3 passerelles flambant neuves !

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Tout comme les sentiers, les passerelles du parc national des Écrins sont victimes des aléas climatiques et leur maintien représente parfois de vrais défis techniques ! Grâce au plan France Relance, au Plan national de relance et de résilience et à l'engagement des agents du Parc national, 3 chantiers d’envergure ont pu être menés ce printemps pour remplacer des passerelles très empruntées mais malmenées par les éléments, en Oisans et dans la Vallouise.

La réfection de la passerelle vieillissante du Carrelet

Travaux à la passerelle du Carrelet © S. D'Houwt - PNECette passerelle suspendue de 15 mètres (et d’un âge honorable de presque 40 ans !) voit circuler chaque jour en été des centaines de randonneurs. Elle leur permet de traverser le Vénéon sans risques en aval du refuge du Carrelet (Oisans) et de réaliser ainsi une boucle au départ de du hameau de la Bérarde. Malgré un entretien régulier par les équipes de l’Oisans, une mise aux normes s’imposait pour cette passerelle vieillissante, fragilisée encore par un glissement de terrain en 2020.

Travaux à la passerelle du Carrelet © S. D'Houwt - PNE Travaux à la passerelle du Carrelet © S. D'Houwt - PNE

Travaux à la passerelle du Carrelet © S. D'Houwt - PNE Après une étude géotechnique du site par le cabinet d'experts SAGE, c’est donc un gros chantier qui attendait les ouvriers de l’entreprise PADFE Passerelle 43 : le démontage de la passerelle existante, la construction de nouveaux blocs d’ancrage pour les câbles et la construction de nouvelles plate-formes en rives gauche et droite, avant le montage de la passerelle proprement dite. Décaissage, transport de pierres, maçonnerie, montage des éléments : hormis le transport préalable des 38 tonnes de matériaux et d’outils par hélicoptère, tout a été réalisé manuellement pendant les 3 semaines de chantier. Ce beau défi a été relevé avec succès. La nouvelle passerelle a été ouverte au public le 17 juin, après le passage du cabinet de contrôle SOCOTEC (normes spécifiques dues au caractère suspendu de la passerelle).

Le coût du chantier s’est élevé à 95 992 euros.

Une remise en état de la passerelle du Glacier Noir

La passerelle du Glacier Noir subermergée par le torrent © S. D'Houwt - PNE On ne présente plus la passerelle du Glacier Noir, située au-dessus du Pré de Madame Carle (Vallouise), le lieu le plus fréquenté du parc national. Cette installation étant aussi située en aval du glacier, elle subit régulièrement des crues torrentielles chargées de débris du glacier rocheux, qui submergent la passerelle et bloquent parfois les randonneurs en rive gauche… Après de gros dégâts en 2021, des travaux s’avéraient indispensables.

Travaux à la passerelle du Glacier Noir © S. D'Houwt - PNE Travaux à la passerelle du Glacier Noir © S. D'Houwt - PNE

Confié à l’entreprise Verti-Alp, le chantier a compris la reconstruction des supports de la passerelle, rehaussés d’un mètre pour la mettre à l’abri des crues, et la pose d’une nouvelle passerelle en bois. Pour contenir le torrent sous la passerelle, des travaux d’entonnement ont également été réalisés par la communauté de communes du Pays des Écrins. 2 semaines auront été nécessaires aux ouvriers de Verti-Alp pour mener à bien les travaux, avec une ouverture de la nouvelle passerelle le 13 juin. Ils auront coûté 23 640 euros.

Réouverture de la passerelle du Glacier Noir © S. D'Houwt - PNE

Une passerelle créée de toutes pièces à Clapouse

Autre passerelle régulièrement malmenée par les crues : la passerelle de Clapouse, qui permet de traverser le torrent de Celse Nière au niveau du cimetière des Vaudois (Vallouise) et d’accéder au sentier de la bosse de Clapouse, très fréquenté par les familles. Historiquement, le maintien de cette passerelle a toujours demandé une forte implication des équipes de la Vallouise : remise en état systématique après l’hiver et remplacement complet à plusieurs reprises. Mais en vain, la passerelle ayant été emportée par une crue exceptionnelle en 2020. Pour mettre définitivement l’installation à l’abri des caprices du torrent et des avalanches, un projet inédit dans le parc national a émergé : construire une passerelle suspendue de 27 mètres entre les arbres, à la manière d’un accrobranche !

Travaux à la passerelle de Clapouse © S. D'Houwt - PNE Travaux à la passerelle de Clapouse © S. D'Houwt - PNE

1ère étape du chantier : expertiser les arbres qui supporteront les plate-formes reliant les 3 sections de la passerelle. Après ce diagnostic indispensable par le cabinet d'experts Arbor Hereditum, les ouvriers de l’entreprise PADFE Passerelle 43 ont pu passer à l’action : construction des plate-formes par serrage sur les arbres, puis montage des câbles et des éléments suspendus. L’engagement des ouvriers est à souligner, les 3 tonnes de matériaux et d’outillage ayant été entièrement transportées à dos d’homme depuis le parking… Grâce à leur expertise (et leur courage !), le chantier a été mené à bien en une dizaine de jours, avec une ouverture de la nouvelle passerelle le 16 juin (après la visite du cabinet de contrôle SOCOTEC). L’installation se situe 100 mètres en aval de la passerelle précédente. Pour y accéder en toute sécurité, les ouvriers ont aménagé le sentier en rive droite et ont posé une main-courante sur 100 mètres linéaires.

Ne reste plus désormais qu'à évacuer les restes de l'ancienne passerelle emportée. Les débris étant bloqués par le fort débit du torrent, les cordistes de l'entreprise Alpi'D passeront à l'action à l'automne lorsque le niveau d'eau aura baissé.

Travaux à la passerelle de Clapouse © S. D'Houwt - PNE Travaux à la passerelle de Clapouse © S. D'Houwt - PNE

Parmi les atouts de ce type d’installation suspendue, sa réversibilité totale, le respect des arbres utilisés, l’absence de grosses maçonneries et son coût raisonnable : 72 276 euros.

Ouverture de la passerelle de Clapouse © S. D'Houwt - PNE

Comme pour tous les travaux en cœur de parc national, ces 3 chantiers ont nécessité une attention et des techniques particulières en raison des contraintes environnementales, du respect du milieu naturel et de la réglementation spécifique. Leur réussite est le résultat de l'implication des prestataires extérieurs mais également de la participation active des équipes du Parc national, en particulier du secrétariat général (pour le volet marchés publics), du service aménagement (pour l'écriture du cahier des clauses techniques particulières, la maîtrise d'œuvre et le suivi technique) et des agents des secteurs (pour le suivi des travaux).