Les voltigeuses de la nuit sortent de l’ombre

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Depuis un an et demi, les chauves-souris de la colonie de Châteauroux-les-Alpes font l’objet d’un projet scientifique et pédagogique. Vendredi 25 septembre, une soirée spéciale organisée par le Parc national dans le village a permis au grand public de découvrir le projet, ses premiers résultats et les actions de communication menées.

chauves-souris rassemblées sous une poutre

Les quelque 600 chauves-souris (principalement des grands murins) regroupées chaque été sous les toits de l’église Sainte-Irénée à Châteauroux-les-Alpes ont eu droit à une soirée spéciale le 25 septembre. Les habitants du village et des communes alentours étaient invités à la salle des fêtes du village pour en apprendre plus sur ces animaux fascinants et le projet Voltigeuses de la nuit qui leur est entièrement consacré.

Des routes de vol connues

personne avec un micro devant un diaporama Débuté en début d’année 2025, les suivis scientifiques ont déjà livrés leurs premiers résultats, notamment sur routes de vol, c’est-à-dire les trajectoires qu’empruntent les chauves-souris quand elles sortent de la colonie. Olivier Lefrançois, garde-moniteur dans l’Embrunais et présent à la soirée, explique : « Grâce à la télémétrie (certaines chauves-souris ont été équipées d’émetteurs), trois couloirs de vol ont été identifiés, dont un long de 1,5 km. Nous connaissons également mieux les territoires de chasse des chauves-souris : à l’ouest jusqu’à Ancelle via le col de la Coupa, à l’est jusqu’au Guillestrois. Elles fréquentent beaucoup les grandes prairies qui viennent d’être fauchées. Les grands murins chassant surtout des orthoptères (criquets, sauterelles, etc.) au ras du sol, l’accès à la nourriture leur est facilité. »

Des milieux à protéger ?

chauve-souris accrochée sous une poutre L’étude des déplacements des chauves-souris a également permis de répondre à une question soulevée après l’installation de caméras dans l’église : au printemps lorsque le temps est plus froid, plusieurs centaines d’individus quittent la colonie ; mais vers quelle destination ? « Le phénomène est collectif, précise Olivier Lefrançois, mais les chauves-souris partent dans des directions différentes. La télémétrie nous a permis de repérer des gîtes secondaires, bâtis et naturels, qu’elles utilisent à ce moment-là. »

Car c’est tout l’enjeu du volet scientifique du projet : identifier et comprendre les milieux qu’elles utilisent pour prendre d’éventuelles mesures de conservation. « Il n’y a pas que la colonie dans l’église qu’il faut protéger », confirme Olivier.

Les chauves-souris se sont invitées en classe

Le deuxième volet du projet Voltigeuses de la nuit, centré sur la pédagogie, a également fait l’objet d’une présentation. 130 élèves des écoles de Châteauroux et d’Embrun, de la grande section au CM2, ont été initiés au monde méconnu des chiroptères pendant l’année scolaire 2025-2026. Les gardes-moniteurs de l’Embrunais ont mêlé animations en classe et ateliers pratiques, dont la construction de nichoirs à chauves-souris, le comptage des animaux en sortie de gîte, ou l’observation de la vie de la colonie en direct grâce aux caméras installées dans les combles.

enfants assis à la nuit tombée

Un événement réussi

personne avec un micro devant un diaporama « Pour nous, il est important que les habitants de Châteauroux connaissent ce gros projet qui se passe dans leur commune, commente Olivier Lefrançois. Il est très bien perçu et la soirée a été un bel événement avec beaucoup de locaux présents, dont des élèves qui ont bénéficié des animations scolaires et leurs parents. » Ultime point d’orgue de cette soirée : la diffusion du film Les ailes du maquis, consacré à une espèce de chauve-souris endémique de la Corse, en présence de son réalisateur, Tanguy Stoecklé.

La colonie de Châteauroux-les-Alpes fera elle aussi l’objet d’un film. Rendez-vous en fin d’année 2027 pour sa diffusion !

Pour aller plus loin

Consulter le dossier Les chauves-souris, des super-héroïnes à protéger