Les sols et les parois moins sensibles que les lacs : jusqu’à quand ?
Les deux canicules de 2015 et 2022 ont marqué les esprits, mais aussi les écosystèmes. En montagne, ces deux épisodes ont eu des impacts significatifs et durables sur les parois rocheuses (et leur permafrost), les sols et les lacs. C’est ce qu’a mis en évidence une étude menée sur près d'une centaine de sites dans les Alpes françaises.
L'étude a consisté à calculer des anomalies de température entre les étés caniculaires et les données de référence (les autres années) afin de savoir si l'anomalie ressentie à l'échelle de la France hexagonale et de l'Europe plus largement avait aussi été perçue à l'échelle des compartiments et écosystèmes de montagne. Dans un deuxième temps, l'effet tampon ou amplificateur des compartiments par rapport à l'atmosphère a été quantifié.
Ce sont les lacs qui ont réagi de manière la plus intense, avec une anomalie de température plus forte que celle mesurée dans l’atmosphère pendant ces canicules (+4,1°C en moyenne pour la température de juillet-août en 2022 contre +1,6°C en moyenne pour l'atmosphère, sur les sites étudiés). Les anomalie ont également été significatives pour les sols (+2,1 °C en 2022) et les parois rocheuses (+1,6°C en 2022). L'étude a montré que les lacs amplifient le signal atmosphérique, alors que les sols et parois ont un effet tampon. Toutefois, ces conclusions sont à relativiser, car les résultats de l’étude suggèrent que ce pouvoir d’amortissement de la chaleur pourrait être affaibli par la répétition des canicules.
De nombreux chercheurs et espaces protégés impliqués dans l’étude
Les résultats de l’étude sont consultables librement en ligne.
Ces travaux se sont appuyés sur un large jeu de données produites par de nombreux partenaires (chercheurs académiques et espaces protégés) de la Zone Atelier Alpes sur une période maximale de 1999 à 2022. Dans le parc national des Écrins, l’étude a été alimentée par des mesures réalisées sur les cinq lacs sentinelles du massif (Pétarel, Pisses, Plan Vianney, Muzelle et Pavé), sur certains alpages sentinelles principalement côté Durance, et sur des parois situées surtout au nord du massif.




