Sur la trace des loups

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Malgré le froid, les petits jours et la météo capricieuse, l’hiver est parfois l’allié des gardes-moniteurs dans leurs missions. C’est le cas du suivi du loup, réalisé principalement pendant cette période charnière pour le grand canidé. L’objectif : en apprendre plus sur les meutes présentes dans les Écrins.

Des meutes stables et à leur maximum

Un matin de janvier, six agents du Parc national se préparent à partir sur les chemins enneigés du Valgaudemar à la recherche des traces des loups de la vallée. Régis Jordana, technicien patrimoines et organisateur de l’opération, explique pourquoi l’hiver est particulièrement propice au suivi de ces grands canidés. « L’hiver est une saison très intéressante pour nous car les meutes sont composées du maximum d’individus. On y trouve le couple dominant, les louveteaux rescapés de l’année et les subadultes qui les aident à chasser. Les meutes sont stables, car la période de dispersion n’a pas encore commencé. »

La génétique et les pièges photo à la rescousse

La mission des agents du Parc lors de ce type de journée : identifier les empreintes de loups dans la neige (autre avantage de l’hiver) et remonter ces pistes pour récolter des indices génétiques (crottes, urine, sang, poils, voire cadavre). Après prélèvement, ce matériel génétique partira pour analyse au laboratoire ANTAGENE, installé dans le Rhône. « Grâce à la génétique, on peut avoir l’équivalent de la carte d’identité des loups, précise Régis. Elle permet de raconter l’histoire des meutes, de retracer le parcours de chaque individu. C’est une méthode très efficace et peu intrusive pour les animaux, puisqu’on n’est pas obligés de les équiper de GPS. »

Les suivis hivernaux permettent également d’évaluer la démographie et de connaître les limites du territoire des différentes meutes, avant la dispersion des loups subadultes. Ce protocole est standardisé à l’échelle nationale : tous les massifs où le loup est installé sont divisés en grandes mailles de 10 kilomètres par 10 kilomètres. « L’objectif est de récolter 5 à 7 indices génétiques par maille et par hiver pour couvrir au maximum le territoire », ajoute Régis.

Pour compléter le suivi des loups, les agents du Parc peuvent compter sur des renforts mobilisables 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 : les pièges photo. « On a parfois du mal à établir le nombre d’individus dans la meute, explique Régis. Les traces dans la neige ne sont pas d’une grande utilité car les loups marchent les uns derrière les autres, dans les mêmes traces. À l’inverse, les pièges photos nous aident beaucoup. »

Six meutes dans le sud-ouest des Écrins

Présent sporadiquement dans les années 1990, le loup s’est installé de façon pérenne dans le massif des Écrins dans les années 2010 – 2014 pour la meute du Valgaudemar. Dans le sud-ouest du parc, on trouve aujourd’hui six meutes : les meutes du Valgaudemar, du Beaumont et du Valbonnais, dont la frontière commune se situe autour du vallon des Vachers, la meute de Molines, un peu à l’étroit entre la meute du Valgaudemar et celle en cours d’installation à Chaillol, et la meute de Champoléon.

Organisé par l’Office français de la biodiversité, le suivi du loup via les observateurs du réseau loup-lynx permet de connaître les dynamiques de populations et de mieux gérer la cohabitation avec le pastoralisme et le monde cynégétique.

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