Quatre rendez-vous sont proposés pour présenter la démarche et répondre aux questions des citoyens qui seront invités à donner leur avis lors de l'enquête publique, du 21 novembre au 21 décembre prochains.
C'est un moment important pour le projet de charte du Parc national des Écrins : l'avis des habitants du territoire mais aussi de tous les citoyens qui le souhaitent va être recueilli pendant un mois. L'enquête publique, prévue du 21 novembre au 21 décembre prochain se déroulera dans les 61 communes qui forment l'aire optimale d'adhésion.
Pour présenter la démarche et répondre aux questions, quatre réunions publiques d'informations sont proposées :
POUR LE CHAMPSAUR ET LE VALGAUDEMAR : Mercredi 2 novembre 2011 à 18 heures à la Mairie de Saint-Bonnet-en-Champsaur (salle du Conseil municipal).
POUR L'OISANS ET LE VALBONNAIS : Lundi 7 novembre 2011 à 18 heures à la Mairie du Bourg-d'Oisans (salle du Conseil municipal).
POUR L'EMBRUNAIS : Mercredi 16 novembre 2011 à 18 heures à la Manutention à Embrun (salle Vauban)
POUR LE BRIANÇONNAIS ET LA VALLOUISE : Jeudi 17 novembre 2011 à 18 heures, salle de l'Epicea, 3, rue Alphand à Briançon.
Pour en savoir plus
Lire les dossiers :
Donnez votre avis sur le projet de charte - octobre 2011 Du 21 novembre au 21 décembre 2011, le projet de charte du Parc national des Écrins est soumis à l'enquête publique. Toute personne peut formuler des observations et des suggestions.

L'année de la charte - mai 2001 Le texte de la charte est le fruit d'une intense concertation avec les élus du territoire, ses acteurs socio-économiques et les partenaires du Parc national. Quelques uns d'entre eux témoignent des différents champs de réflexions et souhaits traduits dans les grandes orientations de la charte pour la zone d'adhésion.
A l'unanimité, le Conseil d'administration du Parc national des Écrins a approuvé le projet de charte. Prochaines étapes : les consultations institutionnelles jusqu'à mi-septembre puis l'enquête publique au dernier trimestre de l'année.
C'est « chose faite ». Le Conseil d'administration du parc national des Ecrins a adopté, dans sa séance du 25 mai 2011, le projet de charte du parc national des Ecrins.
L'unanimité qui s'est exprimée est le fruit de trois années d'échanges avec les partenaires du territoire, qui ont fortement contribué à la construction d'un texte équilibré, qui exprime le projet à 15 ans pour le territoire des Ecrins.
« C'est la première fois que les parcs nationaux se dotent d'une charte pour gérer leur projet de territoire » souligne Christian Pichoud, président du Conseil d'administration du parc national. « Nous avions auparavant des programmes d'aménagement définis par l'établissement public; la nouveauté, c'est que la charte sera soumise à enquête publique, après que les communes aient donné leur avis dans la cadre d'une consultation institutionnelle préalable ».
Pour le territoire des Ecrins, la principale évolution va consister à renforcer et à rendre plus visible l'implication de l'établissement public dans le partenariat local. Mais ce n'est pas vraiment une nouveauté... Depuis la moitié des années 1970, ce sont près de 2400 projets qui ont reçu un appui financier de l'établissement, ce à quoi s'ajoutent de très nombreuses interventions en conception partagée ou assistance à maîtrise d'ouvrage.
Christian Pichoud précise d'ailleurs que « la loi de 2006 sur les parcs nationaux a pris exemple sur Les Ecrins » pour officialiser un nouveau mode de partenariat, dans lequel l'établissement public apporte son soutien à une gestion et à un développement durables, conciliant solidarités économique et écologique.
« Le meilleur moyen de protéger cœur et aire d'adhésion, c'est de faire participer les acteurs locaux ».


« Le parc national est un atout économique pour le territoire. L'établissement public participe au soutien au développement économique durable, par ses activités de conseil et d'expertise et, de plus en plus de nos communes se rendent compte que ses spécialistes sont une véritable valeur ajoutée, pour améliorer l'intégration environnementale des projets et améliorer leur recevabilité vis-à-vis des grands financeurs, Conseils généraux, Régions, Etat et Europe » poursuit Christian Pichoud.
« Dans un contexte de contrainte sur les dépenses publiques, le dynamisme local contribue à défendre les budgets. S'il est vrai que nous avons des inquiétudes, on va tout de même continuer à se battre ».

Assurément, l'esprit combatif du Président Pichoud, conforté par un vote du projet de charte à l'unanimité, avec une satisfaction assez large, est de nature à rassurer ceux qui pourraient douter de la capacité de l'établissement à tenir les engagements de la charte, en partenariat avec les forces vives du territoire.

Le climat de confiance réciproque entre l'équipe technique du parc et les administrateurs a largement contribué à ce résultat. « On a applaudi le travail réalisé par l'équipe... avec beaucoup de volontarisme, on y est arrivés ».
Le projet soumis au Conseil d'administration voit se confirmer le statut de zone fortement protégée du cœur de parc, dans lequel les règles de gestion s'inscrivent dans une logique de continuité mais avec un souci d'exemplarité réaffirmé.
Les ambitions pour le cœur se cristallisent autour de 7 objectifs :
Faire du cœur un espace de référence en matière de connaissances
Préserver le patrimoine culturel du cœur
Préserver et requalifier les éléments du patrimoine construit du cœur
Faire du cœur un espace d'éco-responsabilité
Conserver les paysages, les milieux et les espèces du cœur
Renforcer la gestion des ressources agropastorales et forestières
Organiser la découverte du cœur
Pour l'aire optimale d'adhésion, le projet s'articule autour de 4 axes,
Pour un espace de culture vivante et partagée
Pour un cadre de vie de qualité
Pour le respect des ressources et des patrimoines, et la valorisation des savoir-faire
Pour l'accueil du public et la découverte du territoire
... eux-mêmes déclinés en 17 orientations de développement durable, qui sont autant de références dans lesquelles auront vocation à s'inscrire les actions de partenariat pour lesquelles les communes s'engageront volontairement.
Lire aussi le dossier : L'année de la charte À la fin du mois de mai, les administrateurs du Parc national se seront prononcés sur le texte de la charte. Ce document sera disponible sur le site internet du Parc national dans le courant du mois de juin et soumis à l'enquête publique après l'été.
Réserves naturelles : les déclassements partiels confirmés
Le Conseil d'administration du 25 mai a également été l'occasion d'annoncer deux évènements attendus de longue date par les habitants du versant isérois du massif : les confirmations des déclassements partiels des réserves naturelles nationales de la Bérarde (commune de Saint-Christophe-en-Oisans) et du Haut-Béranger (commune de Valjouffrey). Ces déclassements partiels sont le résultat de procédures engagées plusieurs années plus tôt et qui après avis du Conseil national de Protection de la Nature, se sont soldées par une validation en Conseil d'Etat.
Enfin, autre évènement qui traduit la confiance accordée à l'établissement public du parc, le Président Pichoud a annoncé aux administrateurs que la commune de Pelvoux a délibéré favorablement et à l'unanimité, en faveur du déclassement de la réserve naturelle nationale du Torrent de Saint-Pierre, en vue de son intégration dans le cœur du parc national, marquant ainsi sa préférence pour une gestion de proximité avec l'établissement public, alternative à la mise en place d'un comité consultatif ad'hoc, tel que le prévoit le Code de l'environnement.
« Tout cela reflète le bon fonctionnement local du parc national des Ecrins » conclut Christian Pichoud à l'issue d'un Conseil d'administration, qui inscrit le projet de territoire dans une perspective résolument optimiste.
Alors que le texte du projet charte est en cours de finalisation, les membres du conseil économique social et culturel du Parc national ont planché sur des propositions pour un premier programme d'actions à trois ans.
Du concret pour la charte. Trois groupes de travail étaient chargés, mardi 22 mars dernier, de réfléchir aux actions qui leur semblent à mener, de façon prioritaire, pour le territoire.
Réuni à Gap-Charance, le Conseil économique, social et culturel du Parc national (CESC) a apporté sa contribution sur les thématiques de la connaissance, de l'éducation à l'environnement et de la culture mais aussi celles ayant trait au cadre de vie, à la gestion des espèces et des sites.
Pour les questions liées au tourisme, c'est le groupe de travail constitué pour la démarche de Charte européenne du tourisme durable, qui sera chargé de mettre en avant les projets concrets dans ce domaine.


Les membres du CESC (élus, socio-professionnels, représentants d'associations...) ont déjà travaillé sur les enjeux et les objectifs qui structurent le projet de charte. Cette fois, ils sont donc entrés un peu plus dans le vif du sujet puisqu'ils devaient réfléchir à la manière d'illustrer concrètement ces grandes orientations.
En s'appuyant sur des projets repérés dans le territoire, initiés ou en gestation, ils ont tenté de déterminer des priorités en mentionnant les différents partenaires incontournables. Car il s'agit bien d'élaborer un programme d'actions pour le territoire, dans lequel le Parc national sera l'un des intervenants mais pas le seul, chacun apportant compétences et moyens en fonction de son niveau de responsabilité et des engagements qu'il aura pris.

Cette première réunion n'a bien sûr pas permis d'aborder l'ensemble des projets à envisager.
Pour affiner ce travail, le président du CESC, Pierre-Yves Motte, a invité les membres de cette instance à apporter leurs contributions à une dizaine d'ateliers thématiques qui poursuivront la réflexion et les propositions dans les mois qui viennent.

Ce premier programme d'actions, élaboré dans l'esprit de la future charte du Parc national des Écrins, sera mis en œuvre à partir de 2012 et pour trois ans.
En terme de calendrier, "on ne dérape pas" précise Michel Sommier, directeur du Parc national. Un travail formel de "compactage" et des efforts de "simplification" dans l'écriture de la charte sont en cours. Le dossier d'information pour l'enquête publique sera soumis aux administrateurs du Parc à la fin du mois de mai. A l'issue d'une consultation officielle des collectivités et des institutions, en juin et juillet, l'enquête publique devrait être organisée dans les 61 communes du Parc cet automne.
Lire aussi :
Le projet de charte s'affine - octobre 2010
L'avant-projet et les différentes observations collectées pendant l'été ont été abordés par les membres du Conseil économique social et culturel (CESC) du Parc national des Écrins. Un texte complété et amendé sera proposé au conseil d'administration le mois prochain puis finalisé pour le début de l'année 2011. Les priorités pour le premier plan d'action triennal se dessinent parallèlement.
Économie et écologie... solidaires - décembre 2009
Quelque 80 personnes ont participé aux travaux du Conseil économique, social et culturel du Parc national des Écrins, vendredi 11 décembre à l'Argentière-la-Bessée. Il a été question de solidarités, d'accueil touristique, de pastoralisme... Tous ces échanges s'incrivent pleinement dans l'esprit de la future charte et de sa co-construction avec les acteurs du territoire.
La création du Conseil économique, social et culturel du Parc - novembre 2008
C'est un socio-professionnel, un agriculteur du Champsaur, qui a été élu à la présidence du conseil économique, social et culturel du Parc (CESC) : Pierre-Yves Motte se présente tout d'abord comme un paysan, tant il associe son métier et son pays.
L'avant-projet et les différentes observations collectées pendant l'été ont été abordés par les membres du Conseil économique social et culturel (CESC) du Parc national des Écrins. Un texte complété et amendé sera proposé au conseil d'administration le mois prochain puis finalisé pour le début de l'année 2011. Les priorités pour le premier plan d'action triennal se dessinent parallèlement.
L'avant-projet détaillé de la charte était, ce 19 octobre, au menu de la réunion plénière annuelle du CESC, présidé par Pierre-Yves Motte. Les participants issus des trois commissions thématiques (patrimoines, accueil-pédagogie-culture, développement économique) ont consacré la journée à travailler sur les perspectives d'avenir du parc, à court et moyen terme.
 Michel Sommier, directeur du Parc national des Écrins, Pierre-Yves Motte, président du CESC et Xavier Crêt, vice-président du Conseil d'administration du Parc national

Les membres des commissions thématiques ont à nouveau travaillé sur l'avant-projet de la charte.

Objectifs, orientations... et actions
Au cours de la matinée, la synthèse des observations transmises par les différents partenaires sur le texte de l'avant-projet détaillé de la charte a été étudiée. Les membres du CESC se sont répartis en deux groupes, abordant respectivement les objectifs pour le coeur et les orientations pour la zone d'adhésion.
En préambule, le rôle affirmé du Parc national dans le recueil et le partage des expériences sur son territoire est une ambition forte sur laquelle les partenaires souhaitent s'appuyer.
La nécessité d'écrire un « résumé non technique de moins de dix pages » du projet de charte a été mise en avant. Ce document synthétique pourrait utilement accompagner le document complet qui sera soumis à l'enquête publique, vraisemblablement à la mi-2011.


Dans l'après-midi, les trois commissions thématiques ont proposé, chacune dans leurs domaines de compétences, quelques uns des axes qui, selon elles, devraient trouver leur place dans un premier plan d'action à trois ans (2013-2015).
Ces premières orientations prennent leur assise sur les programmes déjà engagés, en affirmant la nécessité d'une lisibilité plus forte du Parc dans les actions.
De l'éducation à l'environnement aux questions de mobilité douce en passant par les prairies de fauche, la valorisation des produits agricoles, la signalétique, les refuges... mais aussi, les conventions avec les pratiquants du vol libre, la mise à disposition des connaissances pour les documents d'urbanisme, natura 2000, les 40 ans du Parc (en 2013 !), les canaux, les galliformes...
Parmi l'ensemble des projets abordés, il faudra sans doute encore choisir.
Pour en savoir plus : Voir l'avant-projet détaillé de la charte
Une réalisatrice et un photographe mèlent leur écriture aux voix de trente "grands témoins" du massif des Écrins pour tenter d'approcher son "caractère". Avant-première et débat, ce jeudi 29 juillet à 21h à l'Eden-studio à Briançon.
Le massif des Écrins a un caractère qui lui est propre. Ceux qui l'approchent, le vivent et l'habitent se reconnaissent en lui. Mais comment le qualifier ?
Écrins, esquisse d'un caractère : c'est le titre de la dernière création audiovisuelle du Parc national des Écrins mise en oeuvre en partenariat avec le Centre de l'Oralité Alpine (Conseil général des Hautes-Alpes).
Une belle aventure pour un objet visuel qu'on pourrait dire non identifié !
La loi de 2006 concernant les Parcs nationaux fait référence au caractère d'un territoire protégé... qu'il s'agit de préserver. Depuis, scientifiques, naturalistes, montagnards, ... n'en finissent pas de s'interroger. Quel est le caractère des Écrins ?
Un film est-il à même de résoudre cette énigme ?
"La chose a commencé voici un peu plus de deux années quand une enquête orale a été engagée auprès de 30 grands témoins pour tenter, à travers leurs témoignages, de mieux appréhender le "caractère" des Écrins" explique Claude Dautrey, responsable du service accueil-communication du Parc national.
"Les témoignages sonores ont été envoyés à des créateurs d'audiovisuels ( vidéastes, réalisateurs documentaires, performeurs de l'image, etc...) comme substrat de création visuelle. C'était un appel d'offre un peu inhabituel... Et on cherche encore un vocabulaire adapté pour ce film de l'oralité qu'ont réalisé Isabelle Mahenc et Gérald de Viviés, respectivement réalisatrice et photographe."

Un photographe, Gérald de Viviés et une réalisatrice, Isabelle Mahenc. Deux écritures pour un objet visuel difficile à identifier : le caractère des Écrins.
C'est à coup sûr un film, un film de 56 minutes qui associe séquences vidéos, incrustations photographiques, documents audiovisuels d'archives, œuvres picturales et... les témoignages sonores qui en furent le fil conducteur, recueillis par Julia Montredon et Marc Mallen (Centre de l'oralité alpine).
Les voix s'enchainent et se répondent, fusent ou s'attardent dans l'intime des pierres et de la glace, des pentes et des forêts.
Pas d'exploits, rien sur les travaux et les jours mais un vagabondage sonore et visuel autour des relations passionnelles qu'entretiennent les montagnards avec leur montagne. Le dévoilement d'une montagne vécue au quotidien dans la diversité des perceptions.
Cheminement au fil des mots et des images... invitation à un voyage intérieur, miroir d'un territoire.
En avant première, "Écrins, esquisse d'un caractère" sera projeté ce jeudi 29 juillet à 21h au cinéma Eden Studio, MJC de Briançon (35 rue pasteur) en présence des réalisateurs et des concepteurs du projet, le Parc national des Écrins et le Centre de l'oralité alpine.
Bon nombre des personnalités de la montagne qui ont été enquêtées seront présentes. Un débat suivra la projection et nous espérons vous y retrouver nombreux pour un échange nourri autour de ce qui fait la singularité du massif des Ecrins.
Écrins, esquisse d'un caractère -Parc National des Ecrins et Centre de l'Oralité Alpine (CG 05) - 2010 - 56 mn - Un film d'Isabelle Mahenc et Gérald de Viviés
En 2008 et 2009, une exposition collective a fait appel à tous ceux qui souhaitaient contribuer à cette "définition" du caractère... On peut la "feuilleter" sur notre site : voir l'article Le caractère


Au générique...
Ce film est dédié à René Rizzardo, homme de culture amoureux de ce massif...
avec les témoignages de :
Benjamin Alphand, Bernard Amy, Alain Barban,Yves Baret, Honoré Baridon, Jean François Béné, Rémi Bonnardel, Caroline Bouchard, André Buisson, Marcel Chaud, Laetitia Cuvelier, Lionel Daudet, Claude Dautrey, Mickael Dian, Jean François Escallier, Hervé Gasdon, Bruno Gauthier, Paul Keller, Marc Lourdaux, Jean René Minelli, Marie Geneviève Nicolas, Jean Pierre Nicollet, Xavier Petit, Claudine Peyron, René Rizzardo, Pierre Salomez, Olivier Senn, René Siestrunck, Florence Turc, Anne Vincent, Christian Vincent
Banque de données sonores et indexation : Alain Paillet à partir d'une synthèse des 55 heures d'entretiens par Julia Montredon
Images : Isabelle Mahenc (vidéo) - Gérald de Viviés (photo)- Montage et mixage : Isabelle Mahenc en collaboration avec Gérald de Viviés
avec des films d'archives, des photos des archives départementales des Hautes Alpes, des peintures de : Robin d'Arcy Shillcock, Denis Clavreul, Jean Chevallier, et David Barker des sons d'ambiance de la bruitothèque du COA, Studio Alys, Pascal Perrot
Improvisation musicale : violoncelle : Fernando Lima, clarinette : Alison Pereira, viole de gambe : Aude Vanackère, contrebasse : Marc Mallen, accordéon : Camille Rouzet

Les consultations continuent. Un document de travail intermédiaire est actuellement présenté aux partenaires et aux communes. Il rassemble les orientations et enjeux dégagés avec les participants aux commissions thématiques, avec les élus et les organisations socio-professionnelles.
La démarche de co-construction qui a débuté il y a plus d'un an a permis de dégager un diagnostic et les principaux enjeux. C'est à partir d'une bonne centaine de réunions avec les communes et les organisations socio-professionnelles telles que l'agriculture, le tourisme, la sylviculture, les sports de pleine nature... que 16 grands sujets ont été discutés dans les commissions consultatives du Conseil économique, social et culturel du Parc. Près de 200 partenaires dont 65 élus ont participé au débat.
Lire l'article relatant la dernière réunion du Conseil économique, social et culturel en décembre 2009
La phase d'écriture de la charte avec les orientations et les objectifs qui préfigurent le projet de territoire commence maintenant. Plusieurs étapes vont encore jalonner le parcours dont la "ligne d'arrivée" se situera vers l'été 2012.
Un document de travail, déjà examiné par le Conseil d'administration du Parc début avril, est actuellement présenté aux municipalités des 61 communes concernées par le Parc.

Quatre grandes orientations
C'est l'occasion d'énoncer les grandes orientations envisagées sur l'ensemble du territoire. Le projet se développe autour de quatre axes :
- Vivre ensemble : comment partage-t-on notre espace, nos connaissances et notre culture.
- Encourager une bonne gestion des ressources naturelles : comment oriente-t-on les pratiques pastorales, agricoles, forestières, pour conserver notre capital d'espèces et de milieux naturels ainsi que nos paysages.
- Développer un accueil de qualité : quel tourisme voulons-nous privilégier compte-tenu des valeurs et des patrimoines qu'offre le territoire.
- Mettre en oeuvre une gouvernance partagée : comment les partenaires que sont les communes, les communautés de communes, les autres collectivités locales sans oublier les socio-professionnels et l'établissement public du parc national travailleront ensemble pour mettre en œuvre la charte et évalueront le travail accompli.
Une enquête publique en 2011
Toutes ces rencontres permettent de recueillir les remarques des municipalités pour continuer à construire un projet partagé par tous. Le document est également envoyé à tous ceux qui ont participé aux commissions consultatives en les invitant à faire leurs observations. Le rassemblement de celles-ci aboutira à un projet plus détaillé qui sera présenté au Conseil d'administration au début juillet.
Le document aura alors une forme plus aboutie pour être présenté à l'automne, pour avis et propositions de compléments, aux communes et communautés de communes. Dans le cadre de cette consultation intermédiaire, elles pourront encore améliorer le projet.
À l'issue des consultations des partenaires locaux et des services et établissements publics de l'Etat, le document, alors plus finalisé sur le plan local, constituera la base du dossier à soumettre à enquête publique en 2011.

Quelque 80 personnes ont participé aux travaux du Conseil économique, social et culturel du Parc national des Écrins, ce vendredi 11 décembre à l’Argentière-la-Bessée. Il a été question de solidarités, d'accueil touristique, de pastoralisme... Tous ces échanges s'incrivent pleinement dans l'esprit de la future charte et de sa co-construction avec les acteurs du territoire.

Maires, conseillers municipaux, agents du Parc national des Ecrins, agriculteurs, gardiens de refuges, guides, accompagnateurs, hébergeurs, représentants d'associations et d'administrations... Quelque 80 personnes ont participé aux travaux du Conseil économique, social et culturel du Parc national des Écrins, ce vendredi 11 décembre à l'Argentière-la-Bessée. Cette instance, créée en novembre 2008, rassemble les membres des trois commissions thématiques du Parc national (Développement économique, accueil-pédagogie-tourisme, patrimoines). Une fois par an, au cours d'une séance plénière, l'ensemble des membres des trois commissions est invité à se retrouver pour une journée d'échanges et de prospective.
Ainsi, outre des administrateurs du Parc national, ce sont aussi des représentants de la population, des socio-professionnels et du monde associatif qui se retrouvent pour travailler ensemble aux grandes orientations de leur territoire.
C'est ainsi que les grandes lignes de la future charte du Parc national des Ecrins s'écrivent, progressivement. A plusieurs reprises, Pierre-Yves Motte, le président du CESC, a invité largement tous ceux qui ne l'ont pas encore fait, à contribuer, par leur engagement et leur expérience, à la construction de ce projet : « si les acteurs du tourisme et le monde agricole s'impliquent assez bien dans la démarche, les artisans et les commerçants doivent aussi trouver leur place ».
Questions de solidarités
Pendant la matinée, les trois commissions ont travaillé sur le thème de la solidarité, une notion inscrite dans la loi sur les parcs nationaux qui se développe en termes d'écologie mais aussi en matières économique et sociale.
L'intérêt général, l'avenir des jeunes, de la transmission et du partage des connaissances, le besoin de médiateurs, la question des transports, le besoin de faire vivre des réseaux et de « travailler ensemble pour se connaître et se comprendre »... : pour tout cela, le rôle du Parc est imaginé et conforté. On voudrait qu'il soit un « catalyseur » et un « organisateur des ressources humaines sur le territoire ». L'imbrication de l'écologie et de l'économie semble évidente pour tous. On peut penser que ce travail collectif bénéficiera aussi à une solidarité écologique entre le cœur protégé du Parc national et son aire d'adhésion.
Après la présentation du diagnostic socio-économique réalisé sur le territoire des Écrins, des éléments de réflexion ont été développés dans le domaine du pastoralisme et en matière d'accueil touristique. Deux thèmes qui ont fait l'objet de plus d'une vingtaine de contributions, assorties de propositions d'actions concrètes. Autant d'éléments qui fonderont la réalité de la future charte du Parc national.
Télécharger les éléments du diagnostic socio-économique, réalisé avec le CEMAGREF et présenté lors de la réunion du CESC à l'Argentière :
Diagnostic socio-économique : population (535.64 KB)
Diagnostic socio-économique : pastoralisme (985.93 KB)
Diagnostic socio-économique : tourisme (1.19 MB)
Le calendrier de la charte
Le directeur du Parc national, Michel Sommier, a confirmé que les Écrins feront partie du « premier train des parcs nationaux à présenter leur charte ».
Le calendrier prévoit la rédaction d'un texte détaillé pour l'été 2010 qui serait soumis à l'enquête publique en 2011 et à la délibération des communes de l'aire optimale d'adhésion en 2012.

En savoir plus sur les commissions thématiques du Parc national de Écrins
Dans le cadre du travail d'élaboration de la charte, des représentants des différentes commissions thématiques du Parc national des Écrins se sont réunis mi-novembre à Saint-Bonnet (Champsaur) pour approfondir les réflexions déjà engagées autour de l'agriculture.
Des élus, des agriculteurs, les chambres d'agriculture des Hautes-Alpes et de l'Isère, la DDAF 05, le CERPAM... Ce sont quelque 25 personnes, issues des trois commissions thématiques du Parc national ("Accueil, Culture, Pédagogie", "Développement économique" et "PatrimoineS") qui se sont retrouvées à Saint-Bonnet pour travailler ensemble sur les questions agricoles. A partir d'une première ébauche, elles ont débattu des grandes orientations et objectifs soulevés par les discussions au cours de l'année avec les acteurs du territoire.
L'objectif est d'aboutir à un projet commun dans lequel sera défini qui fait quoi. Pour cela, il s'agit de se donner un cadre d'actions, chacun mettant "la main à la pâte" ! La nécessité de mettre l'exploitant et son exploitation au cœur du projet est primordial. Le maintien de la pluri-activité sur le territoire est important : c'est un soutien pour l'activité dominante qui doit pouvoir demeurer l'agriculture. La complémentarité entre tourisme et agriculture prend tout son sens dans le cadre spécifique d'un territoire de montagne.
Le besoin d'organisation des filières et de mise en réseau des acteurs, la nécessaire adaptation de la production aux spécificités locales, le travail à réaliser entre communes et SAFER, la question des OGM : autant de questions qui ont également été soulevées, qui devront faire l'objet d'un positionnement dans la future charte.
Pour en savoir plus sur le rôle des commissions :
Lire l'article : les commissions, lieux d'échanges et de débats
Lire l'article : les enjeux du territoire soumis aux commissions
Charte : les instances de concertation
Les membres du comité de pilotage de la charte du Parc national des Écrins se sont réunis à Valjouffrey
Le Comité de Pilotage de la Charte du Parc national des Ecrins s'est réuni le vendredi 20 novembre à Valjouffrey, sous la présidence de Christian Pichoud. Les débats ont été très riches et dense en réaction à une première proposition de plan. Il a été réaffirmé le désir de s'engager dans un projet de territoire fédérateur, davantage incarné et ancré sur les patrimoines.
Le travail sur la définition du caractère du Parc, un des piliers de la charte, sera poursuivi à partir de la contribution du Conseil scientifique.
Enfin, les membres du Comité de pilotage ont préparé les prochaines rencontres du Comité Economique Social et Culturel qui auront lieu à L'Argentière le 11 décembre prochain.

Parapentes, deltaplanes, planeurs : la concertation avec les pratiquants est en cours pour établir les règles d'un survol des Écrins, respectant certains sites à enjeux environnementaux, dans le cœur du Parc comme dans l'aire optimale d'adhésion.
Le 18 novembre, le Parc et la Fédération française de vol libre (FFVL) se sont rencontrés à Tallard pour discuter des modalités de pratique sur le territoire du parc national des Ecrins. Les partenaires ne partent pas de rien puisque une convention était signée en 1999. Le principe est de faire savoir aux libéristes quels sont les enjeux environnementaux et voir avec eux comment épargner les espèces naturelles susceptibles d'être perturbées, notamment lors de leur reproduction.
La nouvelle loi réformant les parcs nationaux nécessite que l'on revoit les mesures d'application de la réglementation de la pratique dans le cœur. Rappelons que le décret précise que le survol non motorisé à une distance inférieure à 1000 m du sol est réglementé. Elle invite aussi le Parc à proposer des orientations de gestion du patrimoine naturel dans l'aire d'adhésion, sans pour autant s'appuyer sur des outils réglementaires.

Une nouvelle convention qui précise comment et quand il est possible de survoler le territoire du parc en parapente s'avère donc nécessaire.
Les premières propositions qui, pour l'avenir font consensus, visent à protéger les bouquetins lorsqu'ils sont vulnérables. C'est le cas notamment en hiver, lorsqu'ils sont contraints sur des vires pour trouver à se nourrir. C'est aussi le cas en mai et juin quand les étagnes (femelle bouquetin) se cachent pour mettre bas leur cabri. Elle est alors extrêmement craintive et protège son petit contre les attaques des aigles et par analogie contre les parapentes.
Il faut aussi protéger la reproduction des rapaces de falaise. L'aigle, le faucon pèlerin, choisissent leur nid en février et couvent jusqu'en avril. Ensuite l'élevage des jeunes est assuré avec un vulnérabilité moindre. Il est donc préconisé aux parapentistes de ne pas s'approcher à moins de 700 mètres des falaises où nichent des rapaces entre février et avril. Un zonage précisera sur une carte ces dispositions qui sont un principe de précaution en aire d'adhésion et une disposition réglementaire dans le cœur du parc national.
La nécessité de partager des arguments suppose que les échanges soient approfondis entre le Parc national et la FFVL. La future convention insistera donc sur les modalités d'animation et d'échange d'informations entre les clubs locaux et les agents du parc national.
Une réunion de concertation avait déjà eu lieu le 25 juin dernier entre le Parc national des Écrins et les représentants des Fédérations françaises de vol libre et de vol à voile (FFVL et FFVV). L'objectif est d'établir une convention et de travailler sur les aspects réglementaires de ces pratiques qu'il serait opportun de préciser dans la future charte.
Télécharger le texte de la Convention de 1999 Convention vol libre - 21 mai 1999 (46.77 KB)
Télécharger la carte de la pratique du vol libre dans le Parc national des Écrins 2010-07-carte-pratique-vol-libre-ecrins (5.12 MB)
Pour dessiner les orientations qui pourraient être affichées dans la prochaine charte, une rencontre a eu lieu avec les représentants de la Fédération des clubs alpins et de montagne.
Une constante est partagée pour l'avenir des refuges entre le Parc national des Écrins et la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) : celle de conserver les conditions d'accueil qui permettent de vivre des expériences authentiques dans les montagnes du massif. C'est en tout cas l'une des priorités communes qui a été formulée lors d'une rencontre qui a eu lieu entre le directeur du Parc national, Michel Sommier, et le président de la FFCAM, Georges Elzière, le 17 novembre à Grenoble.
Cette réunion avait pour objectif de dessiner les orientations qui pourraient être affichées dans la prochaine charte. Les représentants des clubs alpins les plus concernés par notre territoire étaient également présents : Bertrand Faller, référent "refuges" pour la Fédération, Jean-Pierre Buraud, du CAF de Briançon et président de la Commission "protection de la montagne" à la fédération nationale, André Gas, président du CAF Grenoble-Oisans. Pour le Parc national, outre le directeur, Yves Baret, chef du service aménagement et Jean-Pierre Nicollet, chargé de mission pour la charte et le partenariat ont apporté leur contribution aux discussions.

La volonté de préserver un espace de ressourcement et une culture de la responsabilité dans les pratiques montagnardes compte aussi parmi les orientations. Les refuges doivent rester des lieux d'hébergement avec une mission de service public affirmée.
La nécessité de faire découvrir la montagne aux jeunes, avec toutes les valeurs bénéfiques qu'elle véhicule, fait partie des évolutions nécessaires. Certains refuges doivent pour cela s'adapter pour devenir un instrument pédagogique et une porte d'entrée à la haute montagne.
La réduction des impacts sur les milieux naturels doit être aussi une priorité en adoptant une démarche de type HQE (haute qualité environnementale) lors des travaux d'amélioration des refuges (traitement de leurs déchets, production énergétique). La FFCAM se heurte à des coûts extrêmement élevés lorsqu'elle doit faire réaliser des travaux en montagne. Les programmes de mise en conformité sont souvent bousculés par des interventions d'urgence. Elle compte sur l'aide et la mobilisation des politiques territoriales.
Un partenariat avec les Conseils généraux et les Régions s'avère nécessaire afin d'améliorer les conditions d'accueil du public dans les refuges, de leurs dispositifs d'assainissement et pour développer la pratique de la montagne auprès des jeunes.
Conjuguer l'agriculture et le tourisme peut être un moyen de générer des revenus tout en conservant les paysages ruraux. Une réunion d'information des élus de ces deux cantons a eu lieu à Chantelouve, en lien avec le Parc national qui s'appuie sur les projets des communes pour construire sa future charte.
L'Oisans et le Valbonnais sont des territoires à fort potentiel de développement touristique et dont les espaces agricoles doivent être préservés. L'agritourisme est une orientation possible que les collectivités locales peuvent soutenir.
A Chantelouve le 20 octobre dernier, le maire de la commune, Gaétan Joubert-Pinet et Christian Pichoud, conseiller général de l'Oisans et président du Conseil d'administration du Parc national, ont accueilli les élus de ces deux cantons. Cette réunion avait pour objectif de les informer des possibilités de développement de l'agritourisme.
En collaboration avec le Parc national des Écrins et les associations APAO et SITADEL, cette rencontre a été organisée par l'ARDEAR, une association dont le but est de soutenir les initiatives qui ont des répercussions favorables sur l'emploi agricole et rural en Rhône-Alpes. Dans le cadre du contrat de développement d'Alpes-Sud-Isère, elle a été missionnée pour faire émerger d'éventuels projets de création d'activités rurales.
L'appui des communes est essentiel
Deux témoignages d'expériences réussies au Rivier-d'Allemont et à St Martin-d'Uriage ont permis de montrer qu'il est possible de créer des exploitations agricoles valorisant leurs produits par la vente directe (fromage de chèvre, goûter à la ferme, visites pédagogiques de la ferme, ...). Dans les deux cas, si une gérance ou une délégation de service public assure le fonctionnement et les productions, c'est au départ une volonté farouche des communes qui a permis au projet de voir le jour.
Les modèles de développement de l'agritourisme sont variés et s'adaptent au contexte local. Johanne Michel (chambre d'agriculture de l'Isère) estime que l'offre est variée et que le potentiel de développement est encore important. Rompre avec le quotidien, se ressourcer, rechercher le contact avec les habitants ruraux sont les attentes de plus en plus affirmées par la population citadine. En Isère, environ 200 fermes (3% de l'ensemble des exploitations) font de l'agritourisme. Il en existe 4 en Oisans et un projet en Valbonnais est en phase d'achèvement.
Des projets et des perspectives pour la charte du Parc national des Écrins
Le deuxième temps de la réunion a laissé la parole à la quinzaine d'élus de l'Oisans et du Valbonnais présents, pour recueillir leurs attentes et connaître les projets qui pourraient émerger sur leur commune. De ce point de vue, les petites communes se sentent plutôt démunies. Leur budget ne leur permettrait pas de créer des fermes communales. De plus, face aux divers travaux et aménagements qu'elles doivent assurer, ce n'est pas dans leurs priorités. La mobilisation des terres agricoles se fait entre propriétaires sans que les communes puissent intervenir, à moins d'user de leur pouvoir de préemption. Ainsi, alors que les grosses exploitations locales s'agrandissent encore en augmentant leur surface agricole, les demandes d'installation de petites exploitations ne peuvent être satisfaites faute de terres disponibles.
Face à ce constat traduisant une certaine résignation, les animateurs de la chambre d'agriculture et de l'ARDEAR se refusent au pessimisme, estimant que les volontés locales peuvent permettre d'avancer. Les techniciens peuvent apporter leur éclairage, donner des pistes de réflexion pour estimer la viabilité des projets et les accompagner en renseignant notamment sur les financements possibles.
Le Parc national des Ecrins est associé à cette démarche car dans les années qui viennent la charte de son territoire aura fixé des orientations partagées avec les communes adhérentes. Parmi les orientations, maintenir l'espace agricole et favoriser les productions alimentaires et pédagogiques vendues sur place s'affichent déjà comme une priorité. Il est donc important pour le Parc de connaître dès maintenant les projets envisagés afin de les soutenir auprès des politiques publiques. Dès lors que les aides techniques et financières existent, il est important de travailler ensemble pour que les souhaits deviennent des projets puis des réalisations.

Les commissions thématiques du Parc national des Écrins se sont réunies à la mi-octobre. Leurs travaux préparent la réunion, en décembre, du Conseil économique, social et culturel... et, bien entendu, le projet de charte. Les questions relatives aux patrimoines ont rassemblé une trentaine de partenaires.
La commission dite "patrimoines" a rassemblé une trentaine de partenaires. Sept d'entre eux représentaient des communes du Parc. La LPO (Ligue de protection des Oiseaux), la CIPRA (Commission internationale pour la Protection des Alpes), la FFCAM (Fédération des Clubs alpins français), les fédérations des pêcheurs et des chasseurs, l'ONF(Office national des Forêts), l'ONEMA (Office national de l'Eau et des Milieux aquatiques), la chambre d'Agriculture et la DDAF complétaient le tour de table.
La diversité des membres de la commission contribue à la diversité de points de vue et à la richesse des débats. Réunis au siège du Parc national à Gap-Charance le 14 octobre, ces partenaires ont abordé trois sujets majeurs : la gestion des milieux naturels et des espèces, la pratique de la chasse et celle de la pêche.
La gestion des milieux et des espèces
Le rôle du Parc national dans la gestion des espaces naturels et des espèces suscitent des questions de la part de certains maires qui se demandent ce que sera l'implication de l'établissement public dans l'élaboration des documents d'urbanisme et dans l'octroi des permis de construire en aire d'adhésion.
Il est confirmé que l'établissement public sera un partenaire pour aider les communes souhaitant réviser ou réaliser leur document d'urbanisme. La compatibilité avec les vocations des espaces naturels affichées sur le plan de la charte sera alors recherchée. En revanche, l'établissement public du Parc n'aura pas de compétence nouvelle d'ordre réglementaire en aire d'adhésion. La délivrance des permis de construire restera de la compétence des maires.
La gestion des espèces et des milieux rares et protégés ne soulève pas de débat particulier. Elle est pour partie orientée par les documents d'objectifs des sites du réseau Natura 2000, qui couvrent une part importante du territoire. Pour la gestion de la nature "ordinaire", le projet de loi Grenelle II qui préconise la reconnaissance de trames vertes et de trames bleues, sera à considérer lors de la désignation des vocations des espaces naturels sur le territoire. Il s'agit de préserver des corridors naturels permettant la circulation des espèces sauvages à l'échelle de grandes régions géographiques.
Il est rappelé par ailleurs que la gestion du loup est fixée à l'échelon national. De même, pour le contrôle ou l'élimination des plantes exotiques invasives telles que l'ambroisie ou la renouée du Japon, le Parc national doit être un partenaire actif dans le cadre des organisations existantes, aux niveaux national et départemental.
Enfin, la gestion des populations de grands ongulés est déterminante pour préserver les milieux naturels "productifs" de matières premières tels que la forêt, les alpages et les terres agricoles.
La chasse et la pêche
Si la chasse demeure interdite dans le cœur, pour une partie de la population, elle constitue une activité traditionnelle en aire d'adhésion. Son rôle régulateur de certaines espèces de gibier est souligné et il est souhaité qu'il soit confirmé dans certaines vallées pour des espèces à problème telles que le sanglier et les cervidés.
La place de l'établissement public du Parc dans les instances départementales chargées de la gestion cynégétique est confirmée.
Les collaborations en cours avec les fédérations des chasseurs et l'Office national de la Faune sauvage telles que les opérations conjointes de recensement des populations d'ongulés, ou de suivi des populations de galliformes de montagne, sont à poursuivre, voire à encourager.
La pratique de la pêche, telle qu'elle est proposée dans la note de présentation débattue en séance, satisfait les partenaires. Dans l'aire d'adhésion, le Parc est attendu comme partenaire actif dans la préservation de la continuité écologique des cours d'eau. Dans le cœur, les opérations d'alevinage devront s'en tenir à la liste des lacs actuellement empoissonnés. Le saumon de fontaine ne sera pas préconisé dans les lacs d'altitude et en tête de torrent. Les fédérations souhaitent poursuivre les actions menées avec le Parc pour mieux connaître et gérer la biologie des lacs d'altitude.

Vendredi soir, à Mont-de-Lans, cette rencontre valléenne a retenu l'attention d'une cinquantaine d'habitants, très curieux de connaître la diversité des actions entreprises par le Parc national sur le territoire et avec les partenaires.
A travers leur travail quotidien, l'équipe de l'Oisans et son chef de secteur, Jérome Forêt, ont expliqué par le menu, les grandes missions d'un parc national. En présence du maire de Mont-de-Lans, Serge Gravier et de Christian Pichoud, conseiller général et président du Conseil d'administration du Parc national des Écrins, une cinquantaine d'habitants ont participé à cette soirée.
Dans le domaine de la connaissance de la nature, les associations de chasseurs et le Parc agissent de concert pour le recensement des populations de chamois. Les populations ont été multipliées par 10 en 30 ans sur le massif de l'Oisans
De même, les agents du Parc travaillent en collaboration avec l'Office national de la chasse et de la faune sauvage pour évaluer les populations de coqs de bruyère, de perdrix bartavelles et perdrix blanches. Ils apportent leurs conseils aux alpagistes pour protéger les sites de nidification et aux stations de ski pour éviter que les oiseaux ne viennent heurter les câbles des téléskis.
Ce fut aussi l'occasion de mieux expliquer les raisons de l'apparition en grand nombre des vautours fauves sur les alpages en été, à la suite des migrations depuis les Pyrénées et même la Croatie.
Les chauves-souris font l'objet d'une étude innovante dans l'Oisans. Une population de grands murins, une espèce d'une envergure de 70 cm, est suivie à la loupe. Munies d'un petit émetteur de 3 grammes sur le dos, ces petits mammifères insectivores sont suivis par la méthode du radio-pistage pour mieux connaître leur manière de vivre en Oisans. On sait ainsi que certaines chauves-souris parcourent près de 50 km dans la nuit pour se nourrir sur les prairies et dans les sous-bois
Des mesures sur les glaciers de l'Oisans permettent de mieux connaître l'effet du réchauffement climatique sur ces réservoirs d'eau. Ils diminuent en volume et en longueur depuis le début du 20ème siècle et de façon encore plus importante ces 20 dernières années.
Les différentes actions auxquelles le Parc national a participé avec ses partenaires de l'Oisans ont également été présentées. Ces collaborations prennent tantôt la forme d'appui technique, tantôt d'aides financières. Elles portent sur la restauration et la mise en valeur du patrimoines des communes, sur l'amélioration des équipements sur les alpages, sur la communication et l'accueil des visiteurs de l'Oisans.
Avec la compagnie des guides de haute montagne et les offices de tourisme du secteur en particulier, un travail permet de développer une offre touristique adaptée à l'image de l'Oisans et du Parc national.
Et le projet de charte ! Le Président de Parc, Christian Pichoud a conclu cette belle soirée en évoquant l'avenir des parcs nationaux qui, dans les deux années à venir, vont travailler étroitement avec les communes pour définir un projet de territoire qui comptendra les orientations qu'ils peuvent fixer ensemble. Ce projet sera présenté sous la forme d'une charte d'environnement et de développement durable à laquelle les communes devront adhérer si elles désirent poursuivre la collaboration avec le Parc national.
Autour d'un buffet, les échanges se sont poursuivis pour approfondir les sujets évoqués lors de la conférence. Ce fut l'occasion de mieux se connaître et de partager tout ce qui anime l'Oisans, les activités rurales, touristiques, la nature et la culture.
Les trois commissions thématiques du Parc national des Écrins se sont réunies dans les deux premières semaines du mois de juillet. D'autres rencontres spécifiques avec les acteurs du territoire permettent d'engager la concertation.
L'heure est aux propositions, aux débats et aux échanges... sans préjuger encore du contenu de la charte. Pour les commissions thématiques du Parc, deux séries de réunions ont déjà eu lieu, à l'automne 2008 et au printemps 2009. Différentes contributions ont été collectées sur une « plate-forme collaborative » et à l'occasion de différents réunions sur le territoire. Leur synthèse a permis de rédiger des documents de travail pour approfondir le débat, sur des aspects plus concrets.
Des orientations générales...
Après le renouvellement du conseil d'administration, les commissions se sont réunies au début du mois de juillet pour échanger sur différents enjeux identifiés pour le territoire.
Selon les compétences qu'elles se sont données, les sujets ont été soumis aux réactions de l'une ou de plusieurs de ces commissions.
Le tourisme, par exemple, est un sujet particulièrement transversal qui touche bon nombre des actions du Parc national. Parmi les autres sujets abordés, on peut citer : les sentiers, la politique culturelle, les activités de pleine nature, le bois et la forêt, l'agriculture, l'offre pédagogique, le patrimoine bâti, les refuges...
... à la concertation concrète
Sur certains sujets, des rencontres spécifiques ont également eu lieu comme celle concernant la pratique des sports aériens non motorisés (parapente, delta-plane, planeur). Ainsi, une première réunion de concertation a eu lieu le 25 juin dernier entre le Parc national des Écrins et les représentants des fédérations françaises de vol libre et de vol à voile (FFVL et FFVV). L'objectif est d'établir une nouvelle convention et de travailler sur les aspects réglementaires de ces pratiques qu'il serait opportun de préciser dans la future charte. Une première convention a déjà été signée, en mai 1999, entre la Fédération française de vol libre et le Parc national des Écrins.
La nécessité du travail en réseaux et en partenariats est clairement affirmée sur les différents sujets. C'est tout l'objet de la future charte.
Les trois commissions thématiques du Parc national des Écrins
Elles sont formées par des membres du conseil d'administration et d'autres personnalités compétentes et désireuses de contribuer au projet « Parc ». Elles doivent favoriser la concertation avec les acteurs du territoire, organiser le débat sur les orientations à retenir et, à terme, en suivre la mise en oeuvre. Chaque commission est animée par un tandem, issu des administrateurs du Parc : un élu local et une personnalité qualifiée.
- Commission "Patrimoines" : elle s'intéresse aux patrimoines naturel (connaissance et gestion), culturel et paysager (bâti, savoir-faire, mémoire du territoire). - Commission "Accueil, pédagogie et culture" : elle travaille sur les infrastructures d'accueil, animations scolaires et grand public, la politique éditoriale, le soutien à la vie culturelle. - Commission "Développement économique": elle prend en charge les questions relatives à l'agriculture (gestion de l'espace, économie...) à l'artisanat et au tourisme (mise en réseau des acteurs du tourisme, produits, promotion...). Les sentiers, le tourisme, l'offre pédagogique, la politique culturelle, patrimoine bâti, l'agriculture, les activités de pleine nature, les refuges, le bois et la forêt.
C’est un socio-professionnel, un agriculteur du Champsaur, qui a été élu à la présidence du conseil économique, social et culturel du Parc (CESC) : Pierre-Yves Motte se présente tout d’abord comme un paysan, tant il associe son métier et son pays.
Mais il est aussi président de la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes, administrateur du Parc depuis de nombreuses années et président de sa commission «développement économique». Il souhaite s’impliquer dans la démarche de la charte, en mettant l’accent «sur cette synergie que développe le Parc avec l’ensemble du monde qui vit sur le territoire. La mise en place du CESC, révue par la loi de 2006, a eu lieu le samedi 15 novembre au Monêtier-les-Bains. C’est un moyen d’associer les acteurs du territoire au projet de Parc.
C’était bien l’esprit de cette première assemblée générale. Elle a réuni quelque 130 personnes, élus, socio-professionnels, représentants d’associations et agents du Parc qui ont échangé en ateliers thématiques. Pour aborder les grands enjeux et défis à l’horizon 2026, c’est en premier lieu «ce que l’on ne veut pas pour le territoire» qui a été relevé : les spectres de la désertification, de l’affaiblissement de l’agriculture et d’une banalisation de l’activité touristique sont des craintes clairement exprimées. La charte est l’occasion d’avancer collectivement vers une vision partagée du «projet» que porteront les acteurs et les équipes du Parc.
Ils ont dit
Pierre-Yves Motte, président du CESC : «La vie du Parc est comparable à celle d’un homme. Sa vie d’enfant commence par des règles. On l’a accompagné, il a grandi, il a acquis des connaissances et des compétences qu’il transmet. Il échange mais ne se coupe pas de ce qui fait ses origines. Aujourd’hui, il devient adulte et continue de s’enrichir... la comparaison s’arrête là. Le Parc ira au-delà de la vie d’un homme»
Bernard Héritier, président de l’association des élus du Parc : «On est en train de construire un vrai patrimoine intellectuel qui est le Parc national des Écrins. C’est un contrat pour vivre ensemble et en harmonie avec notre territoire. Nous avons déjà commencé le travail. J’ai énormément d’espoirs».
Serge Topridès, maire de Saint-Christophe-en-Oisans : «Il y a des craintes locales parce qu’on a toujours peur que l’on nous empêche de progresser (...). C’est aux élus qui connaissent le Parc de travailler dans leur conseil municipal. Il faut que la charte soit un moteur. L’accord-cadre de la Bérarde est un bon exemple de travail en commun».
Abdou Martin, président de la Compagnie des guides Écrins-Oisans : «Avant d’être un représentant des guides, et donc de me retrouver en réunion avec des gens du Parc, j’avais une image d’une administration rigide et poussièreuse. C’est en rencontrant les gens, en travaillant sur des projets que j’ai réalisé à quel point nous avons des intérêts communs. Sans dialogue, il arrive que l’on se cristallise sur quelques divergences. En parlant et en écoutant, on voit souvent que les convergences sont beaucoup plus fortes. (...) Sur le terrain, quand je suis dans le massif avec mes clients, je trouve que j’ai de la chance de travailler sur un territoire préservé, contrairement à d’autres massifs où les nuisances sonores des avions ou hélico touristiques sont fortes, et où les aménagements ou équipements sont parfois trop présents.»
Christian Pichoud, conseiller général de l’Oisans, président du Conseil d’administration du Parc : «Nous ne sommes plus les parents pauvres de l’environnement. Les contraintes de l’environnement, elles sont pour tout le monde, aujourd’hui on le sait. Nous, dans les parcs, on a plutôt de l’avance et des moyens supplémentaires...»
Pierre Chamagne, président du Conseil de développement du pays du Grand Briançonnais : «Il ne faut pas considérer le Parc comme une source de financement mais il faut utiliser l’ingénierie du Parc pour monter des projets et les accompagner».
Pierre Bouvier, maire du Monêtier-les-Bains : «Je voudrais que le Parc joue un grand rôle d’ici 2026, qu’il permette recherches et expérimen-tations, qu’il favorise le rayonnement des écoles, et au-delà qu’il attire un jour, non pas des touristes mais des visiteurs informés qui viennent à la recherche d’un partage d’expériences.»
Daniel Fougeray, chef de secteur du Valbonnais : «La charte, c’est un contrat que l’on va passer ensemble. Si quelque chose ne nous convient pas, on ne l’écrira pas».
Michel Sommier, directeur du Parc : «Les volontés exprimées et l’état d’esprit de cette rencontre sont un encouragement à poursuivre la concertation dans les vallées».
Anne Vincent, (alors maire de) La Chapelle-en-Valgaudemar : «Les questions que l’on doit se poser aujourd’hui concernent ceux qui sont encore des adolescents. Il faut aller les voir. Qui va rester au village ? Comment vivent-ils la montagne ? Il faut sortir des schémas classiques. (...) Nous avons l’occasion d’avoir des propositions, de dire ce que l’on veut pour l’avenir, en plaçant le Parc au centre de la réflexion».
Jacky Roy, service aménagement et développement du territoire - DDAF 38 : «Il faudrait à nouveau se mettre dans les pas des anciens qui ont su s’adapter au territoire avec les moyens de leur époque. Sans être passéiste, il est important de considérer cette démarche d’adaptation aux contraintes, d’en être fier, pour innover à notre tour et lutter contre la banalisation.»
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