Avec le printemps, le gypaète observé en Vallouise cet hiver semble avoir rejoint l'Embrunais. Il séjourne à Réallon depuis quelques temps. Comme dans la vallée de l'Onde, il est souvent en conflit avec les aigles, très territoriaux à cette période, ce qui donne lieu à de belles joutes acrobatiques.
Depuis septembre 2009, un gypaète adulte avait élu domicile dans la vallée de Vallouise. Début février, un jeune l'avait rejoint, facilement reconnaissable à sa tête noire. Ils volaient avec les aigles et allaient casser des os sur d'inaccessibles rochers.
Depuis quelques temps, le gypaète adulte semble avoir rejoint l'Embrunais et séjourne du côté de Réallon...
Dans le Briançonnais, la situation pathétique de la mortalité des bouquetins et leurs nombreux cadavres attirent les gypaètes. Un juvénile a été noté plusieurs fois. Le 17 avril, un oiseau de 4 ans a été identifié comme étant Zufall, né et relâché en 2006 dans le Stelvio (Alpes centrales).
Toutes vos observations sont les bienvenues. Merci de les transmettre aux secteurs du Parc national des Écrins, en contactant les Maisons du Parc.
Pour en savoir plus, notre dossier sur le retour des vautours, publié le 26 février 2010 :
A venir régulièrement explorer la Vallouise, un gypaète trouvera t-il un gîte pour se sédentariser et se reproduire dans la vallée ? Une question mêlée d'espoir pour les agents du Parc national des Écrins qui veillent sur les deux oiseaux qui séjournent actuellement dans leur secteur.
"La population de chamois est importante dans le secteur et quelques-uns ne survivent pas à la rigueur de cet hiver, ce qui fait l'aubaine de nos rapaces" soulignent Blandine Delenatte et Jean-Philippe Telmon, gardes-moniteurs dans le secteurs de Vallouise. Ils ont réalisé les images et les deux vidéos qu'ils partagent ici avec vous.
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Gypaète barbu et aigle royal - Vidéo Parc national des Écrins - Blandine Delenatte et Jean-Philippe Telmon
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Gypaète barbu - Vidéo Parc national des Écrins - Blandine Delenatte et Jean-Philippe Telmon
L'adulte que l'on voit sur les images a plus de 7 ans : "on le voit à son corps élancé, au contraste noir/gris des ailes, à sa tête claire, à son corps clair plus ou moins orangé. Ce jour là, le dessous de la tête était très rouge car il venait de s'alimenter" précise Blandine. "L'orangé vient d'une habitude de l'oiseau qui s'asperge d'eau boueuse."
Le jeune est un "troisième année", immature : "on le voit à sa tête noire mais aussi au bord de fuite des ailes en râteau (irrégulier). Les deux tâches blanches au niveau des poignets en témoignent aussi."
En 2007, un gypaète était resté une dizaine de jours dans la vallée.
De novembre 2008 au printemps 2009, un gypaète adulte était également présent... "L'adulte qui est là cette année ressemble furieusement à celui de l'année dernière" commente Thierry Maillet, chef du secteur de Vallouise. Un gypaète a également été observé du côté de Freissinières en avril 2009, et c'est la deuxième fois en deux ans qu'un jeune à tête noire est observé dans la vallée.
"Le tête noire est trop jeune pour se reproduire. L'espoir serait plutôt que cette "concentration" de gypaètes attire un autre adulte qui, lui, pourra former un couple et se reproduire avec celui qui est déjà là. La formation de couple avec un subadulte existe mais, me semble t-il, pas avec un individu aussi jeune que celui qui est ici" ajoute encore Thierry Maillet
Depuis plus d'un siècle, ils avaient disparu de nos montagnes. Les tirs, les empoisonnements de cadavres destinés à tuer des prédateurs, la régression des populations d'ongulés... expliquent en partie leur extinction.
Leur retour est lié exclusivement à des programmes de réintroduction... qui ont réussi. Ces grands rapaces ne sont pas des prédateurs d'animaux vivants mais des charognards qui se nourrissent quasi exclusivement d'animaux morts, sauvages ou domestiques. Avec leur envergure de presque trois mètres, ils sont d'incomparables voiliers.
De par leur alimentation nécrophage, ils sont d'une grande efficacité "sanitaire" en débarrassant la nature des cadavres.
Le vautour fauve niche dans les parois rocheuses et vit en colonie. Son comportement social est très développé. Lorsque l'un d'eux repère une carcasse, il s'en approche, indiquant par là même aux autres vautours la présence de nourriture. Ainsi, en quelques minutes, la colonie complète est prête à commencer la curée. Après leur passage, seuls resteront les os et la peau. Les vautours pourront alors jeûner plusieurs jours consécutifs.
Après l'apparition sur le massif des Ecrins des premiers vautours fauves en 2005, les années qui ont suivi ont confirmé une estive régulière entre la mi-juin et la mi-octobre qui concerne plusieurs dizaines d'oiseaux. On estime à plus ou moins 150 individus la population estivant actuellement sur le massif. Les déplacements pendant la période de présence des oiseaux semblent étroitement liés à la disponibilité alimentaire.
Selon les observations actuelles, les grands traits du comportement de ces estivants dans les Alpes semblent se répéter avec une régularité étonnante : arrivée des premiers oiseaux à partir de mi juin (coïncidant avec la date de montée des troupeaux en alpage), dortoirs dans des parois ou sur les crêtes, mouvements quotidiens des dortoirs vers les curées, départ en octobre, avec les troupeaux.
En 2009, les vautours ont été signalés sur 83 communes (24 en Isère, 58 dans les Hautes-Alpes et sur une commune de la Drôme dépendant de cette zone de collecte des informations) : 355 observations sont enregistrées.
Le vautour moine niche dans les arbres. Il est solitaire et vit en groupe lâche. Il se nourrit des parties dures (tendons, cartilage...) des cadavres d'ongulés et de petites proies mortes.
Près d'une quarantaine d'observations de vautour moine a été relevées au cours de l'année 2009 dans les Écrins. Elles sont concentrées sur la façade ouest du massif, plus particulièrement en Oisans et Valbonnais. Plusieurs individus ont pu être identifiés grâce à leurs bagues ou à la décoloration de leurs plumes.
Le gypaète barbu vit généralement en couple sur un territoire. Il est appelé également le "casseur d'os" du fait de son régime alimentaire qui le conduit à arriver après la curée des vautours pour se contenter d'ingurgiter ce qu'ils ont laissé : les os.
Il fait des incursions régulières dans les Écrins sans réels prémices d'installation... Autant dire que la présence continue d'un gypaète adulte en Vallouise depuis quelques mois est suivie de très près.
5000 observations en quinze ans : les cartes que nous vous présentons sont le fruit de cette surveillance des bouquetins de la colonie Vieux Chaillol - Sirac dans le Parc national des Écrins. Depuis leur réintroduction, ils ont exploré tout le sud du massif, avec des habitudes différentes selon les saisons.
Depuis la réintroduction des bouquetins dans le Champsaur, quelque 5 000 observations ont été réalisées par les gardes-moniteurs du Parc, mais aussi par tous les utilisateurs de la montagne naturalistes, randonneurs, accompagnateurs, bergers, chasseurs, gardiens de refuges et bien d'autres.
Sur les cartes présentées nous avons enlevé les observations des bouquetins qui, dès la première année, sont allés dans le Nord du massif, dans le Briançonnais (vers col du Lautaret) puis sont revenus vers le Champsaur. De même que celles d'un mâle (Petit Tambour) qui a rejoint immédiatement la colonie du Valbonnais-Oisans à l'Ouest du massif.
L'évolution et la "dispersion" de la colonie de 1994 à 2008
Les cartes annuelles de 1994 à 2008 sont la compilation des observations au cours de chaque année. Pendant les cinq premières années, les bouquetins ont exploré le massif vers le Nord-Est en suivant les grands versants Vieux Chaillol, Sirac, les Bans de 1999 à 2004. Le Cirque du Gioberney est investi, tout comme la conquête vers l'Ouest du Vieux Chaillol. Ponctuellement des observations sont faites au Sud du massif dans l'Embrunais. Ces dernières années, le versant adret du Valgaudemar, les Rouies, l'Ubac commencent à être explorés. Vers l'Ouest, une avancée est faite vers le Petit Chaillol. Vers le Sud et l'Est, les observations se poursuivent ponctuellement.
Les animaux de cette colonie ont exploré tout le sud du massif et, bientôt, la connexion sera faite avec la colonie de bouquetins Valbonnais-Oisans par la vallée du Valgaudemar.
L'année des bouquetins est rythmée par les quatre saisons :
L'hiver (décembre, janvier, février). L'époque du rut en décembre et janvier rassemble mâles et femelles principalement sur les versants rocheux et falaises Sud du massif. Les quatre grandes zones d'hivernage sont : le cirque du Gioberney, le vallon du Sellon, la vallée du Drac Blanc et vallon du cirque de Pinier.
Le printemps (mars, avril, mai). L'herbe nouvelle amène les bouquetins sur les alpages en dessous de 2 200 m et les zones basses des vallées, proche des zones d'hivernage. Déjà, des déplacements se produisent vers les zones d'estives.
L'été (juin, juillet, août). Les mâles forment des groupes que nous trouvons en altitude, c'est l'époque d'exploration du massif. Pour les étagnes, c'est le moment des mises bas dans les vires herbeuses et rocheuses du massif. Les mises bas ont principalement lieu en juin, exceptionnellement en mai (2 en 15 ans). Cinq zones majeures de mises bas se dégagent en partant du noyau primaire de Mourre la mine : Parières, Chanteloube, Gioberney, Pian.
L'automne (septembre, octobre, novembre). Saison d'exploration pour les jeunes et retour vers les zones d'hivernage et de rut pour les mâles et femelles.
À la fin XIXème siècle, le bouquetin des Alpes est sauvé in extremis de disparition. Depuis le massif du Grand Paradis en Italie, la reconquête commence là où les hommes le laisse vivre.
L'homme prend conscience de sa responsabilité quant à la disparition de certaines espèces. Parfois, il s'emploie à les restaurer. La première réintroduction a lieu en Suisse en 1906. En France, elle a lieu en 1959 dans les Hautes-Alpes. C'est la colonie des Cerces (Briançonnais) qui compte environ 400 individus.
Les réintroductions vont se succéder dans la deuxième moitié du XXème siècle. Dans le Parc national des Écrins, il y a eu trois réintroductions : 1) 1977 dans l'Embrunais ( échec ) 2) 1989 dans le Valbonnais. Actuellement, la colonie compte plus de 100 individus présents aussi en Oisans 3) 1994-1995. Installation de la 22ème colonie de bouquetins des Alpes dans le Sud-Ouest du massif des Écrins. Des 30 pionniers, la population est actuellement estimée à 330 individus en ce début d'été 2009.
L'espèce est maintenant installée sur les vallées du Champsaur, Valgaudemar, Vallouise et Embrunais.
Le graphique ci-dessus présente l'évolution des effectifs de la population au cours du temps, d'après les comptages hivernaux, les prospections estivales et l'effectif cumulé maximum. Ce dernier chiffre cumule le nombre de bouquetins réintroduits toujours vivants, le nombre de naissances comptabilisées depuis la création de la colonie, moins le nombre d'individus retrouvés morts. L'effectif réel de la colonie se situe donc quelque part entre les courbes des comptages et celle de l'effectif cumulé, c'est-à-dire entre 200 et 350 animaux.
La France compte plus de 8700 bouquetins répartis sur les départements de Haute Savoie, Savoie, Isère, Drôme, Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence et Alpes-Maritimes. En 1960, ils n'étaient que quelques dizaines dans le massif de la Vanoise. En Europe, l'espèce est présente également en Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Slovénie. Soit environ 30 000 bouquetins.
C'est en hiver que les mâles et femelles (étagnes) se retrouvent et se rassemblent pour le rut annuel qui assurera la pérennité de l'espèce. Les barres et les vires escarpées accueillent pour cette période les hardes. Le reste de l'hiver sera temps d'économie d'énergie et de déplacements. Seulement assurer la ration quotidienne d'herbe sèche et ne pas s'exposer aux avalanches.
Au printemps, c'est l'allégresse, les hardes de mâles se recomposent dans le bas des alpages et joutent pour s'assurer un rang social. Les hardes d'étagnes et de jeunes profitent eux aussi de cette herbe nouvelle.
En juin, les étagnes gestantes se retirent dans des vires secrètes pour mettre bas un cabri. Au cours de l'été, nous les verrons regroupées en nurseries dans les hauts versants de nos montagnes. Cette saison est favorable pour prospecter le massif en quête de nouveaux territoires.
Les premières neiges d'automne ramènent lentement "les boucs des pierres" vers les zones d'hivernage, généralement les grands versants rocheux exposés au Sud.
Carte d'identité
Nom scientifique : Capra ibex ibex Aspect général : le mâle adulte (bouc) pèse de 75 à 110 kg pour une hauteur au garrot de 80 cm, porte de grandes cornes striées mesurant jusqu'à 90 cm de long. La femelle (étagne) se distingue par sa taille plus petite, ses cornes plus courtes, environ 28 cm. Elle met bas un cabri tous les un à deux ans. Statut : espèce protégée sur tout le territoire français Longévité : 15 - 20 ans Famille : bovidés
Quelle est la contribution du Parc national des Écrins à l'étude et au suivi des processus liés aux changements climatiques ?
De par ses missions et ses travaux d'observations à long terme, il contribue à la veille écologique de nombreux écosystèmes. Au sein de nombreux réseaux, en partenariat avec des équipes de recherche, le Parc national participe à une meilleure compréhension des évolutions en cours.
LE PARC NATIONAL, LIEU D'OBSERVATIONS À LONG TERME
Le Parc national des Écrins participe au suivi du changement climatique en déployant un réseau d'observations. Les mesures physiques constituent le premier axe de travail, qu'elles soient réalisées par des appareils automatiques ou par les agents du Parc national.
La station météorologique du Lauvitel, en place depuis juin 2002, complète le réseau national en apportant des données d'altitude. La station du Casset, sous le col du Lautaret, enregistre quant à elle des données sur les propriétés de l'air.
Le suivi des glaciers reste l'élément le plus démonstratif de l'évolution des climats. Le Parc national effectue un premier protocole de mesure du recul des fronts et un second protocole permet de calculer la perte de masse glaciaire.
La mesure des fronts est le plus vieux protocole de suivi des glaciers. Réalisée d'abord au décamètre, la mesure de la distance du front depuis un point fixe est aujourd'hui enregistrée à l'aide d'un télémètre laser. Ce suivi est réalisé encore actuellement pour cinq glaciers dans les Écrins : glacier Blanc, glacier Noir, glacier de la Selle, glacier du Sélé et, le doyen en la matière, le glacier de la Pilatte. Pour ce dernier, en effet, les premières mesures de front furent décidées par le service RTM en 1920 !
Depuis 1986, le front du glacier Blanc a reculé de 510 mètres, soit 22 mètres de moyenne par an. Pour l'ensemble du massif des Écrins, de simples mesures de distance permettent d'estimer que la superficie des glaciers est passée de 100 km2 en 1986 à 84 km2 aujourd'hui.
À lui seul, le recul des fronts ne constitue pas un véritable indice de perte glaciaire. D'autres mesures sont nécessaires pour calculer la perte de masse glaciaire.
Ce protocole dit de "bilan de masse" est plus complexe. Il est appliqué sur le glacier Blanc, sur le glacier de Laurichard et sur le glacier Noir. Le glacier de Sarennes, qui a aujourd'hui quasiment disparu, est l'un des premiers glaciers des Alpes dont les bilans de masse annuels ont été calculés par le laboratoire de glaciologie de Grenoble, partenaire privilégié du Parc national des Écrins dans ces opérations de suivis.
Pour le glacier Blanc, les dix dernières années de mesures aboutissent à un bilan négatif cumulé de 5,36 mètres d'eau, ce qui correspond à 5,90 mètres de perte d'épaisseur moyenne pour l'ensemble du glacier.
Les données collectées par le Parc national des Écrins rejoignent les statistiques des autres pays et contribuent à une meilleure compréhension de l'évolution des masses glacées du globe.
Si les mesures physiques des glaciers participent aux diverses études (climat, ressources en eau...), elles permettent également d'expliquer et de communiquer des informations chères aux usagers de la montagne : qui se souvient que le glacier venait frôler le refuge alors qu'il se trouve maintenant 50 mètres en dessous... ? Et de cette voie dont la première partie passait sur glacier alors que maintenant des longueurs difficiles et polies par la glace l'ont remplacée ?
À la suite des sécheresses de 2003 et 2005, le Parc national des Écrins a mis en place un programme intitulé "alpages sentinelles". Une partie des travaux est financée par un programme de recherche du MEEDDM, son ministère de tutelle, portant sur la gestion et les impacts du changement climatique.
Les "alpages sentinelles" font intervenir de nombreux partenaires scientifiques, des techniciens pastoraux et des gestionnaires. Chacun dans son domaine de compétence relève des données permettant d'analyser les mutations induites par les épisodes de sécheresse. Les principaux paramètres sont d'ordre météorologique (pluviométrie, durée enneigement...), biologique (évolution de la végétation, production annuelle...) et technique (chargement pastoral, période de l'estive...). Ces alpages sont des lieux privilégiés d'observation des conséquences du changement climatique et des pratiques pastorales sur les pelouses d'altitude.
LE PARC NATIONAL, LIEU DE RECHERCHE
Le Parc national des Écrins est aussi un territoire d'accueil de la recherche, à laquelle il participe activement. Ainsi une partie de son territoire est incluse dans la Zone Atelier Alpes (ZAA). Ce "label" associant CNRS et CEMAGREF a permis, avec le Laboratoire d'Ecologie Alpine (LECA), de développer plusieurs programmes en lien avec le changement climatique et la modélisation de ces changements.
Pour l'un d'eux (ANR Diversitalp), l'objectif est de comprendre la réponse des espèces végétales aux variations du milieu, aux niveaux de la structuration de leur aire de répartition, du type de niche utilisée et de l'expression phénotypique évaluée en termes de traits fonctionnels. Cette compréhension devrait permettre, entre autres, de prédire la réponse des espèces aux changements climatiques et/ ou à l'utilisation des terres.
Dans l'optique de compléter l'analyse des conséquences du changement climatique et de l'utilisation des terres, le Parc national des Écrins prévoit, en 2010, de mettre en œuvre une analyse comparée des paysages au moyen de photos aériennes anciennes, réalisées dans les années 1970 et actuelles .
L'analyse de lacs d'altitude (sédiments, données physiques..) devrait également constituer dans les années à venir des sentinelles pertinentes.
Autant de données qui contribuent aussi à alimenter les grands réseaux d'observations internationaux (International Long Term Ecology Recherch -ILTER ou Word Glacier Monitoring Service - WGMS).
Pour consulter les actes de la conférence internationale "Réseau écologique alpin : une réponse au changement climatique pour préserver la biodiversité ?", organisée les 15 et 16 octobre 2009 par le Réseau Alpin des Espaces en Allemagne, voir le site de Alparc Cet évènement a réuni 110 gestionnaires d'espaces protégés alpins, des chercheurs internationaux, des instituts de recherche, des universitaires....
Quatre criquets rares qui vivent au bord des grandes rivières alpines, inscrits sur la liste rouge des espèces menacées en France, ont été trouvés par les agents du Parc national des Écrins lors d'une journée de prospection collective en Haute-Durance. Un nouveau site à surveiller de près et l'occasion de mieux connaître ces petites bêtes.
Réunion sur le terrain du groupe de travail "invertébrés" du Parc, début août vers la Roche de Rame. Ce genre de journée de terrain est l'occasion de réaliser des prospections mais aussi de partager des connaissances et des savoir-faire entre les agents du Parc. Cette fois, la rencontre a été riche en découvertes : "Nous avons trouvé un nouveau site de présence de plusieurs espèces d'orthoptères (famille des criquets, sauterelles, grillons) inscrits sur la liste rouge des espèces menacées en France" relate Blandine Delenatte, garde-monitrice en Vallouise. L'occasion de les présenter et de faire un point sur l'état actuel de leurs populations.
Qui sont-ils ?
Ce sont quatre espèces qui vivent exclusivement sur les bancs de sable et de graviers, au bord des grandes rivières alpines. Elles sont toutes en danger d'extinction suite à la dégradation de leur habitat : endiguement, exploitation des graviers, modification du régime des crues par les barrages...
Leur statut
La liste rouge des espèces menacées en France vise à dresser un bilan objectif du degré de menace pesant sur les espèces à l'échelle du territoire national. Elle établit ainsi des priorités en fonction des espèces : Priorité 1 : espèces proches de l'extinction Priorité 2 : espèces fortement menacées d'extinction Priorité 3 : espèces menacées, à surveiller Priorité 4 : espèces non menacées, en l'état actuel des connaissances Cette liste contribuera à mesurer l'ampleur des enjeux, les progrès accomplis et les défis à relever pour la France, avec comme perspective le grand rendez-vous du bilan de l'objectif 2010 fixé par la communauté internationale.
Le criquet des torrents - Epacromius tergestinus ponticus est une espèce proche de l'extinction (priorité 1) nécessitant une surveillance particulière ainsi que des actions concrètes de conservation à court terme. L'espèce est connue de rares stations dans les Alpes, dont deux dans le massif des Écrins. Disparue de Suisse en 1989, elle a été réintroduite en 2004 au bord du Rhône de Finges à partir d'une population de chez nous. La réintroduction semble avoir réussi puisque l'espèce a été observée les années suivantes. Elle vit toute l'année exclusivement dans les grandes zones sableuses humides où poussent la Petite massette (Typha minima), un roseau qui forme des colonies dans les bras latéraux des rivières, et le Myricaire d'Allemagne (Myricaria germanica), un buisson pionnier des alluvions sableuses. Ses fémurs postérieurs présentent trois bandes noires caractéristiques et ses tegmina (élytres) sont plus roux que son corps (gris pour se fondre dans le milieu).
Le criquet des iscles - Chortippus pullus - à peine moins menacé, proche aussi de l'extinction (priorité 1), c'est un petit criquet à courts tegmina et aux genoux postérieurs noirs. Il tient son nom des îlots graveleux qu'il affectionne, les iscles.
Le tétrix grisâtre - Tetrix tuerki - espèce menacée, à surveiller de manière à apprécier la dynamique de ses populations (priorité 3). Petit criquet trapu avec un pronotum (sur le thorax) allongé et des fémurs postérieurs larges et ondulés.
Le tridactyle panaché - Xya variegata - espèce menacée, à surveiller de manière à apprécier la dynamique de ses populations (priorité 3). C'est une sorte de courtilière miniature (4 à 7 mm) qui creuse de minuscules galeries dans le sable humide avec ses pattes antérieures transformées pour cet usage.
Pas de confusion !
Attention, d'autres criquets peuvent être présents dans ce milieu, mais on ne peut pas s'y tromper, enfin une fois qu'on peut les observer de près ! Ils ont des bandes sombres sur les tegmina et les ailes postérieures colorées. Ce sont :
L'oedipode bleue - Oedipoda caerulescens - avec les ailes postérieures bleues bordées de noir.
L'oedipode rouge - Oedipoda germanica - avec les ailes postérieures rouges bordées de noir.
Ils sont la discrétion même. Chasseurs nocturnes d’insectes et de petits rongeurs, ces rapaces au vol silencieux méritent d’être mieux connus !
Des gestes chouettes
Ne pas recueillir les jeunes : les petites chouettes quittent parfois le nid avant de savoir voler. Si vous trouvez l’une d’elle, mieux vaut la laisser dans son milieu. Ses parents ne sont sans doute pas loin.
Favoriser les sites de nidification : on peut installer un nichoir. Pour cela, vous pouvez contacter une association de protection des oiseaux ou les agents du Parc national qui pourront vous fournir le plan d’un nichoir. Il est intéressant aussi de ne pas grillager les ouvertures dans votre maison ou dans ses éventuelles dépendances pour permettre un accès aux chouettes qui voudraient y nicher. Un geste utile aussi pour les chauves-souris.
Préserver les milieux favovables : conserver les haies et les fruitiers, préserver les arbres creux,tailler les arbres en têtard. Il est important aussi de limiter l’usage des produits de traitement dans les cultures, en particulier les pesticides... y compris dans le jardin familial ! www.chouette.parcs-naturels-regionaux.fr
Chouettes et hiboux appartiennent à la même famille (les strigidés) mais... la chouette n’est pas la femelle du hibou ! Ces rapaces nocturnes ont en commun leurs grands yeux, une ouie très fine et leur extrême discrétion...
La structure même de leurs plumes est spécifique avec notamment une bordure “frangée” qui leur permet un vol parfaitement silencieux. Un atout pour ces prédateurs qui disposent aussi d’une vision nocturne exceptionnelle et d’une capacité à observer tout autour d’eux, par une rotation quasi totale de la tête. Si le hibou dispose d’aigrettes, la chouette n’en n’a pas. Ces aigrettes sont de simples plumes et non pas des oreilles qui, elles, sont cachées sous le duvet du masque facial. Les petits rongeurs, les insectes ou même des petits oiseaux sont leurs principales proies, avec des prédilections selon les espèces. Avalant leur nourriture d’un coup, ils recrachent ensuite une pelote qui contient tout ce qui n’a pas été digéré. Chouettes et hiboux ne font généralement pas de nid. Ils utilisent des cavités dans les arbres, un trou entre des rochers, le nid d’autres oiseaux. La ponte est étalée sur plusieurs jours. Les petits survivent en fonction de la nourriture disponible. Si besoin, les derniers-nés peuvent servir de repas à leurs aînés... Ainsi, lorsqu’il y a des rongeurs dans une région, il peut y avoir des chouettes et hiboux en conséquence. Pourtant, plusieurs types de menaces pèsent sur ces espèces. On peut notamment citer la fragmentation de leurs milieux de vie, la transformation des prairies en cultures, la suppression des haies et des arbres creux, l’assèchement des marais, l’utilisation de pesticides agricoles...
Autant de modifications de leurs habitats ou de pollutions qui les privent de nourriture et de sites de nidification. A cela vient s’ajouter le trafic routier, fatal à de très nombreux rapaces nocturnes.
Fort heureusement, les légendes qui faisaient des chouettes et hiboux des oiseaux de mauvaise augure ne font plus recette, ou presque.
Ces rapaces sont désormais protégés en France. Dans l’antiquité, la chouette était la compagne de la déesse Athena, symbole de l’intelligence... et de la sagesse.
Chouette des forêts montagnardes... et d'ailleurs
Espèces discrètes des forêts d’altitude, le niveau des effectifs et la répartition des chouettes Tengmalm et Chevêchette dans les Écrins sont encore mal connus.
Chevêchette d’Europe : C’est le plus petit rapace nocturne d’Europe (16 à 19 cm selon que l’on a affaire au mâle ou à la femelle). Si les rencontres restent rares, o n peut parfois la repérer en journée, grâce aux petits oiseaux qui la harcèlent sans relâche.
Chouette de Tengmalm : Ses grands sourcils lui donnent un air étonné caractéristique. Originaire de la taïga, elle vit dans les forêts de hêtres et de conifères des étages montagnard et subalpin. La relation de La Tengmalm avec le Pic noir est souvent citée : généralement, elle utilise pour nicher les loges que le Pic a forées. Mais elle s’installe aussi volontiers dans d’autres cavités et adopte facilement les nichoirs mis à sa disposition.
Moins spécifiques au milieu montagnard, la Chevêche et la Hulotte vivent aussi dans les vallées du massif... et plus près des habitations.
Une boule de plumes aux yeux d’or : c’est la Chevêche d’Athéna... en régression mais présente partout en France, hormis au-dessus de 1200 mètres d’altitude. La chouette Hulotte, ou chat-huant est plutôt grande, commune et connue. Sans doute parce qu’elle vit à proximité des zones habitées. Elle semble progresser en altitude.
Hiboux : grand, moyen et petit Sur les quatre espèces présentes en France, seul le Hibou des marais ne réside pas dans les Écrins
Grand-duc d’Europe : le plus grand rapace nocture d’Europe est présent toute l’année dans nos régions... Son chant grave marque les nuits d’hiver. Très sensible au dérangement, il est trop souvent victime d’électrocution et de collision avec les lignes électriques...
Hibou moyen-duc : deux grandes aigrettes dressées et deux grands yeux orange permettent de reconnaître le hibou moyen-duc. Très discret, cet habitant des bois, se fait invisible en journée, le plus souvent immobile dans un arbre.
Petit-Duc Scops : ce migrateur, plutôt méditerranéen, est insectivore. Il arrive dans le Haut-Dauphiné en mars et le quitte avant la fin septembre. Son chant répété est caractéristique de nos nuits d’été, auxquelles il donne un air provençal.
Samedi 14 mars 2009, c’est la nuit de la chouette !
Cette manifestation nationale est orchestrée par la Fédération des parcs naturels de France et la Ligue pour la protection des oiseaux. Dans les Écrins, plusieurs équipes des secteurs du Parc national proposent une animation (gratuite) pour mieux comprendre les conditions de vie de ces rapaces nocturnes, avec une projection et généralement, une sortie de terrain.
C’est au printemps, à la saison des amours, que l’on entend chanter les chouettes et hiboux...
VALBONNAIS : à 19 h, à la maison du parc d’Entraigues. Inscription au 04 76 30 20 61. OISANS : à 20h, à la Maison du Parc à Bourg d’Oisans. Tél. : 04 76 80 00 51 VALGAUDEMAR : à 20h30, au foyer de ski de fond de l’Ubac Tél. : 04 92 55 25 19 CHAMPSAUR : à 20h30, à Champoléon, à la Maison du Berger. Tél. : 04 92 55 95 44 ou 04 92 49 61 85 VALLOUISE : à 21h, à la Maison du Parc. Tél. : 04 92 23 58 08 EMBRUNAIS : à 18h, à la Maison du Parc de Châteauroux Tél. : 04 92 43 23 31
La nuit, un patrimoine
La nuit abrite toute une petite et grande faune, qui sous le bienfaisant manteau de l’obscurité, s’agite et vaque à ses occupations. Mais la nuit, c’est encore bien plus : creuset de nos contes et légendes, abri de notre sommeil et de nos rêves, refuge de notre imaginaire, elle porte une signification toute particulière pour les hommes. La nuit constitue un patrimoine à part entière, naturel et culturel, dont il convient de préserver la tranquillité et donc l’obscurité. Des actions de sensibilisation sont menées pour préserver ce patrimoine. Dans les Hautes-Alpes, plusieurs partenaires œuvrent en ce sens. Le Réseau d’Éducation à l’Environnement 05&Écrins, le Parc naturel Régional du Queyras et le Parc national des Écrins proposeront, en septembre prochain, des rencontres échanges-formations à destination des intervenants en éducation à l’environnement sur le territoire. L’objectif principal est de favoriser le développement des activités de sensibilisation sur la nuit en lien avec les spécificités du territoire 05 & Écrins. Contact : C.Sagot, tél. 04 92 40 20 60 Cette initiative est soutenue par le Conseil général 05, la Région PACA et Jeunesse et Sports 05.
Pour en savoir plus :
Atlas des vertébrés-tome 2 (les oiseaux) dont sont issues les illustrations ci-dessus - Éd. du Parc national des Écrins et le CRAVE Petites chouettes de montagne Chevêchette et Tengmalm. Cahier technique. - LPO www.chouette.parcs-naturels-regionaux.fr Oiseaux remarquables de Provence : écologie, statut et conservation - coll. Les références du naturaliste. Ed. Delachaux et Niestlé Chouette, coll. Jeunesse, Parcs nationaux de France, Éd. Hesse
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Les rencontres de l'image auront lieu à Bourg d'Oisans les 17 et 18 septembre. Le programme devrait réunir passionnés de photos et de montagne de tous âges ! Lire la suite.