"Get the Flash Player"
"to see this gallery."
Les patrimoines, dans les Écrins, se conjuguent au pluriel
La géologie, la faune, la flore, les milieux spécifiques, l'histoire ancienne ou récente de l'occupation humaine, les pratiques et savoir-faire actuels, les paysages, sont autant de composantes à prendre en compte pour mesurer les richesses de ce massif.
Ces patrimoines qui donnent tout leur éclat aux Écrins, ont justifié le classement en parc national de ce territoire.
La faune
La richesse de la faune des Écrins (plus de 350 espèces de vertébrés) tient à la diversité de ses conditions écologiques : le campagnol provençal et le lézard ocellé, espèces méridionales, y côtoient le campagnol des neiges et le lagopède alpin, reliques des dernières glaciations. Quant aux invertébrés, seule une fraction de la population a dévoilé ses mystères. Espèce emblématique, les chamois étaient à peine 3000 à la création du parc. Ils sont près de 15000 aujourd'hui. Le bouquetin doit son retour aux opérations de réintroductions qui ont été menées : près de 600 animaux fréquentent à nouveau les parois rocheuses du massif. Si certaines espèces ne se rencontrent qu'à la belle saison, d'autres ont su s'adapter à merveille à la rudesse du climat de l'hiver. Tandis que la marmotte s'enfonce dans un profond sommeil, le lièvre variable et le lagopède alpin revêtent leur livrée blanche et le tétras-lyre se crée un igloo efficace. La conservation de ces espèces sensibles au dérangement est étroitement dépendante de la maîtrise de nombreuses activités de loisirs (pratique du ski, des raquettes à neiges...).
Symbole du parc national, l'aigle royal fait l'objet depuis 1985 de dénombrements réguliers.
Il partage le ciel avec plus grands que lui : le gypaète barbu et les vautours fauve et moine. La situation géographique du parc et la diversité de ses milieux expliquent le retour naturel de grands prédateurs tels le loup et le lynx.
La flore et la végétation
Plus de 1800 espèces végétales sont identifiées dans le parc national. Cette diversité répond à l'étagement de la végétation de 800 à 4102 m. Environ 400 espèces structurent les paysages.
Le mélèze donne sa personnalité à toute la partie orientale du parc. Au-dessus de la limite des forêts, le genévrier nain règne sur les adrets, tandis que le rhododendron occupe les ubacs. Quelques 160 végétaux ont une forte valeur patrimoniale : espèces protégées (potentille du Dauphiné, reine des Alpes), espèces inscrites au livre rouge national des espèces rares ou menacées (cotonéaster de l'Atlas, marmottier-prunus brigantina). Les lichens omniprésents sont souvent les derniers postes avancés du monde végétal et colorent les éboulis, atttribuant à chaque site sa teinte originale. Ces paysages végétaux évoluent à mesure que le climat se réchauffe. Ainsi les espèces héritées des périodes glaciaires (bouleau pubescent, carex bicolore) régressent fortement tandis que le tremble, arbre de plaine, part à la conquête des landes et des rochers. Le Parc national des Écrins doit donc s'appuyer sur les principes d'une conservation dynamique, d'inventaires floristiques et d'une cartographie des milieux naturels.
Le patrimoine architectural

Si la notion de diversité caractérise le patrimoine naturel des vallées des Écrins, elle est aussi la mieux appropriée pour parler du patrimoine culturel englobant ainsi tout à la fois patrimoine architectural et paysage construit. Mais si elle est diverse, l'architecture de ces territoires est avant tout universelle. Habiter la montagne, c'est construire dans la pente avec des matériaux pris sur le site, une architecture de cueillette qui conquiert toute sa singularité et sa force grâce à la valeur ajoutée apportée par les savoir-faire et techniques traditionnelles qui ont permis d'édifier cet héritage. Mais si cette architecture est universelle dans ces principes, sa réalité concrète dans chacune de ses vallées est singulière, spécifique, ancrée plus fortement dans une tradition culturelle locale et une réalité géographique et géologique particulière. Ici, ce sont les tufs qui dominent dans le dessin et la réalisation des fenêtres et des chaînes d'angle ; là, ce sont les calcaires bleus taillés qui viennent souligner et distinguer l'espace dévolu aux hommes dans ces grandes structures aux usages multiples.
C'est cette architecture du quotidien, ce patrimoine ancestral d'une culture agropastorale qui perdure et qui forme la toile de fond de cet espace à découvrir, à comprendre.
Des paysages multiples

Dans les Écrins, la présence humaine se fait le plus souvent discrète et donne aux éléments naturels, aux sites leur ampleur et leur caractère sauvage. Le territoire s'organise autour d'un réseau de hauts sommets centraux qui ont construit son histoire et son prestige. Les grands appareils glaciaires ont creusé dans ce puissant massif cristallin de profondes vallées, unique accès à ce territoire de haute montagne.
Cols et paysages, jeu des expositions de versants déterminent la répartition des espèces, la circulation de la faune tout comme les installations humaines et les activités agropastorales et touristiques de la société montagnarde. Chaque "entrée" dans les Écrins est un parcours à travers paysages construits, agricoles, forestiers, pastoraux jusqu'aux espaces sauvages de la haute montagne.
Chaque vallée est un pays, une entité géographique culturelle et humaine unique. La seule évocation de leur nom : Vallouise, Embrunais, Champsaur, Valgaudemar, Valbonnais, Oisans, Haut-Briançonnais fait naître des ambiances paysagères caractéristiques que le massif des Écrins rassemble magistralement.
Découvrir les 7 grandes vallées des Écrins
"Ici, c'est différent d'ailleurs" : culture et savoir-faire
L'occupation humaine des vallées du massif des Écrins est attestée dès l'âge du bronze : parures et objets retrouvés sur plusieurs sites l'attestent. La civilisation agropastorale qui tenta de s'adapter à ces territoires extrêmes fut animée d'un idéal commun, trouver une zone refuge où la liberté d'agir, de penser et de croire trouve toute son application dans l'adaptation à la haute montagne.
Les communications, sentiers et routes sont dès lors les préoccupations majeures avec le repérage des "lieux sûrs", c'est à dire des lieux épargnés par les avalanches, les chutes de pierres et les crues et débordements torrentiels.
Lieux rares, lieux modestes ne débouchant pas toujours sur des parcelles cultivables qu'il fallait épierrer, réapprovisionner en terre, organiser pour lutter contre la pente et l'érosion pluviale. Ainsi se construisent, à travers une gestion quotidienne, les paysages des Écrins. L'apogée de l'usage agricole et pastoral de l'espace correspond au milieu du XIXe siècle.
Les savoir-faire et les traditions sont aussi le fruit de ces adaptations. Cuire le pain, tous ensemble une fois l'an, parce qu'à Villar d'Arène le bois se faisait rare ; se retrouver à Champoléon, à la descente des troupeaux pour la foire de l'agneau "tardon" nourrit de l'alpage ; mener les bêtes des pâturages d'intersaison aux alpages, gérer au mieux la ressource en herbe ; entretenir les canaux d'irrigation et se partager l'usage de l'eau entre utilisateurs ; vendanger les vignes d'altitude et se rassembler le temps d'une fête pour goûter le "clairet"...
Le patrimoine culturel se découvre à travers l'architecture, les recettes culinaires et les fêtes, richesses tangibles qui se donnent à voir, mais il se devine, plus discret, dans le maillage serré de l'histoire, des façons de faire, de parler, dans tout ce qui fait qu'ici est différent d'ailleurs.
Parcourir la montagne, ce fut d'abord une nécessité de paysan, de chasseur, de voyageur. Puis des "messieurs" vinrent pour conquérir les sommets, il fallut les guider. Depuis 150 ans, une nouvelle activité est ainsi née.
Jadis beaucoup d'hommes quittaient leur vallée le temps de l'hiver pour être instituteur itinérant, charcutier à la ville, colporteur... chaque vallée et parfois chaque village avait sa spécialité. L'essor du tourisme a apporté de nouveaux habitants et de nouveaux métiers, liés à la pratique de la montagne, à l'accueil et à l'artisanat. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui exercent deux métiers, selon la saison : guide de haute-montagne, accompagnateur, moniteur de ski, de parapente ou de vélo tout terrain, charpentier, maçon, éleveur... La pluri-activité est aussi une réponse aux particularités de la vie dans les Écrins.
Découvrir le Parc 
