Chiens de protection : un contexte et des gestes à adopter

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Montagne des pyrénées "patou" au troupeau -© R.Papet - Parc national des Écrins
Leur présence en alpage doit être prise en compte quand on randonne : il est nécessaire d'adapter son comportement en cas de rencontre avec ces chiens, indispensables à la protection des troupeaux.

Le chien de protection reste un moyen essentiel pour protéger le troupeau en cas de prédation. Son odorat développé lui permet une détection rapide du prédateur. Réactif, il est en effet capable d'adapter sa stratégie de défense... mais il doit faire aussi avec les autres usagers de la montagne ! 
Si la formation des chiens de protection reste déterminante, les randonneurs doivent aussi adapter leur comportement pour favoriser la meilleure cohabitation possible.

Un enjeu de taille qu'il convient d'accompagner pour ne pas perturber le travail de protection des troupeaux et pour que la montagne reste un espace de détente pour tous !

montagne des Pyrénées dit "patou"  © JP Telmon - Parc national des Écrins Berger d'Anatolie © L.Imberdis - Parc national des Écrins
Appelé communément « patou », le Montagne des Pyrénées est un des chiens de protection auquel les éleveurs ont le plus recours. Le « berger d'Anatolie » est également présent sur nos alpages.

Utilisé en France jusqu’à la fin du XIXe siècle, le chien de protection avait peu à peu disparu de nos campagnes avec la raréfaction des grands prédateurs (ours, lynx, loup). Avec le retour du loup dans les Alpes françaises, la réintroduction de lynx dans le Jura ou encore la présence de l’ours dans les Pyrénées, de plus en plus d’éleveurs s’équipent de chiens pour protéger leur troupeau.

Avec le gardiennage et la clôture électrifiée, le chien de protection compte parmi les moyens de protection soutenus par l'Europe et l'Etat français dans le cadre de la préservation du pastoralisme dans les zones prédatées.

Dans la loi, le chien de protection est un chien de travail, ainsi il n'est pas soumis aux réglementations concernant l'interdiction des chiens dans les espaces protégés, en particulier en cœur de Parc national. A condition de rester en lien sensoriel avec le troupeau, un chien de protection ne peut être considéré comme divaguant.

Des gestes à adopter

Les chiens restent des animaux avec leur caractère propre. Il est donc impossible de déterminer avec certitude leurs réactions.  A l'approche du troupeau, l'important est de savoir décrypter le comportement du chien et de s'adapter.


Panneau chiens de protection en alpage

L’irruption de tout élément étranger au troupeau peut perturber la bonne marche du troupeau et le travail du berger : elle met le chien de protection en alerte.

A votre approche, le chien de protection aboie et vient vous flairer pour vous identifier. Voici quelques conseils afin que votre rencontre se passe dans les meilleures conditions possibles:

  • A la vue du troupeau
    - ralentissez votre allure, et signalez-vous au chien (sifflez, parlez fort, chantez...)
    - si vous êtes en vélo, ralentissez et descendez de votre vélo, le mouvement rapide peut entraîner un comportement de poursuite.
    - Contourner le troupeau dans la mesure du possible, le plus largement possible
     
  • A l’approche du chien, l 'objectif est qu'il vous identifie en tant qu'humain et qu'il ne perçoive pas d'agressivité dans votre attitude ou comportement
    - Immobilisez-vous face au chien, les bras et bâtons de randonnée le long du corps, ne le regardez pas directement dans les yeux.
    - Laissez lui le temps de vous identifier et de se rassurer : parlez-lui, adoptez des signes d’apaisement (bailler, détourner le regard, …).
    - Vous pouvez éventuellement retirer les éléments qui pourraient l'empêcher de vous reconnaître : cape de pluie, casquette…
    - Si vous avez peur, n'hésitez pas à mettre un objet ou vêtement entre le chien et vous.
     
  • Dès qu’il se calme, poursuivez votre chemin doucement tout en restant face à lui.

Hors coeur du Parc national, si vous avez votre chien de compagnie, le chien de protection peut l’assimiler à un prédateur.  Tenez donc votre chien en laisse, et lâchez le si il y a une interaction avec le chien de protection ; ils régleront la situation entre chiens.

Si le chien de protection ne se calme pas ou que vous estimez être en danger, n’insistez pas. Reculez lentement toujours face au chien, et après quelques mètres faites demi-tour.

Des comportements à éviter :

- Il ne faut pas être familier avec un chien de protection : caresses ou nourriture le perturbent dans son travail

- Certaines attitudes qui vous semblent anodines comme crier, caresser un agneau, prendre une photo avec une brebis peuvent être interprétées comme une agression par le chien de protection 

- Ne jamais menacer un chien de protection avec vos bâtons, avec des cailloux ou le fixer dans les yeux, ... cela va accentuer son stress à votre égard

- Attention de ne pas surprendre le chien dans son sommeil : il pourrait réagir vivement à votre présence

Retrouvez tous les outils de communications mis à disposition en Office de tourisme, en Maison du Parc, sur le site internet de la DREAL Auvergne Rhône Alpes 

Il existe également un film de 9 minutes sur les chiens de protection intitulé ‘Les Gardiens de nos troupeaux’.

Lire aussi : En cas de rencontre avec un troupeau et des chiens de protection : adoptez les bons gestes !

Télécharger la plaquette d'information sur les chiens de protection

Que faire en cas d'agression par un chien de protection

Chiens de protection au troupeau © Pascaline Brien Les chiens de protection ne sont pas des chiens d'attaque mais de dissuasion. Leur taille et leur comportement sont impressionnants mais ils ne sont pas plus dangereux que les chiens de compagnie. Ils ne mordent pas plus, on pourrait même affirmer le contraire au vu du nombre important de sollicitations.

Toutefois, si vous estimez que vous vous êtes sentis agressé par un de ces chiens, même en l'absence de morsure, des fiches retours sont à votre disposition dans les offices de tourisme et les maisons du parc afin d’expliquer le contexte de l'incident. Elles seront transmises à la DDT (direction départementale des territoires) pour une meilleure connaissance des événements qui se produisent dans le département et un accompagnement plus ciblé des éleveurs propriétaires.

En cas de morsure, vous pouvez faire une déclaration en gendarmerie. Un test de comportement ou une évaluation comportementale du chien pourra être réalisé pour comprendre les réactions du chien et s'assurer qu'elles ne sont pas dysfonctionnelles dans son contexte de travail.

En savoir plus sur les chiens de protection