle aura lieu ce samedi 24 avril vers 11h à Puy Chalvin (commune de Puy Saint-André).
Utilisez les parking et rendez-vous sur le site du lâcher à pied. 'Il est important d'observer le plus grand calme pour le bon déroulement de l'opération, cela dans l'intérêt de l'oiseau qui sera sans doute déjà stressé !" rappellent notamment Christian Couloumy et Michel Phisel.
Le rapace en convalescence au Centre de soins de la faune sauvage.
Lire aussi l'article "Histoires de rapaces" qui parle de la récupération de cet aigle à Briançon en décembre 2009.
Une punaise et une mousse font leur entrée dans le cercle des bijoux naturels du massif ! Bien des espèces, encore méconnues, constituent une richesse indéniable pour la biodiversité du Parc national.
Les bijoux de famille ne sont pas toujours là où on croit les trouver... En effet, si le patrimoine d'un parc national s'est souvent bâti autour d'espèces symboles de la montagne (chamois, bouquetin, aigle royal), il demeure encore bien des espèces d'une grande rareté, souvent méconnues, qui constituent une indéniable richesse pour la biodiversité d'un espace sauvegardé.
Il en est ainsi de deux espèces découvertes récemment : un insecte et une mousse...
Tout d'abord Eurygaster dilaticollis, punaise connue d'une seule localité sur le territoire français (Allos, 04). Elle a été découverte par François Dusoulier l'été dernier dans la partie sud-ouest du Parc (communes de Champoléon et d'Orcières), autour de 2 000 m d'altitude. Ces observations sont non seulement nouvelles pour le Parc et le département des Hautes-Alpes, mais également pour la France, puisque c'est la première fois depuis 1938 que l'espèce est « sciemment » observée (elle avait en effet été capturée en 1957 dans les Pyrénées-Orientales, mais confondue avec une autre espèce).
Au total, moins de 15 localisations de cette espèce sont connues sur l'ensemble de son aire de distribution.
Ensuite, Brachythecium cirrosum (= Cirriphylum cirrosum), mousse des rochers de haute montagne et de Scandinavie, elle est extrêmement rare dans les Alpes du sud. Elle a été découverte au col de la Ponsonnière par Cédric Dentant, également l'été dernier (il y a des bonnes saisons comme ça !). Connue à l'heure actuelle uniquement des Alpes-Maritimes, des Pyrénées-Orientales et de l'Ain, cette espèce est donc une donnée nouvelle pour les Hautes-Alpes et le Parc national des Écrins.
Bijoux de famille : qui sont t-ils ?
Bien sûr, ces deux trouvailles sont à remettre dans un contexte particulier : les deux groupes considérés sont peu étudiés, et donc en bonne partie sous-prospectés. Il n'en demeure pas moins que le recoupement du travail de terrain actuel et passé (à l'aide des collections naturalistes et des publications) tend à prouver la véritable rareté de ces deux espèces.
Définir ce qui est patrimoine de ce qui ne l'est pas revêt une bonne part de subjectivité collective : on s'attarde sur ce qui « marque » les esprits, sur ce qui « représente » - même abusivement - le monde sauvage.
Ainsi a été créé le terme de « patrimoine naturel » : il regroupe tous les éléments (espèces, milieux) de notre environnement naturel que nous jugeons digne d'être préservés et surtout... transmis ! Il y a ainsi peu de chance pour que nos deux nouvelles amies prennent une place notable auprès du bouquetin ou de l'aigle...
Mais à trop restreindre les symboles de la biodiversité, le risque est d'en voir disparaître une bonne partie sans aucun émoi.
L'année mondiale de la biodiversité est peut-être l'occasion de donner une certaine noblesse à l'ensemble de ces bijoux naturels, mousses et punaises comprises.
A lire aussi, notre dossier "Petites bêtes en voie d'extinction", à propos de quatre criquets rares qui vivent au bord des grandes rivières alpines, inscrits sur la liste rouge des espèces menacées en France, et qui ont été trouvés par les agents du Parc national des Écrins lors d'une journée de prospection collective en Haute-Durance l'an dernier.
Les soupçons étaient fondés. L'équipe du secteur a observé ce matin sept ibex, perchés dans des falaises à 2500 mètres d'altitude.
Depuis quelques années des bouquetins (venus du Champsaur où ils ont été réintroduits) sont observés l'été dans la vallée de l'Onde (Vallouise). Plus récemment, des observations printanières et automnales pouvaient laisser supposer qu'ils y passaient l'hiver...
"En effet, le relief complexe, les difficultés d'observation, les dangers objectifs ne rendent pas la tâche facile sur ce site. Fin 2009, ayant pu observer des bouquetins jusqu'en novembre, nous étions convaincus qu'ils passeraient l'hiver ici et nous avons décidé de mettre le paquet pour tenter de trouver le site d'hivernage" explique Thierry Maillet, chef de secteur en Vallouise.
"Aujourd'hui, une nouvelle opération collective dans le froid intense de ce début mars, nous a enfin permis de trouver les bouquetins : 4 femelles, 2 cabris et un mâle ont été observés. Ils étaient perchés dans des falaises à 2500 m d'altitude."
Une nouvelle information qui vient confirmer l'implantation de la colonie champsaurine dans le massif.
La zone d'hivernage des bouquetins en Vallouise... en milieu hostile !
L'hiver est frugal...
Dans les Cerces aussi, l'hiver est long pour les ibex qui cherchent à se nourrir avec les abrisseaux qu'ils trouvent à leur portée. Tout est bon : les baies, les rameaux... même l'écorce.
Douze minutes pour dire l'essentiel de ce programme à la fois pragmatique et prospectif. La parole est donnée aux différents partenaires de cette initiative pastorale et scientifique dans le Parc national des Écrins.
Ils sont éleveur, berger, chercheur, pastoraliste, agent du Parc national... partenaires du programme Alpages sentinelles dans le Parc national des Écrins.
Vous pouvez les écouter grâce à un reportage sonore réalisé par Denis Richard (son'art) lors de la journée de restitution de ce programme qui a eu lieu en janvier 2010 à Champoléon.
Laurent Giraud, éleveur et Michel Bisson, berger, répondent aux questions de Denis Richard (Son-art). Écoutez ce reportage qui donne la parole aux différents partenaires du programme, institutions, scientifiques et acteurs de terrain...
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Pour le Parc national des Écrins, c'est le site de la haute-Romanche qui a été retenu. Les agriculteurs de ce secteur pourront soumettre des parcelles de leur exploitation au jury qui expertisera, début juillet, la richesse en espèces de leurs prairies de fauche.
Les agriculteurs comptent parmi les acteurs du maintien de la biodiversité. Le concours agricole "prairies fleuries", dont le lancement officiel est prévu au salon de l'agriculture ce mercredi 3 mars à Paris, rappelle cette réalité agri-environnementale trop peu souvent valorisée.
Dans le cadre de "2010, année internationale de la biodiversité", les Parcs naturels régionaux et les Parcs nationaux de France organisent avec les Chambres d'agriculture, les syndicats d'AOC fromagères, les syndicats d'apiculture et des associations de gestion et de protection de la nature ce premier concours national d'excellence agri-écologique, "prairies fleuries".
Pour la première fois en France, des prix récompenseront les agriculteurs qui relèvent le défi du maintien de la richesse en espèces de leurs prairies de fauche ou de pâture.
La haute-Romanche représentera les Écrins
Les prairies de la haute-Romanche, façonnées en terrasses face à la Meije forment un paysage d'exception qui traduit l'adaptation des hommes à la pente. Ce sont ces espaces agricoles qui, pour le Parc national des Écrins, sont proposés pour participer au concours national des "Prairies fleuries".
Assez diversifiée et encore bien présente, l'agriculture des Écrins est essentiellement tournée vers l'élevage, principalement celui des ovins pour la viande. Le cheptel bovin laitier est en forte régression, peu à peu remplacé par des troupeaux de vaches allaitantes. L'élevage de génisses laitières, caractéristique du site choisi pour le concours, est assez bien représenté dans le massif.
La Haute-Romanche se situe au nord du massif des Écrins dans le département des Hautes-Alpes. Il compte deux communes : La Grave et Villar d'Arène qui forment un canton de 786 habitants. Les prairies couvrent essentiellement le versant de l'adret sur un substrat sédimentaire constitué de terrasses et de vallons d'altitude face à la haute montagne cristalline, dominée par la Meije qui culmine à 3983 m.
Environ 300 ha de ces surfaces en herbe sont encore fauchées par une vingtaine d'agriculteurs, de 1500 à 2000 m d'altitude. Le spectacle offert par ces prairies en terrasses, dans un paysage de haute montagne, est remarquable.
La diversité biologique des prairies qui composent ce territoire est notable pour plusieurs raisons : - le site, de par sa localisation géographique, est reconnu pour sa richesse biologique. Il abrite d'ailleurs trois sites Natura 2000 : Lautaret/Combeynot, Emparis/goléon et Zone de Protection Spéciale (ZPS) Écrins, au titre de la directive "oiseaux" - les prairies de fauche sont situées dans les étages montagnards et subalpins - l' histoire de ces prairies est plurielle : certaines sont fauchées depuis des siècles ; d'autres ont d'abord été aménagées pour être cultivées et sont aujourd'hui fauchées. - la fauche de ces prairies jusqu'à des altitudes élevées (2100m) est réalisée chaque année jusqu'aux premières neiges.
À noter également que les sols sont assez profonds et permettent une bonne productivité fourragère.
Malgré les caractéristiques difficiles de ces lieux, l'agriculture est encore bien présente et si le nombre d'exploitation diminue, le cheptel bovin n'a jamais été aussi important. De jeunes agriculteurs se sont encore installés ces dernières années. La production de génisses est la principale activité bovine du canton. Les bêtes sont élevées jusqu'à l'âge de 3 ans puis vendues, prêtes à vêler, aux agriculteurs de la zone Reblochon notamment. Ces mêmes exploitations ont développé ces dernières années la vente directe de viande bovine en caissettes. Quelques exploitations sont spécialisées en ovins viande. D'autres, plus récemment installées, produisent des fromages de chèvre.
Le principal enjeu agri-environnemental réside dans le maintien de la fauche des prairies. En effet, depuis quelques années, la question de la rentabilité de la fauche se pose sur certaines exploitations face à la forte demande en pâturages pour des animaux extérieurs au canton. Certains agriculteurs ont arrêté de faucher pour prendre un statut "d'entrepreneur de garde". Bergers pendant la belle saison, ils achètent donc la totalité du fourrage nécessaire à l'hivernage de leurs bêtes. Ces mutations d'activités ne favorisent pas le maintien des terrasses, de la biodiversité mais ont également des conséquences sur la stabilité des sols. Depuis 2000, des pullulations de campagnols, accentuent ces phénomènes.
"Le concours prairies fleuries est une bonne occasion de communiquer sur le rôle de l'agriculture de montagne, élément incontournable pour le maintien de ces paysages et de la biodiversité" souligne Pierre-Yves Motte, président de la Chambre d'agriculture des Hautes-Alpes... mais aussi du Conseil économique social et culturel du Parc national des Écrins.
L'équilibre agri-écologique... récompensé
Ce concours entend montrer que production et biodiversité peuvent se rejoindre. Il récompense le meilleur équilibre agri-écologique, décliné en qualités agronomiques, environnementales et paysagères, ou encore en qualité gustative des produits de l'élevage et de l'apiculture.
Pour apprécier ces qualités de la prairie, le concours se fonde sur des critères scientifiques pour les différents enjeux et catégories de prairies permanentes.
Un prix récompensera dans chaque catégorie, au niveau local et national, les exploitations dont les prairies présentent le meilleur équilibre entre production de fourrage de qualité et préservation de la biodiversité.
Dans le but de promouvoir une démarche simple et appropriable par tous, c'est la présence de certaines espèces de fleurs facilement reconnaissables qui sera déterminante de qualité agro-écologique de la parcelle proposée. Les prairies doivent participer pleinement au fonctionnement fourrager des exploitations. Les agriculteurs pourront présenter les parcelles de leur choix, qu'ils aient ou non souscrit des mesures agri-envrionnementales dans leur Parc.
Au tout début juillet, au moment propice pour la végétation dans le secteur retenu, un jury local visitera les parcelles. Plusieurs prix pourront être attribués (pour la qualité fourragère, pour la qualité mellifère, etc....). La parcelle gagnante au final sera celle qui présentera le meilleur équilibre entre toutes ces composantes. C'est également celle qui sera sélectionnée pour représenter le territoire au concours national.
Le jury national fera son choix à la fois sur les critères observés sur les parcelles et sur l'importance ou l'originalité de la place de la parcelle dans l'exploitation et dans le territoire.
Les Prix nationaux seront attribués en octobre 2010 lors du Congrès annuel des Parcs naturels régionaux qui se déroulera dans le Parc de la Montagne de Reims, en Champagne-Ardennes.
Renseignements Contact au Parc national des Écrins : Muriel Della-Vedova, tél. 04 92 40 20 55 Contact à la Chambre d'agriculture des Hautes-Alpes : Jean-Luc Coussy au 04 92 52 53 14
Un gypaète est venu chercher des noises à un aigle royal... juste au-dessus d'un groupe d'agents du Parc national en exercice en Vallouise. Quelques images du ballet...
D'abord juste un point dans le ciel. Ils ont vu arriver le gypaète, au loin. Ce 26 janvier, en fin de matinée, les agents du Parc en exercice de secours sur le terrain savaient qu'ils avaient des chances de l'apercevoir. Vallouise, c'est le nom qui a été donné au Gypaète qui, depuis quelques mois, séjourne dans la vallée de l'Onde. "A l'échelle internationale, on a décidé de nommer les oiseaux par le nom du lieu où ils sont observés. En ce moment, dans les Hautes-Alpes, on surveille deux gypaètes : Escreins (dans le val d'Escreins) et Vallouise" précise Christian Couloumy, coordinateur des programmes "rapaces" pour le Parc national des Écrins.
Ils n'imaginaient sans doute pas qu'ils allaient assister à une aussi belle observation...
Alors que le gypaète arrivait au-dessus d'eux, ils ont remarqué que le ciel était aussi occupé par un aigle royal.
Querelle de territoire ? Sans doute. Visiblement, c'est le gypaète qui cherchait la dispute...
Pendant plus de 10 mn, les deux grands rapaces se sont chamaillés sous le regard des observateurs époustouflés. Malgré ses quelque deux mètres d'envergure, l'aigle royal semblait vraiment beaucoup plus petit que d'habitude à côté du gypaète qui le houspillait !
Les deux oiseaux se sont ensuite séparés...
Voici quelques images de cet exceptionnel ballet aérien.
C'est un ouvrage de référence pour tous les amoureux de papillons. Fruit de 10 ans de travail de spécialistes amateurs et professionnels, cet atlas rassemble 160000 données dont celles relevées par les agents du Parc national des Écrins et concerne pas moins de 240 espèces !
Du littoral méditerranéen aux sommets des Écrins, en passant par les collines et plateaux de haute Provence, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur recèle un patrimoine naturel souvent ignoré : sa faune entomologique, particulièrement riche en papillons (lépidoptères).
Près de 220 espèces de rhopalocères (papillons de jour) sur les 250 existantes sur le territoire national métropolitain volent dans la région !
Cet atlas est le fruit de dix années d'un travail associatif mais aussi le recueil de parfois toute une vie d'observations réalisées par des spécialistes, amateurs et professionnels.
Près de 160 000 données saisies et validées provenant de 550 contributeurs sont valorisées à travers ces pages.
L'ouvrage n'a pas la prétention d'être exhaustif quant à la distribution des espèces mais il fournit une photographie fiable de leur situation géographique ces trente dernières années. Il permet, pour la première fois à l'échelle administrative des six départements de la région, de dresser un état des lieux et de repréciser leur statut, au moment où des modifications profondes et rapides de nos espaces naturels sont en marche.
Cet atlas constitue un ouvrage de référence pour les naturalistes, les aménageurs et tous ceux qui portent une attention particulière à l'évolution de notre patrimoine naturel.
Deux associations sont les chevilles ouvrières de cet ouvrage consacré aux papillons de jour (rhopalocères et zygènes) de la Région PACA : Proserpine et l'OPIE Provence-Alpes du Sud.
A leurs côtés, le Parc national des Écrins a trouvé tout naturellement sa place. L'établissement est fortement engagé dans un programme de connaissance des patrimoines naturels, culturels et paysagers. Inventaires, protocoles de suivis, cartographie et organisation des bases de données et études et programmes de restauration/valorisation s'appliquent à tous. Concernant les papillons, le Parc national des Écrins a fait réaliser des études par des entomologistes, puis les agents du Parc ont pris le relais pour compléter les inventaires. Un groupe de travail s'organise autour de programmes insectes. Les journées de formation assurées par des entomologistes, les stages de formation et suivis de programmes sont autant d'occasions de se forger une culture naturaliste commune.
Pour ce qui est de l'atlas des papillons en Provence-Alpes Côte d'Azur, le Parc national des Écrins a fourni quelque 10 000 données qui contribuent à faire le point sur l'état de conservation des papillons diurnes en PACA. L'exigence de conservation de la biodiversité favorise le croisement des données naturalistes et des usages de l'espace et permet d'engager des programmes de conservation fondés sur les bonnes pratiques en matière agricole, d'aménagement et d'activités de pleine nature.
Papillons de jour - Rhopalocères et Zygènes - Atlas de Provence-Alpes-Côte d'Azur 92 pages au format 21 x 28cm, 240 espèces traitées, 450 contributeurs passionnés, 540 cartes et graphiques, 160 000 données. OPIE Provence - Proserpine - Parc national des Écrins - Naturalia publications Commander l'ouvrage sur la boutique en ligne du Parc national des Écrins
Pour en savoir plus : "Insectes et autres petites bêtes en montagne", le guide de découverte réalisé par le Parc national des Écrins : lire l'article
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Les rencontres de l'image auront lieu à Bourg d'Oisans les 17 et 18 septembre. Le programme devrait réunir passionnés de photos et de montagne de tous âges ! Lire la suite.