Le lac de Pétarel passé au crible

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Fragiles, sensibles aux évolutions de leur environnement, très fréquentés aussi, les lacs de montagne font l’objet de nombreuses études scientifiques. Dans le cadre du projet BioAlpine, deux lacs des Écrins, les lacs de Pétarel et des Pisses, sont passés au crible régulièrement ; au début du mois de juin, le matériel posé à la fin de l’été 2025 au lac de Pétarel a été relevé. Les résultats, connus en 2028, permettront d’en savoir plus sur l’impact des changements globaux sur le fonctionnement des lacs.

Lac de montagne avec de la brume Canot sur un lac de montagne

Changements en cours : quels effets sur les lacs ?

Huit lacs dans les Alpes, du Mercantour à la Vanoise en passant par les Écrins et le Queyras : c’est l’objet d’étude du projet BioAlpine. Débuté l’an dernier, il s’attache à évaluer les effets du changement climatique, des pollutions atmosphériques et des usages nouveaux (loisirs, pastoralisme) sur la biodiversité des lacs d’altitude et sur leur fonctionnement. Pendant trois ans, sont notamment prévus des inventaires et une quantification de la biodiversité des lacs (diatomées, phytoplancton, zooplancton, bactéries, poissons, macrophytes…), dont des groupes très peu étudiés. Les apports aux lacs, par ruissellement et par l’atmosphère, seront également documentés, pour tenter de comprendre comment ces molécules arrivent et comment elles sont gérées par l’écosystème du lac (absorption, dégradation ?).

Des instruments pour étudier ce qui se passe dans les lacs

Quatre personnes en montagne Initiées en 2025, les campagnes sur les huit lacs se poursuivent. Début juin 2026, les chercheurs de l’IMBE (Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie) accompagnés d’agents du Parc national des Écrins, se sont rendus au lac de Pétarel juste après le dégel du lac, afin de récupérer les équipements laissés sur place. Cette mission a été l’occasion d’échantillonner la partie la plus profonde du lac après la phase hivernale.

Après la dernière mission estivale de septembre 2025, certains équipements comme des trappes à sédiment et des substrats artificiels avaient été replacés au fond du lac pour capter pendant les mois d’hiver la matière organique sédimentée et le biofilm microbien et algal. Le contenu des trappes a été récupéré et sera analysé pour déterminer la provenance de l’azote et du carbone. Le biofilm a été gratté sur les substrats artificiels et sera analysé pour la chlorophylle, la diversité bactérienne et les peuplements de micro-algues.

Photos des équipements récupérés à Pétarel : à gauche, récupération du contenu des trappes à sédiments ; à droite, récupération du biofilm qui s'est développé entre octobre 2025 et fin mai 2026.

Tous les lacs concernés par le projet BioAlpine font l’objet du même protocole d’étude. Rendez-vous en 2028 pour la synthèse des résultats !