Des perspectives pour les refuges et l’alpinisme en Vallouise

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Un groupe d’étudiants de l’Université Savoie Mont Blanc a planché récemment sur la Vallouise, en s’intéressant notamment aux activités touristiques et aux refuges en haute montagne. Le but de leur travail : dresser un état des lieux, analyser les vulnérabilités au changement climatique et imaginer des pistes d’amélioration des accès, des aménagements ou des refuges. Leurs propositions complètes sont téléchargeables en bas de page.

Un alpiniste évoluant sur un glacier

Un travail complet sur la Vallouise

De septembre 2025 à février 2026, trois étudiants du master 2 Géographie et aménagement de la montagne de l’Université Savoie Mont-Blanc ont regardé vers le sud pour s’intéresser au massif des Écrins, à la Vallouise tout particulièrement. Le défi était de taille : six mois pour établir un diagnostic des activités de pleine nature et des refuges de la vallée, analyser leur vulnérabilité par rapport au changement climatique et à l’évolution des pratiques, et proposer des actions pilotes les concernant. Et le défi a été relevé ! Les étudiants ont présenté les conclusions de leur travail début mars 2026 à la maison du Parc de Vallouise et en visioconférence, devant une assemblée constituée de gardiens et gestionnaires de refuges, de personnels d’offices de tourisme et d’agents du Parc national (66 participants).

Quelques éléments de diagnostic...

Un randonneur assis devant un paysage de montagne Grâce à l’analyse des données de fréquentation fournies notamment par le Parc national, la FFCAM et le réseau Refuges sentinelles (UGA), les étudiants ont pointé de grandes tendances. L’une d’elle est la forte augmentation du nombre de pratiquants des sports de nature depuis trois ans : la randonnée (+ 62 %), l’alpinisme (+ 69 %), et surtout le ski de randonnée (+ 296 %). Roche Faurio et le dôme des Écrins sont les itinéraires les plus parcourus, à ski comme en alpinisme.

De manière générale, les pratiques sportives sont en constante évolution, parfois contraintes par les milieux qui changent : la saison de la pratique de l’alpinisme se raccourcit, la randonnée pédestre se concentre entre le parking et le refuge… La fréquentation des refuges augmente depuis la Covid sans atteindre les pics des années 1990, et évolue : c’est un public qui découvre les refuges et qui se concentre sur les itinéraires les plus reconnus.

… Et des préconisations précises

Un refuge de montagne Les trois étudiants ont également mené des entretiens avec les acteurs de la Vallouise et se sont déplacés pour des observations de terrain. À partir de ces enseignements, ils ont tiré une vingtaine de recommandations concernant la mobilité, les refuges, les pratiques sportives et les incertitudes liées au changement climatique, comme :

  • l’augmentation du cadencement des navettes desservant les fonds de vallées
  • la réglementation de la route menant au pré de Madame Carle
  • des avantages sur le prix des nuitées en refuge sur justification d’un mode de déplacement durable
  • la réactivation de l’itinérance alpine
  • l’installation de refuges-abris à des endroits stratégiques
  • la création d’un site « Infos Écrins haute montagne » (équivalent de la Chamoniarde).

Les acteurs publics et les socio-professionnels pourront s'emparer des éléments de diagnostic et de certaines préconisations pour agir à moyen et à long terme s'ils en ont la volonté.

Plusieurs documents produits

Leurs travaux et leurs conclusions ont donné lieu à plusieurs documents : un rapport détaillé, une présentation synthétisée, et un livret sur tous les refuges de la Vallouise (information sur les bâtiments, gestion et dynamiques de fréquentation). Ils sont téléchargeables ci-dessous.

Cet atelier a été réalisé dans le cadre du projet BiodvTourAlps (n°20140) financé par l'Union européenne dans le cadre du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) et du programme territorial de coopération transfrontalière Interreg VI-A France-Italie ALCOTRA 2021-2027.