Deux gypaétons à l’envol !

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Chez la moitié des couples de gypaètes barbus installés dans le massif des Écrins, reproduction rime avec succès cette année ! Après le gypaéton du couple du Grand Clot (haute Romanche) le 20 juin, est venu le tour du gypaéton du couple du Bourg (Valgaudemar) de se lancer dans le vide le 10 juillet dernier.

Garnd oiseau se détachant sur le ciel avec un fond de montagnes

L’envol, l’épilogue d’une longue période de reproduction

L’envol du jeune gypaète barbu est le point d’orgue d’une saison de reproduction à haut risque pour le grand vautour. Quatre mois environ après sa naissance, et après des semaines à agiter et à muscler ses ailes dans le nid, son instinct le pousse vers le grand saut (n’oublions pas que le gypaète barbu construit son aire dans des falaises à plusieurs centaines de mètres du sol). Quelques battements d’ailes désordonnés plus tard, le voilà au sol, où il continuera d’être nourri par ses parents le temps de gagner son autonomie et de perfectionner ses techniques de vol.

Des reproductions réussies au nord et à l’ouest du massif

Dans les Écrins, deux des gypaétons nés à la fin de l’hiver ont survécu : Patachou, le petit du couple du Grand Clot en haute Romanche, et Envergure, le petit du couple du Bourg dans le Valgaudemar. Le premier a profité de l’arrivée imminente de l’été pour quitter le nid. Depuis son envol le 20 juin, Patachou navigue dans la vallée sur le territoire de ses parents. Il s’agit de la première reproduction réussie pour ce jeune couple installé dans la vallée depuis l’automne 2024.

De son côté, Envergure a pris son temps mais a fini par prendre son envol le 10 juillet. Toujours nourri par ses parents, il commence à prendre de l’aisance en vol. Le couple du Bourg n’est pas entièrement novice en la matière puisqu’il s’est déjà reproduit avec succès en 2024 (naissance et envol du gypaéton Valgaudemar).

Rapace volant

Un bilan dans la moyenne

Chez les autres gypaètes barbus installés dans le massif, les nouvelles sont plus mitigées. Le trio de Malaval, également en haute Romanche, a connu un échec rapide après l’éclosion de son œuf. Dans le Vénéon, c’est début avril que les adultes ont quitté l’aire, marquant la fin de leur reproduction. Ce sont donc deux couples sur quatre qui se sont reproduits avec succès en 2026, « un chiffre dans les standards », comme l’explique Yoann Bunz, chargé de mission faune vertébrée au Parc national. « On considère que la probabilité pour les gypaètes barbus d’arriver au bout d’une reproduction est d’environ 50 %. On est dans ces eaux-là cette année. Si le trio de Malaval a connu un échec en 2026, il ne faut pas oublier qu’il a mené à l’envol six gypaétons en neuf ans, ce qui est un très bon bilan. »

Oiseau volant sur fond de montagne

Des règles à respecter pour assurer la tranquillité des oiseaux

La reproduction des gypaètes barbus est protégée via l’activation de zones de sensibilité majeure (ZSM) autour des nids occupés. Dans ces périmètres, il est demandé aux usagers de la montagne de respecter certaines règles pour assurer aux oiseaux le plus de tranquillité possible. Malgré ces dispositions, plusieurs survols de l’aire du Valgaudemar, par un hélicoptère et des parapentes, ont été constatés par les agents du Parc début juillet.

Les ZSM étant actives jusqu’au 31 août, nous demandons à chacun de continuer à les respecter. Si les gypaétons se sont envolés du nid, ils ne sont pas pour autant autonomes. Ils restent dépendants de leurs parents qui les nourrissent et les guident pour perfectionner leur vol. Tout dérangement conduisant à l’abandon des lieux par les parents serait donc extrêmement préjudiciable pour les jeunes.