Reprendre le soutènement de sentiers : deux chantiers d’ampleur sur le GR54
Pour la plupart des randonneurs en itinérance sur le GR54, le col du Vallon, qui relie le lac de la Muzelle à celui du Lauvitel, est le dernier passage en altitude avant de boucler leur périple. Et non des moindres, le sentier serpentant dans des pentes particulièrement raides avant d’arriver au col, côté Muzelle. Pour maintenir un sentier dans ces conditions, un soubassement est indispensable. Étienne Charles, chargé de mission sentiers et signalétique au Parc national, complète : « Des travaux ont été réalisés en 2015 avec la création d’un soutènement en rondins de mélèzes. Cette solution a fait ses preuves mais nécessitait une reprise complète due au pourrissement des bois et à l’affaissement de certains passages. » Une centaine de mètres de sentier était donc à reprendre entièrement. Seul bémol, le caractère abrupte des lieux, qui a conduit au départ à vouloir externaliser le chantier.
Finalement, la mobilisation des équipes de l’Oisans et du Valbonnais, conduites par Christian Bertini et Hervé Péan, spécialistes du rétablissement de l’assise de ce genre de sentiers pentus, a fait des merveilles. Une douzaine de personnes (ouvriers sentiers, gardes-moniteurs, gardes auxiliaires, services civiques et chargé de mission sentiers) a pris part au chantier, rondement mené en une journée (!) le 7 septembre dernier. Un héliportage financé par le Département de l’Isère dans le cadre du PDIPR (Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée) avait préalablement permis d’acheminer matériel et rondins de mélèzes sur place. « Ce chantier a été hyper efficace, commente Étienne Charles. Nous avons posé 16 troncs de mélèzes, ce qui a permis de stabiliser et d’élargir l’assise du sentier. Ces travaux n’ont pu se faire que parce qu’ils ont été réalisés en interne, car nous n’avions pas le budget pour recruter un prestataire. »
Le sentier du col du Vallon, avant (à gauche) et après (à droite)
Ce chantier de sécurisation sur le GR54 fait suite à un autre du même type en début d’été. Un peu plus au sud, sous le col de Côte Belle versant Valsenestre, le sentier traverse des pentes très exposées, et son assise commençait à se dégrader. Pour réaliser les travaux en toute sécurité, c’est une double compétence qui a été mobilisée, en interne toujours : celle de Christian et d’Hervé, pour le travail du bois et la création de soutènements, et celle de Nicolas Bertrand et d’Alexandre Terreau, gardes-moniteurs qualifiés aux techniques d'accès sur corde. Une journée leur aura suffit, le 24 juin, pour mener à bien le chantier. Un chantier aux ressources très locales, matière première comprise : les bois de mélèzes proviennent de la forêt communale de Valjouffrey, qui a autorisé gratuitement leur débitage en 2025.
Rénover la passerelle emblématique du Champsaur : travail en hauteur au saut du Laire
Le saut du Laire, accessible en une grosse heure de marche depuis le hameau de Prapic, est le but recherché de nombreuses familles et visiteurs du parc national. La gorge étroite où se jette le Drac Noir est enjambée par une passerelle qui permet d’accéder à la rive gauche et au plateau de Basset notamment. Mais à presque trente ans, cette passerelle commençait à subir les usures du temps. « Certains bois étaient en train de pourrir, explique Étienne Charles, chargé de mission sentiers et signalétique. Il y avait urgence à la changer. » Pour cette mission vertigineuse (à une quinzaine de mètres de haut, tout de même), le Parc national a pu compter, une fois de plus, sur les nombreux mérites de ses ouvriers sentiers.
L’équipe locale composée de Jean Ariey et de Gauthier Courot, également qualifié aux travaux sur corde, est intervenue quatre jours la semaine dernière pour offrir un nouveau visage à la passerelle. Après avoir posé des lignes de vie pour s’assurer tout au long du chantier, les deux ouvriers ont démonté les bois pour ne garder que les grosses poutres métalliques d’origine qui relient les deux rives. Puis ils ont installé le nouveau platelage, composé de bois héliportés au printemps en même temps que le matériel des bergers. Avec l’appui d’un ou deux agents du Parc en renfort, le chantier s’est très bien déroulé, comme le confirme Jean Ariey. « Des passerelles, on en a refait un certain nombre. Mais là, avec autant de hauteur, c’était une première. Grâce aux compétences de cordiste de Gauthier, on a pu le faire, et ça nous a changé de ce qu’on fait d’habitude ! La passerelle du saut du Laire est un peu un symbole, c’est gratifiant qu’on nous ait fait confiance pour la refaire. » Ultime étape du chantier, les garde-corps seront installés demain, actant la réouverture officielle de la passerelle.
Pour mener à bien ces chantiers, le Parc national a reçu le soutien financier des Départements de l’Isère et des Hautes-Alpes.






