Quand le redoux "réveille" les crapauds

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Des amphibiens et des chauves-souris sont de sortie en ce début janvier. Des observations inédites et très précoces de ces animaux, habituellement en léthargie, sont mentionnées dans le Champsaur.Et dans les autres vallées du massif ? Vos témoignages sont les bienvenus !.

La période de redoux que nous connaissons actuellement n'est pas sans conséquences sur la petite faune, notamment les animaux sujets à des phases de léthargie comme les chauves souris, les reptiles et les amphibiens.

Début janvier, Rémy Pascal, accompagnateur en montagne, signale un crapaud commun écrasé sur les pistes de ski de fond de la base de loisirs d'Orcières à 1250 m d'altitude.

Un autre crapaud est mentionné par Olivier Ariey-Jouglard, accompagnateur également, le 7 janvier à Saint-Michel de Chaillol, à 1300 m d'altitude.

Dans le même temps, d'autres observations de crapauds communs et de salamandres sont enregistrées aux alentours de Gap, ou encore des chauves souris en vol à Briançon.

En plongeant dans les bases de données à sa disposition (celles du Parc national, du Crave ou encore "Faune-PACA"), Marc Corail, garde-moniteur dans le Champsaur, réalise un rapide "historique" des données connues dans les Écrins qui permet de mieux situer ces observations, inédites, réalisées dans le Champsaur en ce début janvier 2011.

Ce que l'on a déjà vu dans les Écrins

Dans les Ecrins, chez les chiroptères, il n'est pas rare en février, lors d'un redoux passager, d'observer des pipistrelles de Kuhl chassant autour des lampadaires les rares papillons de nuit déjà actifs ou bien d'entendre les « tsic » puissants des molosses de Cestoni en quête des premiers insectes volants.

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Le crapaud commun est rarement observé dans les Écrins avant début mars.

Dans le territoire du parc national toujours, le crapaud commun n'est guère observé avant début mars, bien qu'il existe 3 mentions en février, toutes à basse altitude, autour du lac de Serre-Ponçon.
Deux autres mentions en février par le CRAVE concernent, elles, le Sud des Hautes-Alpes.

Enfin de manière tout à fait exceptionnelle, Michel Bouche, agent du Parc national, observait le 8 janvier 2007 un crapaud commun à Baratier à 800 m d'altitude puis un autre à Puy-Sanières, à 1150 m d'altitude, dix jours plus tard.

Toujours en 2007, année assez exceptionnelle sans doute, on signalait une chauve-souris le 19 janvier au plan d'eau d'Embrun... et des chenilles processionnaires à Chalvet (Embrun, 1000 m).

 

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Parfois la salamandre tâchetée se déplace en hiver. Il est arrivé que l'on observe le lézard des murailles lors de belles journée en janvier... à l'adret !

Chez les amphibiens, la salamandre tachetée est sujette à des déplacement hivernaux occasionnels, parfois même sur la neige. Pourtant, dans les Ecrins, seules quelques très rares mentions concernent les mois de janvier (3) et de février (1), toujours à basse altitude dans le Valbonnais et le Valgaudemar.

La Grenouille rousse, réputée pour pouvoir pondre dans des plans d'eau parfois encore partiellement gelés n'est pas signalée avant mi février, excepté toutefois une observation de pontes un 31 janvier à Entraigues à 820 m d'altitude.

Toutes les espèces mentionnées ci-dessus ont des moeurs nocturnes et ne sortent donc pas aux heures les plus chaudes de la journées.

Chez les reptiles, il arrive que le lézard des murailles (17 mentions) ou le lézard vert (une seule mention) profitent de belles journée de janvier pour tenter une petite excursion dans les adrets ensoleillés et déneigés.

Transmettez vos observations !

Dans le cadre d'un observatoire du changement climatique, toutes ces observations précoces seront sans doute à l'avenir regardées avec beaucoup plus de vigilance, sans que l'on puisse présager pour le moment de l'impact de ces modifications sur les populations animales.

Dans ce cadre, toutes vos observations naturalistes peuvent intéresser les scientifiques et nous vous invitons à vous rapprocher des secteurs du Parc national ou des associations locales qui enregistrent ces informations.

Des outils permettent aussi aujourd'hui une saisie en ligne de vos données, ce qui permet un échange encore plus riche et interactif.

Contacts pour transmettre vos données :

Les secteurs du Parc national des Écrins : voir les contacts

Et les association locales :

Le CRAVE : crave.free.fr

La LPO et la base faune-paca.org