Le gypaéton s'envole avec une balise GPS

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Bagué et équipé d'un émetteur, le jeune Gypaète des Écrins a quitté le nid. Baptisé "Emparis"' par les écoliers de la vallée, il pourra être identifié grâce cette marque et suivi dans ses futures pérégrinations.

Voilà sans doute quelque jours à peine que le jeune gypaète a pris son envol.

Emparis prend son envol - Gypaéton juillet 2019 - Ecrins-Malaval - photo David Chalaron
David Chalaron, observateur assidu et passionné des grands rapaces a pu photographier (à grande distance) le gypaéton à proximité du nid.

Emparis prend son envol - Gypaéton juillet 2019 - Ecrins-Malaval - photo David Chalaron Pour ce début d'émancipation, Emparis (c'est le nom de baptème du gypaéton, donné par les écoliers de la vallée) est encore dans les parages du nid... et des adultes protecteurs. Par la suite, il quittera le site de sa naissance.

La grande nouveauté, c'est que l'on devrait pouvoir garder sa trace... GPS !

Si il est aujourd'hui impossible de savoir ce que devient Muzelle, le gypaéton fruit d'une première reproduction l'an dernier dans les Ecrins, tout est organisé pour pouvoir suivre les déplacements d'Emparis. En effet, le jeune gypaète a rejoint le programme de marquage et de suivi de l'espèce : bagué, il pourra être identifié et la balise GPS permettra de ne pas perdre le contact.

Pas trop tôt mais pas trop tard

Installation balise gypaète juin 2019 © Parc national des Ecrins "Les premières études et suivis se sont faits sur les gypaètes réintroduits qui ont permis le début de la reconstitution de la population" résume Ludovic Imberdis, chargé de mission au service scientifique du Parc national des Ecrins.. "Désormais, de plus en plus d'individus sont nés en nature (et c'est tant mieux !) et le programme de marquage permet de connaître les paramètres liés à ces oiseaux nés en nature : taux de survie, logique de dispersion, causes de mortalité, reproduction...".

Le programme national de marquage est coordonné par Etienne Marlé, technicien faune au Conservatoire des espaces naturels de Hautes Savoie (ASTERS). Grâce aux compétences et expériences acquises dans le cadre de ce programme scientifique, validé par le museum national d'histoire naturelle, l'équipement du jeune gypaète des Ecrins a pu être réalisé au tout début du mois de juin, alors qu'il était encore au nid mais proche de son envol.

"En 2013, pour identifier et suivre les jeunes nés dans la nature, l'association Asters a décidé de baguer les poussins au nid. L'espèce est très sensible au moindre dérangement. Le baguage du poussin est réalisé quand celui-ci est assez grand et autonome, mais pas trop tard pour ne pas risquer un envol précoce."

Installation balise gypaète juin 2019 © Parc national des Ecrins
Installation balise gypaète juin 2019 © Parc national des Ecrins Le matériel a été fourni par l'IBM (International Bearded vulture monitoring) et ce sont des agents du Parc national qui ont mené à bien l'opération.

Le baguage a été possible parce que le trio s'était déjà reproduit l'année dernière mais aussi parce qu'il était possible d'observer le nid, et donc d'avoir une idée précise de l'âge du poussin. Si le dérangement est problématique pendant la période l'élevage de tous les rapaces, il y a un moment très bref où l'on peut se permettre d'intervenir au nid sans mettre en péril l'oisillon ni la réussite de la nidification par les parents. L'expérience montre que les couples d'oiseaux équipés au nid, reviennent sans problème l'année d'après sur le même site.

L'accès au nid par les pentes raides de la gorge de Malaval n'a pas été facile et a nécessité la grande expérience du milieu des agents du Parc. L'opération en elle-même a été assez rapide et les parents sont revenus au nid un quart d'heure après l'opération terminée, ce qui a rassuré l'équipe de surveillance.

Les équipes du Parc national et les observateurs de l'association Envergures alpines vont continuer de suivre le jeune oiseau. Sa bague permettra de l'identifier visuellement. 

Grâce à la balise GPS, ses déplacements seront enregistrés. La carte de ses déplacements sera diffusée prochainement sur le site international de monitoring.

Longue vie à Emparis !

Pour en savoir plus, lire aussi :

Les différents types de suivi des gypaètes

© Séverine Magnolon, © Cathy Ribot, © Jean-François Bert, © Christian Couloumy Le baptème d'Emparis

Ce sont les enfants de la vallée qui ont proposé un nom pour cet oiseau à l'approche de son envol.

L'association Envergures alpine a organisé la manifestation en lien avec les enseignants locaux et le Parc national.

Des ateliers « grands rapaces » ont été animés avant le grand moment du tirage au sort.

Parmi les suggestions collectées dans les classes, c’est EMPARIS qui est sorti de l’urne !

  © Séverine Magnolon, © Cathy Ribot, © Jean-François Bert, © Christian Couloumy © Séverine Magnolon, © Cathy Ribot, © Jean-François Bert, © Christian Couloumy
© Séverine Magnolon, © Cathy Ribot, © Jean-François Bert, © Christian Couloumy