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Les patrimoines



Mustélidés... où êtes vous cachés ?

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Hormis l'hermine qui, dans sa virginité hivernale, recueille l'affection des montagnards, les petits carnivores de cette famille ne sont généralement pas très populaires...

Rencontre avec les six espèces encore présentes dans les Écrins.

Méconnus voire méprisés, les mustélidés forment une famille difficile à caractériser. Qu'ont-il en commun ? Un corps allongé, des pattes courtes et des glandes qui peuvent dégager une forte odeur. Ce sont tous des carnivores, plutôt petits mais de tailles variées avec des régimes alimentaires divers et un milieu de vie sans grande spécificité.

Leur discrétion est sans doute leur principale particularité. Elle est liée à leurs mœurs souvent nocturnes. C'est essentiellement pour cette raison que « leur répartition, souvent discontinue, reste mal connue » souligne Sandrine Ruette. Ingénieure de recherche à l'Office national de chasse et de la faune sauvage (ONCFS), elle fait partie de l'équipe chargée d'en savoir un peu plus sur les petits carnivores et l'évolution de leurs effectifs. "Un système de « carnets de bords » a été mis en place pour récolter toutes les observations faites par les agents l'ONCFS . Que ce soit pour des animaux vivants, observés de façon fortuite, ou morts lors de collisions routières, ce sont au moins des indices de présence qui sont ainsi recueillis".

Au fil des années, ces informations cartographiées donnent une tendance de l'évolution des espèces les plus contactées même si on ne peut pas vraiment en déduire leur répartition précise.

"Au Parc national des Écrins, nous enregistrons également ce type d'information dans notre base de données" indique Gilles Farny, chargé du suivi de la faune. C'est ainsi que l'on peut confirmer la présence de six espèces de mustélidés dans les Écrins : le blaireau, la martre, la fouine, l'hermine, la belette et le putois.

Pour certaine espèces spécialistes, on peut relier leur présence à l'évolution de leurs proies : la belette et le campagnol des champs ou l'hermine et le campagnol terrestre. Les observations pourront être plus fréquentes en cas de pullulation de ces rongeurs... et diminuer fortement lorsque les populations de leurs proies s'effondrent. Les autres mustélidés, généralistes voire opportunistes, s'adaptent...

Ce dossier a été publié dans l'Écho des Écrins n°34, le journal du Parc national du printemps 2011 : télécharger icon Lécho des Écrins n°34 (1.62 MB)

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Les illustrations ont été réalisées par Jean Chevallier pour le tome 1 de l'Atlas des vertébrés "Faune sauvage des Alpes et du Dauphiné" co-édité par le Parc national des Écrins et le CRAVE (Centre de recherche alpin sur les vertébrés).

Voir les caractéristiques de l'ouvrage dans la boutique en ligne

Le Blaireau

2011-11-blaireau-J-ChevallierLe blaireau est le plus grand des mustélidés de France. Les mâles, à l'orée de l'hiver, peuvent peser jusqu'à 20 kg. Le maquillage noir et blanc de sa tête le rend facilement reconnaissable, encore faut-il le rencontrer ! Son mode de vie nocturne le rend discret à nos yeux. Il passe une grande partie de sa vie dans des terriers, faits de galeries profondes et complexes, qu'il creuse avec ses griffes. Ses sorties nocturnes sont dévolues à la recherche de nourriture. C'est un opportuniste : il se nourrit d'invertébrés (insectes, vers de terre...), de batraciens, de petits mammifères et de beaucoup de végétaux (fruits, céréales, légumes). Le blaireau peut vivre seul ou en groupe et accepte de partager ses galeries avec des renards ou des lapins. Certains terriers pourraient être habités depuis plusieurs dizaines d'années...

Le blaireau a connu des périodes difficiles notamment lorsque les terriers étaient gazés pour lutter contre la propagation de la rage. Il semble que les populations se soient aujourd'hui reconstituées. En France, il n'est plus classé parmi les espèces nuisibles depuis 1988 mais reste chassable. Dans les Ecrins, on peut l'observer en fond de vallée jusqu'à 1600 m d'altitude bien qu'il ait été observé plus haut et parfois en alpage.

L'hermine et la belette

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Deux espèces assez proches, bien que l'hermine (à gauche) soit 2 à 3 fois plus grande que la belette (à droite) qui est le plus petit des mammifères carnassiers d'Europe.

Toutes deux sont partiellement diurnes et particulièrement vives et agiles. Semblables à des anguilles, elles ondulent en souplesse, explorant leur univers à la recherche de petits rongeurs. La belette a une queue plus courte que l'hermine. Sa (toute) petite taille lui permet de se faufiler dans les passages de moins de 3 cm de diamètre...

En été, leur pelage à toutes deux est fauve dessus - blanc dessous, mais les choses sont bien différentes en hiver... L'hermine change de livrée et devient toute blanche, à l'exception d'un plumeau noir au bout de sa queue, assorti aux 3 boutons noirs formés de ses yeux et de sa truffe. C'est par ce critère qu'elle est facile à différencier de la belette. A noter pourtant, que la belette devient blanche en hiver, uniquement dans le nord de l'Europe. D'où son nom latin Mustela nivalis (neige en latin).

D'autre part, la belette ne fréquente guère les altitudes supérieures à 2 300 m, préférant les milieux boisés. Au contraire, l'hermine n'a pas été observée à moins de 800 m d'altitude, mais jusqu'à 3 222 m, au col de la Temple. Elle affectionne les landes, pierriers et éboulis et n'est pas présente dans les secteurs soumis à l'influence méditerranéenne.

Ces deux espèces sont classées parmi les gibiers que l'on peut chasser... mais ne le sont que très rarement. La belette fait également partie des espèces susceptibles d'être classées nuisibles.

La martre et la fouine

Ces deux espèces sont difficiles à différencier tant elles se ressemblent. Même mode de vie nocturne, même type d'alimentation, morphologies proches.

2011-11-fouineLa fouine (ci-contre à gauche) vit cependant le plus souvent à proximité des villages et s'attaque plus fréquemment aux poulaillers. C'est pour cette prédation domestique et pour les dégâts qu'elle peut causer notamment dans l'isolation des maisons qu'elle est classée nuisible dans certains départements dont les Hautes-Alpes (à moins de 250 m des habitations) et l'Isère (totalité du département).

Bien que carnivores, martre et fouine adaptent leur régime alimentaire aux disponibilités du moment. En été et en automne, leurs crottes pleines de graines et de restes d'insectes laissées au beau milieu des sentiers trahissent leur goût pour les fruits sauvages et les insectes. L'hiver, le poil des rongeurs consommés en grand nombre les remplace.

Toutes deux sont fines et allongées, couvertes de pelage brun, plus clair sur la tête. La différenciation entre les deux espèces se fait sur la forme et la couleur du plastron, celui de la fouine descend sur les pattes avant alors que la bavette se temine en pointe au milieu du poitrail chez la martre et présente en général une couleur orangée.

2011-11-martreLa robe de la martre (à droite), d'aspect soyeux et dense, est brun chocolat, celle de la fouine d'un brun grisâtre ; le dessous des pattes de la martre est couvert de poils, contrairement à celui de la fouine... Ce dernier caractère est bien difficile à voir lors d'une observation furtive.

Par ailleurs, la martre est plutôt forestière alors que la fouine fréquente volontiers les vergers, les parcs et jardins, les villages et même les villes.

Le putois

2011-11-putoisEn voilà un qui a bien mauvaise réputation... Ce mustélidé voisin du vison d'Europe (de 0,5 à 1,5 kg), surnommé « puant », la doit aux glandes qu'il possède sous la queue qui libère une odeur désagréable en cas de douleur ou de peur intense, notamment lorsqu'il est capturé. Son pelage brun roux est plus foncé sur les pattes et la queue. Sa tête arrondie porte un masque noir et blanc contrasté.

Originaire des steppes, il vit dans les milieux ouverts, les cultures et les prés bordés de haies, non loin de l'eau : rivières, marais, étangs,... C'est un excellent nageur. Le putois est un carnivore costaud qui s'attaque aux lapins, aux rats noirs, aux surmulots et aux rats musqués. C'est également un mangeur de grenouilles, de fruits, d'oeufs et d'oiseaux.

Ses effectifs semblent en baisse, notamment du fait de la destruction des zones humides.

Cet animal nocturne et très discret, peu abondant dans la région, a été observé sur les rives du Drac et de la Durance, et n'a que très rarement été vu à plus de 1000 m d'altitude.

Le furet, version domestique du putois, était déjà un animal de compagnie dans la Grèce antique (bien avant le chat !). On l'élevait aussi pour la chasse au lapin. Bien qu'incapable de retrouver son chemin tout seul à l'extérieur, il conserve les caractères d'un animal sauvage et reste difficile à éduquer.

Et la loutre... reviendra t-elle ?

2011-11-loutreCorps fuselé, souple et musclé, poil hydrofuge, oreilles courtes, pattes palmées... L'adaptation de la loutre à la vie aquatique est idéale. Ce prédateur nocturne et discret ne trahit souvent sa présence qu'à travers quelques indices de repas ou de passage. La loutre pèse de 6 à 12 kg, est couverte d'une fourrure isolante à double épaisseur, brune sur le dos, blanche sous la gorge et grise sous le ventre.

Elle se plait dans toutes sortes de milieux aquatiques : rivières, lacs, marais, bords de mer... Cette championne de plongée peut obturer ses oreilles et ses narines sous l'eau. Sa nourriture favorite, le poisson, fut la raison de sa destruction. Le « loutrier », métier aujourd'hui disparu, se chargeait de la besogne. Au début du 20e siècle, une prime fort attractive fut même accordée à qui rapportait des peaux de loutres aux autorités.

Autrefois très commune partout, elle subsiste dans la partie Ouest de la France et tend à reconquérir ses anciens territoires, remontant les cours d'eau. Elle a été capturée en 1950 dans le Valgaudemar, jusque dans les années 1940 dans le Guillestrois, et encore observée avant l'édification du barrage de Serre-Ponçon. Elle est totalement protégée depuis 1981.

De fait, mais aussi grâce à l'interdiction du PCB, elle a fait son retour dans certaines parties de l'arc alpin. En France, le plan national d'actions pour la loutre 2011-2014 vise à améliorer sa conservation. "La dynamique de population est plutôt positive" résume Sandrine Ruette (ONCFS). "Elle est présente dans l'Isère et l'Ain mais elle n'a jamais été très abondante en montagne en raison de l'altitude. Son retour dans les Écrins n'est pas impossible, on ne sait jamais, mais ce sera sans doute limité".

 

La forêt, réserve de biodiversité

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Les forêts du Parc national des Écrins constituent des paysages, avec de multiples diversités biologiques : types de forêts, flore, faune... Le maintien de cette biodiversité passe par une gestion raisonnée, appropriée et suivie.

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Les forêts du Parc national des Écrins sont au carrefour d'influences climatiques et altitudinales qui déterminent cinq sous-ensembles distincts dans le massif.

Les espaces boisés recouvrent plus de 51 000 ha soit environ 19% du territoire du Parc national des Écrins, situés à 90 % dans l'aire d'adhésion.

Pour autant, l'espace "forestier" des Écrins, en terme de statut foncier, est beaucoup plus important : plus de 90 600 ha qui ne sont pas toujours couverts d'arbres !

Cliquer sur l'image à droite pour l'agrandir

 

 

 

Des « paysages » forestiers très divers...

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La hêtraie-sapinière-pessière du Valbonnais correspond à la « classique » forêt montagnarde mêlée d'épicéas, de sapins et de hêtres.

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La hêtraie sapinière du Champsaur et du Valgaudemar se complète par du mélézin tout en incluant des milieux ouverts : petits bocages, landes, villages.

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Les mélézins de l'Embrunais et de la Vallouise comprennent aussi de vastes pinèdes sylvestres, en adret. On y trouve des prairies de fauche, et quelques hêtraies.

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La hêtraie sapinière de Boscodon est spécifique, issue de sa gestion passée par les moines de Boscodon.

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Les boisements des ripisylves (aulnaies, frênaies,...) sont des formations linéaires étalées le long de cours d'eau, sur une largeur de 25 à 30 mètres, ou moins.

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Le bocage du Champsaur-Valgaudemar : ses boisements linéaires sont liés aux pratiques agricoles. Les haies bocagères, d'une largeur de 2 à 10 mètres et de densité variable selon l'historique des remembrements de l'après-guerre, sont composées de feuillus très divers. Parmi les bocages de montagne en Europe, sa valeur paysagère hautement patrimoniale réside principalement par son étendue, son état de conservation et sa diversité faunistique et floristique.

... qui traduisent une faune et une flore remarquables

Côté faune, plus de 350 espèces sont recensées dans l'ensemble du territoire du parc, dont près de la moitié sont rares ou vulnérables.

Dans les milieux forestiers, on dénombre 34 espèces patrimoniales. On peut citer notamment trois espèces de chauves-souris qui y trouvent le gîte et le couvert : la barbastelle, l'oreillard montagnard et le noctule de Leisler.

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Barbastelle, chouette de Tengmalm, muscardin

Sans exhaustivité chez les oiseaux, on pense au pic noir ou encore au circaète Jean-le-Blanc qui niche dans les arbres. Deux chouettes forestières méritent d'être mentionnées : la chevêchette d'Europe et la chouette de Tengmaln. Le muscardin est un rongeur spécifique de la forêt. Chez les reptiles, la couleuvre d'esculape, très rare dans les Écrins, se faufile dans des arbustes.

Plus discrets encore, les insectes se cachent dans les moindres recoins, exploitent chaque espace, utilisent la diversité des habitats qu'offre le milieu forestier, du sol à la canopée.

Parmi les insectes les plus caractéristiques et/ou d'intérêt patrimonial de la forêt des Écrins, on peut citer :

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Isabelle, Rosalie des Alpes, Grand Capricorne

- Dans les forêts sèches d'adret : L'isabelle, papillon protégé au niveau national et sur la liste rouge.

- Dans les forêts fraîches d'ubac : La Rosalie des Alpes, principalement dans les forêts de hêtres inférieur à 1500 mètres

- Dans les lisières et les clairières : Le grand capricorne, amateur de forêt de vieux chêne sénescents.

2011-09-tordeuseLes cycles de la tordeuse du mélèze...

Périodiquement, suivant une fréquence de 8 à 10 ans, la forêt jaunit, comme si elle dépérissait, victime d'une maladie. La cause en est la prolifération d'un minuscule papillon défoliant : la tordeuse du mélèze.

La forêt semble alors prise dans un vaste filet tissé par les chenilles. Le printemps suivant verra renaître de nouvelles aiguilles plus dures, plus résistantes qu'à l'ordinaire et le jaunissement peu esthétique et inquiétant de l'été précédent ne sera plus qu'un mauvais souvenir.


Il a été dénombré pas moins de 1800 espèces végétales dont 168 ont un intérêt patrimonial au sein du Parc national. Nous retrouvons 30 espèces dite « patrimoniales » en forêt.

Parmi les espèces patrimoniales de la flore des milieux forestiers des Écrins, on peut citer :

• Le Sabot de Venus qui a besoin de trouées pour se développer. Il se rencontre à mi-ombre dans les hêtraies et les hêtraies-sapinières.

• Le prunier de Briançon est l'une des plantes originales du Briançonnais et du Queyras.

• La Buxbaumie verte pousse dans les sapinières fraîches, sur des bois humides au pourrissement déjà bien avancé.

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Sabot de Vénus, Prunier de Briançon, Buxbaumie verte

• Le Genévrier thurifère est très présent sur certaines pentes ensoleillées.

La forêt en chiffres

2011-09-graph-rpartLes espaces boisés recouvrent 51366 ha, soit 19% du territoire du Parc national des Écrins, situés à 90% dans l'aire d'adhésion.

Les forêts publiques (communales et domaniales) sont gérées par l'ONF (Office national des forêts) et relèvent du régime forestier.

La forêt privée est très morcelée et représente des petites parcelles.

Par exemple, à Mont de Lans (38), on trouve 265 ha de forêt privée pour 364 propriétaires, soit une surface moyenne de 0,73 ha par propriétaire.

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Les résineux sont les plus nombreux :

Le relief alpin favorise le morcellement et une mosaïque de milieux naturels.

Globalement, les boisements sont composés pour moitié de conifères (50%), de feuillus (23%)  et de boisements mixtes (27%).

Cette représentation des essences est très hétérogène, du fait des influences climatiques et de l'altitude.

Dans le Briançonnais, un arbre sur deux est un mélèze. Dans le Valbonnais, trois arbres sur quatre sont des hêtres ou des sapins.

Les principales essences forestières :

Dans les Écrins, on recense une soixantaine d'espèces d'arbres et plus de 80 arbustes. Les essences prédominantes sont :

• Le mélèze d'Europe, Larix decidua. C'est l'arbre emblématique des Hautes-Alpes

• Le pin a crochet, Pinus uncinata, parfois en mélange avec le mélèze en petites « taches ». C'est le garde-manger du Tétras lyre en hiver

• Le pin sylvestre, Pinus sylvestris. C'est l'arbre de la recolonisation « naturelle » des zones de moyenne montagne

• Le pin cembro, Pinus cembra. L'arbre isolé, souvent solitaire dans la zone dite « de combat »

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Mélèze, pin cembro, pin sylvestre

• Le pin noir d'Autriche, Pinus nigra, est l'arbre de reboisement RTM (Restauration des Terrains de Montagne)

• Le sapin, Abies alba est le principal concurrent du mélèze en zones fraîches

• L'épicéa, Picea abies, est surtout présent au Nord du massif (Isère)

• Le hêtre, Fagus sylvatica. En mélange avec le sapin et l'épicéa. On trouve differentes formes de hetraies-sapinieres (patrimoine de Boscodon et du Valbonnais)

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Sapin, épicéa, hêtre

• Le chêne pubescent, Quercus pubescens. Il est situé en limite d'aire du Parc.

couvArbres_170Pour en savoir plus, voir le livre Arbres et arbustes de montagne, réalisé par le Parc national des Écrins

Ce guide de terrain présente tous les arbres et arbustes de montagne, sans oublier les arbrisseaux et les lianes, soit 230 espèces ligneuses, classées selon leur milieu naturel de prédilection.

Elaboré de manière à vous faire découvrir de façon simple et ludique ces végétaux passionnants, cet ouvrage original est le compagnon indispensable de vos balades en montagne.

 

Une gestion adaptée et suivie

2011-09-cycle-forestierEn terme forestier, il est important de préserver la diversité des essences et des structures forestières. Le maintien de la ripisylve (aulnaies, frênaie) et la régénération naturelle sont également recherchés.

Dans une forêt aménagée pour produire, le cycle naturel est généralement incomplet. Ainsi, on passe souvent de la phase optimale (adulte) à celle de la régénération. Les deux dernières phases d'effondrement et de vieillissement sont souvent raccourcies ou inexistantes pour des raisons économiques ou de sécurité.

Pourtant, elles assurent une bonne reprise de la régénération naturelle, permettant d'obtenir des peuplements en bonne santé, résistant en cas d'attaque d'insectes ou de catastrophes météorologiques.

Des traitements sylvicoles appropriés :

Pour préserver la diversité des essences et des âges de la forêt

En raison du rôle protecteur et paysager des forêts mais aussi de la sensibilité des sols à l'érosion, ce sont les traitements en la Futaie Jardinée (les arbres sont de classes d'ages différentes et celles-ci sont toutes représentées) ou la Futaie Irrégulière (les arbres sont de classes d'ages différentes) qui sont préconisés dans le Parc national des Écrins.

En privilégiant cette approche plus centrée sur l'individu que sur une logique de peuplement, la pérennité des boisements et sa biodiversité associée semblent mieux assurées.

D'autres actions de sylviculture "classiques" permettent aussi de préserver la biodiversité : garder les essences forestières communes (érable, tilleul, frêne, merisier...), laisser les rémanents d'exploitation au sol pour sa fertilisation, ne pas couper les arbres dépérissants s'ils ne menacent pas la sécurité (l'idéal est de conserver 2 à 3 arbres à l'hectare).

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Des outils européens existent pour soutenir ou maintenir ces phases d'effondrement et de vieillissement. Certaines mesures prévues par le disposif Natura 2000 y contribuent. C'est le paradoxe de la forêt : plus il y a de bois mort, plus elle est vivante !

Pour conserver les forêts de transition (haies, ripisylves,...) dans le but de maintenir les continuums forestiers, lieu de circulation de la faune.

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Dans les espaces agricoles, le bocage encore bien conservé procure une continuité écologique entre les boisements de vallée et ceux de la montagne. Les contraintes de l'agriculture actuelle rendent plus difficile un entretien régulier et manuel. Des outils mécanisés et mutualisés comme le lamier peuvent être une solution.

Les forêts riveraines (aulnes, frênes et saules) constituent des corridors fondamentaux pour la circulation de la faune dans ce massif de montagne aux multiples barrières naturelles.

Pour le maintien des sols grâce au système racinaire des végétaux et au couvert

2011-09-rtmLes territoires de montagne sont le siège de phénomènes naturels multiples : mouvements de terrain, crues torrentielles, avalanches. Si cette érosion est inévitable sur le long terme, la protection des personnes et des biens demande qu'elle soit partiellement maîtrisée.

L'érosion naturelle des terrains en friche est accentuée par les fortes précipitations du climat

méditerranéen (printemps et automne). La protection des sols contre l'érosion doit être toujours à l'esprit du gestionnaire lors des

différents travaux rythmant la vie en forêt.

La restauration des terrains de montagne (RTM, service de l'ONF) favorise la préservation des milieux et des paysages de la montagne forestière par la mise en place d'ouvrages de protection et des reboisements.

Cet article constitue le premier volet d'un dossier plus complet consacré aux forêts des Écrins.
Lire aussi : Forêts des Écrins : des équilibres à trouver
Pour assurer toutes les fonctions que l'on attend d'elle, la forêt mérite toutes les attentions. La préservation des paysages forestiers et de la biodiversité doit s'accorder avec des choix d'exploitation du bois qui garantissent la pérennité d'une forêt de montagne qui accueille également des visiteurs.

La forêt, enjeux socio-économiques et paysagers - octobre 2011
Chartes forestières, plans d'aménagement, schémas de desserte, plans simples de gestion... Différents outils sont développés par les gestionnaires des forêts (ONF, collectivités, CRPF...). Le Parc national y apporte sa contribution dans ses domaines de compétence. Les enjeux et exigences de la gestion de la forêt sont parfois difficiles à atteindre en raison des contraintes géographiques du massif des Écrins.

Forêts de découverte - novembre 2011
La forêt est un lieu privilégié de promenade et de loisirs : dans ce dernier volet de notre dossier sur les forêts des Écrins, vous trouverez quelques itinéraires à découvrir dans les différents secteurs du Parc national.

Pour en savoir plus :

Voir aussi les articles : Les richesses du bois mortjuin 2010

Des gîtes pour les chauves-souris - Novembre 2010

Pour en savoir plus sur la biodiversité, un cycle de conférence dans le cadre de l'année internationale des forêts, à la tour Brune dans l'Embrunais : voir le programme

Un rendez-vous à noter, une journée d'animations "forêt, bois, patrimoine", samedi 15 octobre 2011 à l'abbaye de Boscodon dans l'Embrunais.

Télécharger : Le document Natura 2000 en Valbonnais : icon 2010-11-Laisser vieillir les arbres (1.66 MB)

 

Chauves-souris : souriez, vous êtes filmées

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A Bourg d'Oisans, une colonie de murins de grande taille séjourne dans le grenier d'un bâtiment communal, où elle se reproduit. Depuis le printemps 2009, grâce à un contrat Natura 2000, un système de vidéo surveillance installé dans les combles peut être piloté à distance via une interface web.

Le grand murin (Myotis myotis) et le petit murin (Myotis blythi) sont deux des 7 espèces de chauves-souris inscrites à l'annexe II de la Directive Habitats fréquentant le territoire du parc national des Écrins.

Le grand murin forme souvent avec le petit murin, dont il se différencie difficilement, des colonies mixtes : on parle alors de colonies de murins de grande taille.
Au printemps, ces colonies de parturition peuvent regrouper dans les gîtes de mise bas (combles, grenier,...) plusieurs centaines de femelles gestantes, accompagnées des femelles d'un an dont seule une petite partie est apte à se reproduire.

La colonie de murins de grande taille de Bourg-d'Oisans, l'une des rares colonies de reproduction connues en Isère, séjourne dans le grenier d'un bâtiment communal.

Une surveillance par vidéo

Depuis le printemps 2009 grâce à un contrat Natura 2000, un système de vidéo surveillance installé dans les combles peut être piloté à distance via une interface web.

La lumière infrarouge couplée à la vidéo permet une grande qualité d'observation des chauves-souris et offre la possibilité d'observations non dérangeantes par le plus grand nombre. La première année, le Groupe chiroptères de Provence (GCP) a prêté son matériel, assuré sa mise en place, l'enregistrement des séquences vidéo et la réalisation d'une étude sur l'utilisation des combles en fonction de la température. Au printemps 2010, le Parc a fait l'acquisition de son propre matériel de vidéo surveillance pour optimiser une installation fixe sur plusieurs années.

Pour voir des extraits des vidéos : La vie secrète des chauves-souris

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Une retransmission en direct à la Maison du Parc de Bourg-d'Oisans, permet d'assurer des animations auprès des publics locaux comme des visiteurs. Il est également projeté de réaliser et diffuser un montage synthétique de certains moments clés de la vie de la colonie (mise bas, allaitement divers contacts sociaux).

"Get the Flash Player" "to see this gallery."

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Radiopistage : faut les suivre !

Pour connaître l'utilisation de l'espace (écosystèmes et habitats visités, parcours de chasse,...) par la colonie à des étapes clés de la reproduction, c'est le radiopistage qui a été utilisé, en partenariat avec le CORA Faune Sauvage. Il s'agissait de recueillir des informations permettant d'identifier les principaux territoires de chasse utilisés par les femelles après les mises bas, d'appréhender leurs caractéristiques pour une meilleure préservation de ces espèces.

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Début juin 2009 et début juillet 2010, des femelles de grands murins ont été capturées et équipées d'émetteurs.

Malgré le fait que le grand murin soit une espèce au vol rapide et connue pour faire des déplacements importants (plus grande distance de vol relevée pour une aire de chasse d'une femelle de grand murin : 25 km - Arlettaz et al 1999), le radiopistage s'est déroulé dans d'excellentes conditions et a permis d'obtenir des résultats extrêmement pertinents :

Ainsi, certaines femelles ont rejoint chaque nuit des territoires de chasse distants de plus de 30 km. De plus, elle ont utilisé un réseau de gîtes transitoires à des distances très variables de la colonie, notamment lors d'épisodes froids et pluvieux.

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Une 3ème semaine de télémétrie est envisagée en août 2011.

L'ensemble des résultats récoltés à l'issue des trois années de ce projet (réseau de gîtes, distances parcourues entre gîte et zones de chasse, caractéristiques des territoires de chasse selon la saison, vitesse et route de vol, rythmes d'activité, etc.) fera l'objet d'une étude détaillée.

 

Le retour des vautours

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Avec le printemps, le gypaète observé en Vallouise cet hiver semble avoir rejoint l'Embrunais. Il séjourne à Réallon depuis quelques temps. Comme dans la vallée de l'Onde, il est souvent en conflit avec les aigles, très territoriaux à cette période, ce qui donne lieu à de belles joutes acrobatiques.

Depuis septembre 2009, un gypaète adulte avait élu domicile dans la vallée de Vallouise. Début février, un jeune l'avait rejoint, facilement reconnaissable à sa tête noire. Ils volaient avec les aigles et allaient casser des os sur d'inaccessibles rochers.

Depuis quelques temps, le gypaète adulte semble avoir rejoint l'Embrunais et séjourne du côté de Réallon...

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2010-04-gypa-lautaretDans le Briançonnais, la situation pathétique de la mortalité des bouquetins et leurs nombreux cadavres attirent les gypaètes.
Un juvénile a été noté plusieurs fois. Le  17 avril, un oiseau de 4 ans a été identifié comme étant Zufall, né et relâché en 2006 dans le Stelvio (Alpes centrales).

Toutes vos observations sont les bienvenues. Merci de les transmettre aux secteurs du Parc national des Écrins, en contactant les Maisons du Parc.

 

Pour en savoir plus, notre dossier sur le retour des vautours, publié le 26 février 2010 :

A venir régulièrement explorer la Vallouise, un gypaète trouvera t-il un gîte pour se sédentariser et se reproduire dans la vallée ?
Une question mêlée d'espoir pour les agents du Parc national des Écrins qui veillent sur les deux oiseaux qui séjournent actuellement dans leur secteur.

"La population de chamois est importante dans le secteur et quelques-uns ne survivent pas à la rigueur de cet hiver, ce qui fait l'aubaine de nos rapaces" soulignent Blandine Delenatte et Jean-Philippe Telmon, gardes-moniteurs dans le secteurs de Vallouise.
Ils ont réalisé les images et les deux vidéos qu'ils partagent ici avec vous.

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Gypaète barbu et aigle royal - Vidéo Parc national des Écrins - Blandine Delenatte et Jean-Philippe Telmon

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Gypaète barbu - Vidéo Parc national des Écrins - Blandine Delenatte et Jean-Philippe Telmon

 

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L'adulte que l'on voit sur les images a plus de 7 ans : "on le voit à son corps élancé, au contraste noir/gris des ailes, à sa tête claire, à son corps clair plus ou moins orangé. Ce jour là, le dessous de la tête était très rouge car il venait de s'alimenter" précise Blandine. "L'orangé vient d'une habitude de l'oiseau qui s'asperge d'eau boueuse."

Le jeune est un "troisième année", immature : "on le voit à sa tête noire mais aussi au bord de fuite des ailes en râteau (irrégulier). Les deux tâches blanches au niveau des poignets en témoignent aussi."

 

En 2007, un gypaète était resté une dizaine de jours dans la vallée.

De novembre 2008 au printemps 2009, un gypaète adulte était également présent... "L'adulte qui est là cette année ressemble furieusement à celui de l'année dernière" commente Thierry Maillet, chef du secteur de Vallouise. Un gypaète a également été observé du côté de Freissinières en avril 2009, et c'est la deuxième fois en deux ans qu'un jeune à tête noire est observé dans la vallée.

"Le tête noire est trop jeune pour se reproduire. L'espoir serait plutôt que cette "concentration" de gypaètes attire un autre adulte qui, lui, pourra former un couple et se reproduire avec celui qui est déjà là. La formation de couple avec un subadulte existe mais, me semble t-il, pas avec un individu aussi jeune que celui qui est ici" ajoute encore Thierry Maillet


2010-02-gypaigle-vig Lire aussi l'article Querelle aérienne à Puy-Aillaud

 

Le retour des vautours

Depuis plus d'un siècle, ils avaient disparu de nos montagnes. Les tirs, les empoisonnements de cadavres destinés à tuer des prédateurs, la régression des populations d'ongulés... expliquent en partie leur extinction.

Leur retour est lié exclusivement à des programmes de réintroduction... qui ont réussi. Ces grands rapaces ne sont pas des prédateurs d'animaux vivants mais des charognards qui se nourrissent quasi exclusivement d'animaux morts, sauvages ou domestiques. Avec leur envergure de presque trois mètres, ils sont d'incomparables voiliers.

De par leur alimentation nécrophage, ils sont d'une grande efficacité "sanitaire" en débarrassant la nature des cadavres.

2010-02-vautour-fauveLe vautour fauve niche dans les parois rocheuses et vit en colonie. Son comportement social est très développé. Lorsque l'un d'eux repère une carcasse, il s'en approche, indiquant par là même aux autres vautours la présence de nourriture. Ainsi, en quelques minutes, la colonie complète est prête à commencer la curée. Après leur passage, seuls resteront les os et la peau. Les vautours pourront alors jeûner plusieurs jours consécutifs.

Après l'apparition sur le massif des Ecrins des premiers vautours fauves en 2005, les années qui ont suivi ont confirmé une estive régulière entre la mi-juin et la mi-octobre qui concerne plusieurs dizaines d'oiseaux.
On estime à plus ou moins 150 individus la population estivant actuellement sur le massif. Les déplacements pendant la période de présence des oiseaux semblent étroitement liés à la disponibilité alimentaire.

Selon les observations actuelles, les grands traits du comportement de ces estivants dans les Alpes semblent se répéter avec une régularité étonnante : arrivée des premiers oiseaux à partir de mi juin (coïncidant avec la date de montée des troupeaux en alpage), dortoirs dans des parois ou sur les crêtes, mouvements quotidiens des dortoirs vers les curées, départ en octobre, avec les troupeaux.

En 2009, les vautours ont été signalés sur 83 communes (24 en Isère, 58 dans les Hautes-Alpes et sur une commune de la Drôme dépendant de cette zone de collecte des informations) : 355 observations sont enregistrées.

Lire le bilan 2009 des observations de vautours fauves dans les Écrins :
icon Vautour fauve : bilan 2009 dans les Écrins (2.26 MB)

 

2010-02-vautour-moineLe vautour moine niche dans les arbres. Il est solitaire et vit en groupe lâche. Il se nourrit des parties dures (tendons, cartilage...) des cadavres d'ongulés et de petites proies mortes.

Près d'une quarantaine d'observations de vautour moine a été relevées au cours de l'année 2009 dans les Écrins. Elles sont concentrées sur la façade ouest du massif, plus particulièrement en Oisans et Valbonnais. Plusieurs individus ont pu être identifiés grâce à leurs bagues ou à la décoloration de leurs plumes.

Lire le bilan 2009 des observations de vautours fauves dans les Écrins :
icon Vautour moine : bilan 2009 dans les Écrins (1.5 MB)

 

2010-02-gypa-ficheLe gypaète barbu vit généralement en couple sur un territoire. Il est appelé également le "casseur d'os" du fait de son régime alimentaire qui le conduit à arriver après la curée des vautours pour se contenter d'ingurgiter ce qu'ils ont laissé : les os.

Il fait des incursions régulières dans les Écrins sans réels prémices d'installation... Autant dire que la présence continue d'un gypaète adulte en Vallouise depuis quelques mois est suivie de très près.

 

Les pérégrinations des bouquetins réintroduits dans le Champsaur

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5000 observations en quinze ans : les cartes que nous vous présentons sont le fruit de cette surveillance des bouquetins de la colonie Vieux Chaillol - Sirac dans le Parc national des Écrins. Depuis leur réintroduction, ils ont exploré tout le sud du massif, avec des habitudes différentes selon les saisons.

Depuis la réintroduction des bouquetins dans le Champsaur, quelque 5 000 observations ont été réalisées par les gardes-moniteurs du Parc, mais aussi par tous les utilisateurs de la montagne naturalistes, randonneurs, accompagnateurs, bergers, chasseurs, gardiens de refuges et bien d'autres.

Sur les cartes présentées nous avons enlevé les observations des bouquetins qui, dès la première année, sont allés dans le Nord du massif, dans le Briançonnais (vers col du Lautaret) puis sont revenus vers le Champsaur. De même que celles d'un mâle (Petit Tambour) qui a rejoint immédiatement la colonie du Valbonnais-Oisans à l'Ouest du massif.

2010-02-ibex-compt-b-nico 2010-02-ibex-fiche-obs

 

L'évolution et la "dispersion" de la colonie de 1994 à 2008

Les cartes annuelles de 1994 à 2008 sont la compilation des observations au cours de chaque année.
Pendant les cinq premières années, les bouquetins ont exploré le massif vers le Nord-Est en suivant les grands versants Vieux Chaillol, Sirac, les Bans de 1999 à 2004.
Le Cirque du Gioberney est investi, tout comme la conquête vers l'Ouest du Vieux Chaillol. Ponctuellement des observations sont faites au Sud du massif dans l'Embrunais.
Ces dernières années, le versant adret du Valgaudemar, les Rouies, l'Ubac commencent à être explorés. Vers l'Ouest, une avancée est faite vers le Petit Chaillol.
Vers le Sud et l'Est, les observations se poursuivent ponctuellement.

Les animaux de cette colonie ont exploré tout le sud du massif et, bientôt, la connexion sera faite avec la colonie de bouquetins Valbonnais-Oisans par la vallée du Valgaudemar.

2010-01-bouquetins-01a

Télécharger le document : icon Bouquetins du Champsaur : carte des observations de 1994 à 2008 (3.7 MB)

 

Une année d'observations de la colonie

Cette autre série de cartes mentionne la présence des bouquetins au fil des saisons qui rythment la vie de la colonie, mois après mois depuis 1994.

2010-01-bouquetins-02a

Télécharger le document : icon Bouquetins du Champsaur : carte des observations mensuelles (3.91 MB)

L'année des bouquetins est rythmée par les quatre saisons :

2010-02-ibex-rutL'hiver (décembre, janvier, février).
L'époque du rut en décembre et janvier rassemble mâles et femelles principalement sur les versants rocheux et falaises Sud du massif.
Les quatre grandes zones d'hivernage sont : le cirque du Gioberney, le vallon du Sellon, la vallée du Drac Blanc et vallon du cirque de Pinier.

Le printemps (mars, avril, mai).
L'herbe nouvelle amène les bouquetins sur les alpages en dessous de 2 200 m et les zones basses des vallées, proche des zones d'hivernage. Déjà, des déplacements se produisent vers les zones d'estives.

L'été (juin, juillet, août).
Les mâles forment des groupes que nous trouvons en altitude, c'est l'époque d'exploration du massif.
Pour les étagnes, c'est le moment des mises bas dans les vires herbeuses et rocheuses du massif.
Les mises bas ont principalement lieu en juin, exceptionnellement en mai (2 en 15 ans).
Cinq zones majeures de mises bas se dégagent en partant du noyau primaire de Mourre la mine : Parières, Chanteloube, Gioberney, Pian.

L'automne (septembre, octobre, novembre).
Saison d'exploration pour les jeunes et retour vers les zones d'hivernage et de rut pour les mâles et femelles.

Consulter les dernières nouvelles de la colonie

L'histoire d'une reconquête

À la fin XIXème siècle, le bouquetin des Alpes est sauvé in extremis de disparition. Depuis le massif du Grand Paradis en Italie, la reconquête commence là où les hommes le laisse vivre.

L'homme prend conscience de sa responsabilité quant à la disparition de certaines espèces. Parfois, il s'emploie à les restaurer.
La première réintroduction a lieu en Suisse en 1906. En France, elle a lieu en 1959 dans les Hautes-Alpes. C'est la colonie des Cerces (Briançonnais) qui compte environ 400 individus.

2010-02-ibex-lacherLes réintroductions vont se succéder dans la deuxième moitié du XXème siècle.
Dans le Parc national des Écrins, il y a eu trois réintroductions :
1) 1977 dans l'Embrunais ( échec )
2) 1989 dans le Valbonnais. Actuellement, la colonie compte plus de 100 individus
présents aussi en Oisans
3) 1994-1995. Installation de la 22ème colonie de bouquetins des Alpes dans le Sud-Ouest du massif des Écrins. Des 30 pionniers, la population est actuellement estimée à 330 individus en ce début d'été 2009.

L'espèce est maintenant installée sur les vallées du Champsaur, Valgaudemar, Vallouise et Embrunais.

2010-graph-evol-ibex-champs

Le graphique ci-dessus présente l'évolution des effectifs de la population au cours du temps, d'après les comptages hivernaux, les prospections estivales et l'effectif cumulé maximum.
Ce dernier chiffre cumule le nombre de bouquetins réintroduits toujours vivants, le nombre de naissances comptabilisées depuis la création de la colonie, moins le nombre d'individus retrouvés morts.
L'effectif réel de la colonie se situe donc quelque part entre les courbes des comptages et celle de l'effectif cumulé, c'est-à-dire entre 200 et 350 animaux.

La France compte plus de 8700 bouquetins répartis sur les départements de Haute Savoie, Savoie, Isère, Drôme, Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence et Alpes-Maritimes. En 1960, ils n'étaient que quelques dizaines dans le massif de la Vanoise.
En Europe, l'espèce est présente également en Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Slovénie. Soit environ 30 000 bouquetins.

C'est en hiver que les mâles et femelles (étagnes) se retrouvent et se rassemblent pour le rut annuel qui assurera la pérennité de l'espèce. Les barres et les vires escarpées accueillent pour cette période les hardes. Le reste de l'hiver sera temps d'économie d'énergie et de déplacements. Seulement assurer la ration quotidienne d'herbe sèche et ne pas s'exposer aux avalanches.

Au printemps, c'est l'allégresse, les hardes de mâles se recomposent dans le bas des alpages et joutent pour s'assurer un rang social. Les hardes d'étagnes et de jeunes profitent eux aussi de cette herbe nouvelle.

2009-07-bouquetins1En juin, les étagnes gestantes se retirent dans des vires secrètes pour mettre bas un cabri. Au cours de l'été, nous les verrons regroupées en nurseries dans les hauts versants de nos montagnes. Cette saison est favorable pour prospecter le massif en quête de nouveaux territoires.

Les premières neiges d'automne ramènent lentement "les boucs des pierres" vers les zones d'hivernage, généralement les grands versants rocheux exposés au Sud.

Carte d'identité

Nom scientifique : Capra ibex ibex
Aspect général : le mâle adulte (bouc) pèse de 75 à 110 kg pour une hauteur au garrot de 80 cm, porte de grandes cornes striées mesurant jusqu'à 90 cm de long.
La femelle (étagne) se distingue par sa taille plus petite, ses cornes plus courtes, environ 28 cm. Elle met bas un cabri tous les un à deux ans.
Statut : espèce protégée sur tout le territoire français
Longévité : 15 - 20 ans
Famille : bovidés

Consultez les archives des Nouvelles bouquetins

 

Évolutions climatiques : des suivis dans les Écrins

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2009-11-suivi-climat

Quelle est la contribution du Parc national des Écrins à l'étude et au suivi des processus liés aux changements climatiques ?

De par ses missions et ses travaux d'observations à long terme, il contribue à la veille écologique de nombreux écosystèmes. Au sein de nombreux réseaux, en partenariat avec des équipes de recherche, le Parc national participe à une meilleure compréhension des évolutions en cours.

LE PARC NATIONAL, LIEU D'OBSERVATIONS À LONG TERME

2009-11-station-lauvitelLe Parc national des Écrins participe au suivi du changement climatique en déployant un réseau d'observations. Les mesures physiques constituent le premier axe de travail, qu'elles soient réalisées par des appareils automatiques ou par les agents du Parc national.

La station météorologique du Lauvitel, en place depuis juin 2002, complète le réseau national en apportant des données d'altitude. La station du Casset, sous le col du Lautaret, enregistre quant à elle des données sur les propriétés de l'air.

Le suivi des glaciers reste l'élément le plus démonstratif de l'évolution des climats.
Le Parc national effectue un premier protocole de mesure du recul des fronts et un second protocole permet de calculer la perte de masse glaciaire.

2009-11-montage-glacier-blancLa mesure des fronts est le plus vieux protocole de suivi des glaciers. Réalisée d'abord au décamètre, la mesure de la distance du front depuis un point fixe est aujourd'hui enregistrée à l'aide d'un télémètre laser. Ce suivi est réalisé encore actuellement pour cinq glaciers dans les Écrins : glacier Blanc, glacier Noir, glacier de la Selle, glacier du Sélé et, le doyen en la matière, le glacier de la Pilatte. Pour ce dernier, en effet, les premières mesures de front furent décidées par le service RTM en 1920 !

Depuis 1986, le front du glacier Blanc a reculé de 510 mètres, soit 22 mètres de moyenne par an. Pour l'ensemble du massif des Écrins, de simples mesures de distance permettent d'estimer que la superficie des glaciers est passée de 100 km2 en 1986 à 84 km2 aujourd'hui.

À lui seul, le recul des fronts ne constitue pas un véritable indice de perte glaciaire. D'autres mesures sont nécessaires pour calculer la perte de masse glaciaire.

Ce protocole dit de "bilan de masse" est plus complexe. Il est appliqué sur le glacier Blanc, sur le glacier de Laurichard et  sur le glacier Noir. Le glacier de Sarennes, qui a aujourd'hui quasiment disparu, est l'un des premiers glaciers des Alpes dont les bilans de masse annuels ont été calculés par le laboratoire de glaciologie de Grenoble, partenaire privilégié du Parc national des Écrins dans ces opérations de suivis.

2009-11-graph-gl-blanc

Pour le glacier Blanc, les dix dernières années de mesures aboutissent à un bilan négatif cumulé de 5,36 mètres d'eau, ce qui correspond à 5,90 mètres de perte d'épaisseur moyenne pour l'ensemble du glacier.

Les données collectées par le Parc national des Écrins rejoignent les statistiques des autres pays et contribuent à une meilleure compréhension de l'évolution des masses glacées du globe.

Si les mesures physiques des glaciers participent aux diverses études (climat, ressources en eau...), elles permettent également d'expliquer et de communiquer des informations chères aux usagers de la montagne : qui se souvient que le glacier venait frôler le refuge alors qu'il se trouve maintenant 50 mètres en dessous... ? Et de cette voie dont la première partie passait sur glacier alors que maintenant des longueurs difficiles et polies par la glace l'ont remplacée ?

Pour en savoir plus, consultez le cahier thématique sur les glaciers

LE PARC NATIONAL, LIEU D'ANALYSE

2009-11-lecture-vegetationÀ la suite des sécheresses de 2003 et 2005, le Parc national des Écrins a mis en place un programme intitulé "alpages sentinelles".
Une partie des travaux est financée par un programme de recherche du MEEDDM, son ministère de tutelle, portant sur la gestion et les impacts du changement climatique.

Les "alpages sentinelles" font intervenir de nombreux partenaires scientifiques, des techniciens pastoraux et des gestionnaires. Chacun dans son domaine de compétence relève des données permettant d'analyser les mutations induites par les épisodes de sécheresse.
Les principaux paramètres sont d'ordre météorologique (pluviométrie, durée enneigement...), biologique (évolution de la végétation, production annuelle...) et technique (chargement pastoral, période de l'estive...).
Ces alpages sont des lieux privilégiés d'observation des conséquences du changement climatique et des pratiques pastorales sur les pelouses d'altitude.

LE PARC NATIONAL, LIEU DE RECHERCHE

2009-11-zone-atelierLe Parc national des Écrins est aussi un territoire d'accueil de la recherche, à laquelle il participe activement. Ainsi une partie de son territoire est incluse dans la Zone Atelier Alpes (ZAA). Ce "label" associant CNRS et CEMAGREF a permis, avec le Laboratoire d'Ecologie Alpine (LECA), de développer plusieurs programmes en lien avec le changement climatique et la modélisation de ces changements.

Pour l'un d'eux (ANR Diversitalp), l'objectif est de comprendre la réponse des espèces végétales aux variations du milieu, aux niveaux de la structuration de leur aire de répartition, du type de niche utilisée et de l'expression phénotypique évaluée en termes de traits fonctionnels. Cette compréhension devrait permettre, entre autres, de prédire la réponse des espèces aux changements climatiques et/ ou à l'utilisation des terres.

Dans l'optique de compléter l'analyse des conséquences du changement climatique et de l'utilisation des terres, le Parc national des Écrins prévoit, en 2010, de mettre en œuvre une analyse comparée des paysages au moyen de photos aériennes anciennes, réalisées dans les années 1970 et actuelles .

L'analyse de lacs d'altitude (sédiments, données physiques..) devrait également constituer dans les années à venir des sentinelles pertinentes.

Autant de données qui contribuent aussi à alimenter les grands réseaux d'observations internationaux (International Long Term Ecology Recherch -ILTER ou Word Glacier Monitoring Service - WGMS).

Pour en savoir plus sur la Zone Atelier Alpes : icon La plaquette de présentation de la Zone Atelier Alpes (2.43 MB)

Pour en savoir plus sur la contribution des parcs nationaux français aux suivis des évolutions climatiques

Pour consulter les actes de la conférence internationale "Réseau écologique alpin : une réponse au changement climatique pour préserver la biodiversité ?", organisée les 15 et 16 octobre 2009 par le Réseau Alpin des Espaces en Allemagne, voir le site de Alparc
Cet évènement a réuni 110 gestionnaires d'espaces protégés alpins, des chercheurs internationaux, des instituts de recherche, des universitaires....

 

Petites bêtes en voie d'extinction

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Quatre criquets rares qui vivent au bord des grandes rivières alpines, inscrits sur la liste rouge des espèces menacées en France, ont été trouvés par les agents du Parc national des Écrins lors d'une journée de prospection collective en Haute-Durance. Un nouveau site à surveiller de près et l'occasion de mieux connaître ces petites bêtes.

Réunion sur le terrain du groupe de travail "invertébrés" du Parc, début août vers la Roche de Rame. Ce genre de journée de terrain est l'occasion de réaliser des  prospections mais aussi de partager des connaissances et des savoir-faire entre les agents du Parc. Cette fois, la rencontre a été riche en découvertes : "Nous avons trouvé un nouveau site de présence de plusieurs espèces d'orthoptères (famille des criquets, sauterelles, grillons) inscrits sur la liste rouge des espèces menacées en France" relate Blandine Delenatte, garde-monitrice en Vallouise. L'occasion de les présenter et de faire un point sur l'état actuel de leurs populations.

Qui sont-ils ?

Ce sont quatre espèces qui vivent exclusivement sur les bancs de sable et de graviers, au bord des grandes rivières alpines. Elles sont toutes en danger d'extinction suite à la dégradation de leur habitat : endiguement, exploitation des graviers, modification du régime des crues par les barrages...

Leur statut

La liste rouge des espèces menacées en France vise à dresser un bilan objectif du degré de menace pesant sur les espèces à l'échelle du territoire national. Elle établit ainsi des priorités en fonction des espèces :
Priorité 1 : espèces proches de l'extinction
Priorité 2 : espèces fortement menacées d'extinction
Priorité 3 : espèces menacées, à surveiller
Priorité 4 : espèces non menacées, en l'état actuel des connaissances
Cette liste contribuera à mesurer l'ampleur des enjeux, les progrès accomplis et les défis à relever pour la France, avec comme perspective le grand rendez-vous du bilan de l'objectif 2010 fixé par la communauté internationale.

2009-09-criquet-torrentsLe criquet des torrents - Epacromius tergestinus ponticus est une espèce proche de l'extinction (priorité 1) nécessitant une surveillance particulière ainsi que des actions concrètes de conservation à court terme. L'espèce est connue de rares stations dans les Alpes, dont deux dans le massif des Écrins.
Disparue de Suisse en 1989, elle a été réintroduite en 2004 au bord du Rhône de Finges à partir d'une population de chez nous. La réintroduction semble avoir réussi puisque l'espèce a été observée les années suivantes.
Elle vit  toute l'année exclusivement dans les grandes zones sableuses humides où poussent la Petite massette (Typha minima), un roseau qui forme des colonies dans les bras latéraux des rivières, et le Myricaire d'Allemagne (Myricaria germanica), un buisson pionnier des alluvions sableuses.
Ses fémurs postérieurs présentent trois bandes noires caractéristiques et ses tegmina (élytres) sont plus roux que son corps (gris pour se fondre dans le milieu).

2009-09-criquet-isclesLe criquet des iscles - Chortippus pullus - à peine moins menacé, proche aussi de l'extinction (priorité 1), c'est un petit criquet à courts tegmina et aux genoux postérieurs noirs. Il tient son nom des îlots graveleux qu'il affectionne, les iscles.

 

 

2009-09-criquet-tetrixLe tétrix grisâtre - Tetrix tuerki - espèce menacée, à surveiller de manière à apprécier la dynamique de ses populations (priorité 3).
Petit criquet trapu avec un pronotum (sur le thorax) allongé et des fémurs postérieurs larges et ondulés.

 

 

2009-09-criquet-tridactyleLe tridactyle panaché - Xya variegata - espèce menacée, à surveiller de manière à apprécier la dynamique de ses populations (priorité 3).
C'est une sorte de courtilière miniature (4 à 7 mm) qui creuse de minuscules galeries dans le sable humide avec ses pattes antérieures transformées pour cet usage.

 

Pas de confusion !

Attention, d'autres criquets peuvent être présents dans ce milieu, mais on ne peut pas s'y tromper, enfin une fois qu'on peut les observer de près ! Ils ont des bandes sombres sur les tegmina et les ailes postérieures colorées. Ce sont :

L'oedipode bleue - Oedipoda caerulescens - avec les ailes postérieures bleues bordées de noir.

L'oedipode rouge - Oedipoda germanica - avec les ailes postérieures rouges bordées de noir.

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Oedipode rouge - Oedipoda germanica © Mireille Coulon - Parc national des Ecrins

L'oedipode aigue-marine - Sphingonotus caerulans - avec les ailes postérieures entièrement bleu clair.

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L’oedipode aigue-marine - Sphingonotus caerulans - © Mireille Coulon - Parc national des Ecrins

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Noctambules... Chouettes & hiboux

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Ils sont la discrétion même. Chasseurs nocturnes d’insectes et de petits rongeurs, ces rapaces au vol silencieux méritent d’être mieux connus !

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Des gestes chouettes

Ne pas recueillir les jeunes : les petites chouettes quittent parfois le nid avant de savoir voler. Si vous trouvez l’une d’elle, mieux vaut la laisser dans son milieu. Ses parents ne sont sans doute pas loin.

Favoriser les sites de nidification : on peut installer un nichoir. Pour cela, vous pouvez contacter une association de protection des oiseaux ou les agents du Parc national qui pourront vous fournir le plan d’un nichoir. Il est intéressant aussi de ne pas grillager les ouvertures dans votre maison ou dans ses éventuelles dépendances pour permettre un accès aux chouettes qui voudraient y nicher. Un geste utile aussi pour les chauves-souris.

Préserver les milieux favovables : conserver les haies et les fruitiers, préserver les arbres creux,tailler les arbres en têtard. Il est important aussi de limiter l’usage des produits de traitement dans les cultures, en particulier les pesticides... y compris dans le jardin familial ! www.chouette.parcs-naturels-regionaux.fr

Chouettes et hiboux appartiennent à la même famille (les strigidés) mais... la chouette n’est pas la femelle du hibou ! Ces rapaces nocturnes ont en commun leurs grands yeux, une ouie très fine et leur extrême discrétion...

La structure même de leurs plumes est spécifique avec notamment une bordure “frangée” qui leur permet un vol parfaitement silencieux. Un atout pour ces prédateurs qui disposent aussi d’une vision nocturne exceptionnelle et d’une capacité à observer tout autour d’eux, par une rotation quasi totale de la tête. Si le hibou dispose d’aigrettes, la chouette n’en n’a pas. Ces aigrettes sont de simples plumes et non pas des oreilles qui, elles, sont cachées sous le duvet du masque facial. Les petits rongeurs, les insectes ou même des petits oiseaux sont leurs principales proies, avec des prédilections selon les espèces. Avalant leur nourriture d’un coup, ils recrachent ensuite une pelote qui contient tout ce qui n’a pas été digéré. Chouettes et hiboux ne font généralement pas de nid. Ils utilisent des cavités dans les arbres, un trou entre des rochers, le nid d’autres oiseaux. La ponte est étalée sur plusieurs jours. Les petits survivent en fonction de la nourriture disponible. Si besoin, les derniers-nés peuvent servir de repas à leurs aînés... Ainsi, lorsqu’il y a des rongeurs dans une région, il peut y avoir des chouettes et hiboux en conséquence. Pourtant, plusieurs types de menaces pèsent sur ces espèces. On peut notamment citer la fragmentation de leurs milieux de vie, la transformation des prairies en cultures, la suppression des haies et des arbres creux, l’assèchement des marais, l’utilisation de pesticides agricoles...

Autant de modifications de leurs habitats ou de pollutions qui les privent de nourriture et de sites de nidification. A cela vient s’ajouter le trafic routier, fatal à de très nombreux rapaces nocturnes.

Fort heureusement, les légendes qui faisaient des chouettes et hiboux des oiseaux de mauvaise augure ne font plus recette, ou presque.

Ces rapaces sont désormais protégés en France. Dans l’antiquité, la chouette était la compagne de la déesse Athena, symbole de l’intelligence... et de la sagesse.

Chouette des forêts montagnardes... et d'ailleurs

Espèces discrètes des forêts d’altitude, le niveau des effectifs et la répartition des chouettes Tengmalm et Chevêchette dans les Écrins sont encore mal connus.

noct_chevechette-europe_jean-chevalierChevêchette d’Europe : C’est le plus petit rapace nocturne d’Europe (16 à 19 cm selon que l’on a affaire au mâle ou à la femelle).
Si les rencontres restent rares, o n peut parfois la repérer en journée, grâce aux petits oiseaux qui la harcèlent sans relâche.

noct_chouette-tengmalmChouette de Tengmalm : Ses grands sourcils lui donnent un air étonné caractéristique. Originaire de la taïga, elle vit dans les forêts de hêtres et de conifères des étages montagnard et subalpin. La relation de La Tengmalm avec le Pic noir est souvent citée : généralement, elle utilise pour nicher les loges que le Pic a forées. Mais elle s’installe aussi volontiers dans d’autres cavités et adopte facilement les nichoirs mis à sa disposition.

Moins spécifiques au milieu montagnard, la Chevêche et la Hulotte vivent aussi dans les vallées du massif... et plus près des habitations.

noct_cheveche_robert-greenhalfnoct_hulotte_daren-reesUne boule de plumes aux yeux d’or : c’est la Chevêche d’Athéna... en régression mais présente partout en France, hormis au-dessus de 1200 mètres d’altitude. La chouette Hulotte, ou chat-huant est plutôt grande, commune et connue. Sans doute parce qu’elle vit à proximité des zones habitées. Elle semble progresser en altitude.

Hiboux : grand, moyen et petit
Sur les quatre espèces présentes en France, seul le Hibou des marais ne réside pas dans les Écrins

Grand-duc d’Europe : le plus grand rapace nocture d’Europe est présent toute l’année dans nos régions... Son chant grave marque les nuits d’hiver. Très sensible au dérangement, il est trop souvent victime d’électrocution et de collision avec les
lignes électriques...

Hibou moyen-duc : deux grandes aigrettes dressées et deux grands yeux orange permettent de reconnaître le hibou moyen-duc. Très discret, cet habitant des bois, se fait invisible en journée, le plus souvent immobile dans un arbre.

Petit-Duc Scops : ce migrateur, plutôt méditerranéen, est insectivore. Il arrive dans le Haut-Dauphiné en mars et le quitte avant la fin septembre. Son chant répété est caractéristique de nos nuits d’été, auxquelles il donne un air provençal.

Samedi 14 mars 2009, c’est la nuit de la chouette !

Cette manifestation nationale est orchestrée par la Fédération des parcs naturels de France et la Ligue pour la protection des oiseaux. Dans les Écrins, plusieurs équipes des secteurs du Parc national proposent une animation (gratuite) pour mieux comprendre les conditions de vie de ces rapaces nocturnes, avec une projection et généralement, une sortie de terrain.

C’est au printemps, à la saison des amours, que l’on entend chanter les chouettes et hiboux...

VALBONNAIS : à 19 h, à la maison du parc d’Entraigues. Inscription au 04 76 30 20 61.
OISANS : à 20h, à la Maison du Parc à Bourg d’Oisans. Tél. : 04 76 80 00 51
VALGAUDEMAR : à 20h30, au foyer de ski de fond de l’Ubac Tél. : 04 92 55 25 19
CHAMPSAUR : à 20h30, à Champoléon, à la Maison du Berger. Tél. : 04 92 55 95 44 ou 04 92 49 61 85
VALLOUISE : à 21h, à la Maison du Parc. Tél. : 04 92 23 58 08
EMBRUNAIS : à 18h, à la Maison du Parc de Châteauroux Tél. : 04 92 43 23 31

La nuit, un patrimoine

La nuit abrite toute une petite et grande faune, qui sous le bienfaisant manteau de l’obscurité, s’agite et vaque à ses occupations. Mais la nuit, c’est encore bien plus : creuset de nos contes et légendes, abri de notre sommeil et de nos rêves, refuge de notre imaginaire, elle porte une signification toute particulière pour les hommes. La nuit constitue un patrimoine à part entière, naturel et culturel, dont il convient de préserver la tranquillité et donc l’obscurité. Des actions de sensibilisation sont menées pour préserver ce patrimoine.
Dans les Hautes-Alpes, plusieurs partenaires œuvrent en ce sens. Le Réseau d’Éducation à l’Environnement 05&Écrins, le Parc naturel Régional du Queyras et le Parc national des Écrins proposeront, en septembre prochain, des rencontres échanges-formations à destination des intervenants en éducation à l’environnement sur le territoire. L’objectif principal est de favoriser le développement des activités de sensibilisation sur la nuit en lien avec les spécificités du territoire 05 & Écrins.
Contact : C.Sagot, tél. 04 92 40 20 60
Cette initiative est soutenue par le Conseil général 05, la Région PACA et Jeunesse et Sports 05.

Pour en savoir plus :

Atlas des vertébrés-tome 2 (les oiseaux) dont sont issues les illustrations ci-dessus - Éd. du Parc national des Écrins et le CRAVE
Petites chouettes de montagne Chevêchette et Tengmalm. Cahier technique. - LPO
www.chouette.parcs-naturels-regionaux.fr
Oiseaux remarquables de Provence : écologie, statut et conservation - coll. Les références du naturaliste. Ed. Delachaux et Niestlé
Chouette, coll. Jeunesse, Parcs nationaux de France, Éd. Hesse

 

Débardage à cheval...

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À Molines-en-Champsaur, un débardage à cheval est réalisé dans une forêt domaniale du cœur du parc national. Le choix de cette technique a permis d'éviter la création d'une piste forestière.
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