Le pastoralisme et les alpages à l’honneur cette année

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Troupeau de brebis et bergère dans un cadre montagnard
L'ONU (Organisation des Nations Unies) a fait de 2026 l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux. L’objectif : renforcer ces écosystèmes et soutenir les populations qui les préservent. Dans le massif des Écrins, le pastoralisme est une composante indissociable du territoire, mêlant histoire, économie et biodiversité. Depuis sa création, le Parc national œuvre pour le maintien de cette activité dans le respect des milieux naturels.

Des événements pour faire connaître le pastoralisme

Troupeau de brebis dans un villageLe Parc national s’associe à l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, et proposera tout l’été des animations pour mieux connaître le pastoralisme : rencontres en alpage, échanges avec les bergers, animations en maisons du Parc et dans des lieux d’accueil touristique, diffusion de films… « Le pastoralisme, ce n’est pas simplement monter un animal en alpage, sourit Muriel Della-Vedova, chargée de mission agriculture et pastoralisme au Parc national. Derrière, il y a du travail, des techniques et des savoir-faire. Nous voulons faire découvrir ça au grand public. Cette année internationale est aussi une bonne occasion d’illustrer la complexité du sujet pastoralisme et biodiversité, et l’équilibre ténu entre les deux. »

La programmation détaillée est à retrouver sur l’agenda en ligne du Parc national.

Le pastoralisme dans les Écrins

Troupeau de brebis et bergers dans un cadre montagnard « Grâce aux travaux des archéologues, on sait que le pastoralisme existe dans le massif des Écrins depuis la fin de la Préhistoire, explique Muriel Della-Vedova. Il a évolué au fil du temps : aujourd’hui, ce sont des troupeaux qui pâturent en alpage l’été ; au printemps et à l’automne, ils sont dans les vallées à proximité des exploitations pour les troupeaux locaux. Des troupeaux issus de la grande transhumance (Bouches-du-Rhône, Drôme, Ardèche...) fréquentent aussi nos montagnes l’été. » Si l’on trouve quelques milliers de vaches, chèvres et chevaux, ce sont principalement les brebis qui viennent profiter de la belle herbe naturelle des alpages : 110 000 bêtes estivent chaque été sur les 68 800 hectares d’alpages que compte le massif.

Un ratio qui permet de saisir rapidement le caractère peu impactant de cette pratique. « Il s’agit d’une agriculture extensive qui a beaucoup de bienfaits, confirme Muriel. Elle ne nécessite pas d’engrais, pas de pesticides, les sols n’ont pas besoin d’être retournés. Comme les animaux ont beaucoup d’espace et se nourrissent de plantes variées, il y a moins besoin de médicaments. » Les troupeaux du massif sont élevés essentiellement pour la viande, notamment celle des tardons, les agneaux qui se nourrissent de l’herbe des alpages. Une belle spécificité qui alimente l’économie locale et les circuits courts.

Un équilibre à trouver avec la préservation de la biodiversité

Sur les espaces fragiles de haute altitude, à fortiori dans un parc national, le pastoralisme peut avoir des effets négatifs (surpâturage, piétinement de zones humides ou de zones de nidification…). « Le rôle du Parc est de limiter ces impacts, précise Muriel. Il faut faire en sorte de trouver un équilibre entre la bonne santé des écosystèmes et le pastoralisme. » À ce titre, le savoir-faire des bergers et des éleveurs est essentiel : une bonne gestion des troupeaux et des surfaces permet le renouvellement de l’herbe et la préservation de la biodiversité, qui vont souvent de pair. « Une grande partie des bergers aujourd’hui ont une sensibilité naturaliste, commente Muriel. Le métier s’est aussi rajeuni, féminisé. Bergers et bergères sont eu cœur de l’adaptation aux défis actuels et à venir, comme la présence du loup ou les effets du changement climatique. »

Un homme contemplant un troupeau de brebis

Pour favoriser les bonnes pratiques en alpage, le Parc national dispose d’un outil majeur grâce à l’Union européenne : les mesures agro-environnementales. Il s’agit d’un soutien financier aux éleveurs et groupements pastoraux qui respectent des règles spécifiques sur les alpages qu’ils exploitent (charge pastorale, report de pâturage, protection d’une zone humide...).

Des actions pilotes en alpage

Brebis pâturant au-dessus d'un lac de montagne Des projets plus ciblés permettent également de mieux connaître et gérer les alpages. Depuis 2024, ACLIMO s’intéresse par exemple à la problématique de l’eau. Un grand inventaire des zones humides sur les alpages des Écrins mené en 2024 et 2025 a mis en évidence leur richesse : sources et suintements de pentes parsemés de mousses et saxifrages ; bas marais sur des ruptures de pentes constellés de linaigrettes… Ces milieux fragiles remplissent un rôle essentiel pour de nombreuses espèces et dans le cycle de l’eau en tête de bassin versant. Pour mieux les préserver, des actions de gestion sont mises en place en concertation avec les éleveurs et les groupements pastoraux. Dans le Valbonnais, la pose de filets mobiles par le berger permet depuis l’an dernier de protéger les berges du lac Labarre et du marais situé à son exutoire. Au niveau du GR54, le dispositif est complété par un portail en bois, fabriqué et posé par les agents du Parc. Les brebis n’ayant plus accès à ces zones, linaigrettes, laîches et autres grassettes peuvent de nouveau s’épanouir.

D’autres actions pilotes pour préserver les zones humides seront mises en place pendant l’été 2026.

Pastoralisme et chiens de protection des troupeaux

Gros chien depuis des brebis Depuis le retour du loup, qui dit troupeau dit souvent chiens de protection. Sur les alpages, il est parfois difficile pour les randonneurs de cohabiter avec ces chiens massifs qui viennent au contact en aboyant (même s’il s’agit du comportement habituel de dissuasion). Une série de vidéos produites par le Parc national des Écrins et l’IDELE (Institut de l'élevage) est à découvrir cet été sur les réseaux sociaux du Parc. Son but : donner au grand public les clés pour comprendre le langage et l’intention d’un chien quand il s’approche. Cette série vient compléter les vidéos déjà existantes sur les bons gestes à appliquer à proximité des troupeaux.

Pour apprendre ou réviser les bons comportements à avoir en cas de rencontre avec des chiens de protection, consultez le dossier Chiens de protection : des gestes à adopter.