G comme... Gypaète barbu

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Le gypaète barbu est un rapace de la famille des vautours, le plus grand d'Europe !

En France, il avait disparu car il était considéré comme une bête féroce, dangereuse et démoniaque. Mais depuis 1986, il a progressivement été réintroduit dans quelques massifs montagneux. Il est maintenant protégé, en France et en Europe.

A quoi ressemble-t-il ?

Le gypaète barbu atteint presque 3 mètres d'envergure (distance entre le bout des deux ailes étendues) et 1 mètre 50 de long de la tête à la queue ! Il peut peser jusqu'à 7 kg.
Quand il plane, on le reconnaît à sa queue en forme de losange qui se détache de sa silhouette rectangulaire. Ses ailes se terminent par de longues plumes effilées, les rémiges.

Gypaète barbu adulte en vol © M. Coulon - Parc national des Ecrins Gypaète barbu © D. Clavreul

Le plumage des adultes est très coloré : du gris, du blanc, de l'orangé… avec un collier de plumes noires (les vibrisses) : voilà donc d'où lui vient son nom de barbu ! Le gypaète aime prendre des bains de boue : son poitrail blanc à l'origine devient ocre orangé.  

Sur sa face claire, ses yeux jaunes entourés de rouge et soulignés par une bande noire ressortent bien ! Ses pattes et ses doigts sont aussi recouverts de plumes.

Jeune gypaète barbu © J-P. Telmon - Parc national des Ecrins Les jeunes portent déjà la barbiche noire. Leur tête est aussi toute noire, leur corps est plus sombre et leur silhouette est plus massive que celle des adultes. Ils auront leur plumage adulte vers l’âge de 5 ans, après avoir mué plusieurs fois .

Quel drôle de menu !

Le gypaète est un charognard : il ne se nourrit que de carcasses d'animaux morts (chamois, bouquetins, moutons…). Mais il ne mange pas la viande, qui est pour les aigles, les renards, les grands corbeaux et ses cousins les vautours. Lui, personne ne lui volera sa part : sa spécialité, ce sont les os (80% de son régime alimentaire) ! Il n'est donc pas du tout dangereux : il ne chasse pas de proies !

Son comportement, son gosier élastique et son système digestif sont adaptés à cette nourriture étrange. Il est le dernier maillon de la chaîne alimentaire. Lorsqu'un os est trop gros pour être englouti tel quel, il le saisit entre ses serres* ou dans son bec, s’envole, et le lâche au-dessus d’un pierrier. L'os se brise en tombant et l'oiseau n'a plus qu'à avaler les morceaux. D'où son surnom de « casseur d'os » !

Les serres : ce sont les griffes que les rapaces ont au bout de leurs doigts.

Gypaète lâchant un os © P-E. Dequest - Parc national des Ecrins

Un rapace montagnard ?

Le gypaète ne vit pas seulement en montagne : il est adapté aux régions au relief abrupt, mais avec des grands espaces dépourvus de forêts (plaines, plateaux, alpages...) où vivent les animaux dont il se nourrit. Il a besoin de falaises pour faire son nid, de pierriers pour casser les os, et de sources de boues ferrugineuses pour teinter son plumage.

Peu importe à quelle altitude ! Il peut donc vivre depuis le bord de la mer jusqu’aux contreforts de l’Everest : en Europe, en Asie centrale, en Afrique et au Moyen-Orient.
Son territoire de chasse est vaste et il est très tolérant envers les autres gypaètes. Mais en période de reproduction, il défend son nid contre les intrus (autres rapaces) ou s'envole s'il lui semble trop gros (parapente, grimpeur…) ! C'est pour cela qu'il ne faut pas le déranger : il n'élève qu'un seul gypaéton par an, et encore ! C'est en moyenne tous les 3 ans qu'un jeune parvient à l'âge de l'envol, ce qui est très peu…  

Gypaète barbu dans son nid © M. Pillet - Parc national des Ecrins

Des œufs avant Pâques ! 

Le gypaète pond ses œufs en plein hiver ! Ainsi, quand le poussin naît à la fin de l’hiver, c'est le moment où ses parents ont le plus de chance de trouver de la nourriture : les cadavres d'animaux sauvages, victimes de l'hiver.
Le jeune gypaète prend son envol vers 4 mois, en plein été. Il reste avec ses parents pour apprendre les techniques de vol, de recherche de nourriture et de cassage d’os. Au début de l’automne, ses parents le chassent de leur territoire. Jusqu’à l’âge de 4 à 5 ans, il parcourt les montagnes avant de s’installer sur un territoire libre et riche en falaises, à la recherche d’un compagnon de vie pour se reproduire.

Le savais-tu ?

Le gypaète peut vivre jusqu'à 20 ou 30 ans (record battu : 46 ans en captivité) !

Pour en savoir + ...

A lire : 

  • « 80 animaux des montagnes », collection « Les miniguides nature des parcs nationaux de France », éditions Libris
  • « Le gypaète », collection « Les carnets de la Huppe », éditions Glénat
  • « Le gypaète », collection « Faune sauvage Parcs nationaux de France », éditions Hesse.

Sur le site internet du Parc :

A colorier : 

A écouter (Chronique nature, RAM)

Activités

" Prise de bec ", jeu de carte Parcs nationaux de France.

 

LAND ART : dessiner au sol un gypaète grandeur nature
Exemple en image : l'aigle royal dessiné au sol par les maternelles de Champcella – 2014

Silhouette aigle au sol © Parc national des Ecrins

 

Date de publication sur le site : 
Jeudi, 19 Janvier, 2017