Aculéates : guêpes, abeilles, fourmis...

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  • Année(s) de réalisation : 2015, 2016, 2018
  • Auteur(s) : Anthony Turpaud (PNM), Matthieu Aubert, Romain Le Divelec (MNHN) et agents du Parc national des Écrins
  • Nombre d’espèces et sous-espèces : 109

Aculéate indet. © BNicollet - PNE Les aculéates, autrement appelés les « porte-aiguillons », sont l'ensemble des hyménoptères chez lesquels les femelles sont généralement dotées d'un dard. Il s'agit des fourmis, guêpes et abeilles au sens large. Ils englobent les trois superfamilles suivantes : Apoidea, Vespoidea et Chrysidoidea parmi le sous-ordre des Apocrita.

Le terme « guêpe » n’ayant pas de réelle valeur scientifique, il désigne parmi les aculéates tous les taxons qui ne sont ni des abeilles ni des fourmis. L’essentiel de ces insectes est solitaire, bien que l’on retrouve des comportements sociaux chez les fourmis et certaines abeilles et Vespinae. Certains aculéates, comme les abeilles, se nourrissent de pollen. Mais pas tous ! De nombreuses espèces chassent ou ont un mode de vie parasite.

Réalisation du pré-inventaire

L’inventaire des hyménoptères dans la réserve intégrale a été réalisé par trois spécialistes indépendants. En 2015, Matthieu Aubert s’est intéressé aux abeilles sauvages du vallon (Apoidea : Anthpophila). Puis en 2016, Anthony Turpaud a recensé les fourmis (Vespoidea : Formicidae). Enfin, en 2018, Matthieu Aubert a réalisé une deuxième session de capture accompagné de Romain Le Divelec visant l’ensemble des aculéates, fourmis exceptées.

Les prospections ont essentiellement consisté en des chasses à vue, dans des habitats plutôt ouverts et plus ou moins riches en fleurs.

Cette technique consiste à chercher des individus partout autour de soi, sans plan d’échantillonnage précis.

Les sites de prospection s’étalent entre 1 500 m et 2 300 m d’altitude. Par ailleurs, des pièges colorés ont été mis en place en 2018 sur les berges du lac, afin de collecter des individus à l’écologie différente. L'étude des aculéates suppose le plus souvent le prélèvement des individus et une détermination à la loupe binoculaire.

État des connaissances

Bombus sp. © MCoulon- PNE En 2015, 20 espèces d’apoïdes ont été recensées, dont 13 espèces de bourdons (Bombus spp.). Deux au moins présentent un intérêt patrimonial important : B. gerstaeckeri et B. humilis. La présence du premier est ici liée à celle de l’Aconit tue-loup, cette spécificité le rendant vulnérable. Parmi les autres abeilles recensées, on citera Andrena freygessneri, endémique des Alpes et Andrena amieti sp. Nov. (Müller, Praz & Genoud, à paraître), dont l’aire est restreinte aux montagnes du Sud de l’Europe.

 Fourmis rousse_formica rufa © MCoulon - PNE Anthony Turpaud a quant à lui identifié quatorze espèces de fourmis en 2016.

A l’heure où nous rédigeons ce rapport, 88 espèces d’hyménoptères collectées en 2018 ont été identifiées : 40 espèces de « guêpes » et 48 d’abeilles. Elles représenteraient 50 % des espèces de la réserve. Parmi elles, de nombreuses espèces sont montagnardes ou alpines. Une centaine de spécimens n’a pas encore été déterminée. Parmi les pompiles mis en évidence, la présence d'Arachnospila colpostoma, espèce alpine rare de haute altitude, est particulièrement remarquable : à ce jour, seulement 5 données sont connues des hautes et basses-Alpes en France. De façon encore plus remarquable, un pemphredon (Pemphredon sp.) et une ammophile (Ammophila sp.) collectés au Lauvitel appartiennent sans doute à des espèces nouvelles pour la science.

Vers un inventaire exhaustif et un suivi des populations

D’après M. Aubert et R. Le Divelec, les abords des torrents et les lisières de bois dans le fond du vallon principal sont sûrement les milieux les plus diversifiés, où se mêlent espèces montagnardes et de plaines. La mise en place de tentes Malaise en lisière de bois pourrait grandement contribuer à l’inventaire des Pompilidae et des sphéciformes, tandis que l’utilisation de cuvettes colorées suspendues dans les arbres morts permettrait d’améliorer la connaissance des cortèges lignicoles. Il serait également intéressant de poursuivre les prospections à vue et d’envisager la pose de cuvettes colorées aux étages amont et dans les habitats associés : mégaphorbiaies subalpines, pelouses et pierriers.

Afin de mettre en œuvre un suivi écologique, le critère de répétabilité est essentiel mais difficile à assurer dans le cas des abeilles sauvages. En plus des biais liés à la méthode d’échantillonnage, il peut exister une importante variabilité inter-annuelle dans l'abondance de nombreuses espèces. Toutefois, de part leurs exigences écologiques (spécialisation pour la récolte du pollen, la nidification), l'existence d'espèces parasites spécialisées et dépendantes des populations de leur hôte, ou encore leur affinité alticole, les abeilles et l'évolution de leurs populations doivent pouvoir traduire les changements des habitats auxquelles elles sont liées et être de bon marqueurs du réchauffement climatique.

Les 110 espèces rencontrées
  • Ammophila campestris
  • Ammophila sabulosa
  • Ammophila sp.
  • Andrena bicolor
  • Andrena congruens
  • Andrena freygessneri
  • Andrena gr. montana
  • Anoplius concinnus
  • Anoplius tenuicornis
  • Anthidium montanum
  • Arachnospila colpostoma
  • Arachnospila fumipennis
  • Arachnospila hedickei
  • Arachnospila minutula
  • Arachnospila nivalabnormis
  • Argogorytes hispanicus
  • Auplopus carbonarius
  • Bombus barbutellus
  • Bombus gerstaeckeri
  • Bombus gr. terrestris
  • Bombus hortorum
  • Bombus humilis
  • Bombus lucorum
  • Bombus mendax
  • Bombus mesomelas
  • Bombus monticola
  • Bombus mucidus
  • Bombus norvegicus
  • Bombus pascuorum
  • Bombus pratorum
  • Bombus pyrenaeus
  • Bombus ruderarius
  • Bombus rupestris
  • Bombus sichelii
  • Bombus soroeensis
  • Bombus wurflenii
  • Camponotus ligniperda
  • Ceropales maculata
  • Chrysis ruddii
  • Coelioxys mandibularis
  • Colletes impunctatus
  • Crabro alpinus
  • Crabro peltatus
  • Crossocerus distinguendus
  • Crossocerus italicus
  • Diodontus handlirschi
  • Diodontus wahisi
  • Dolichovespula norwegica
  • Dolichovespula sylvestris
  • Dryudella femoralis
  • Dufourea alpina
  • Dufourea dentiventris
  • Dufourea paradoxa
  • Ectemnius continuus
  • Evagetes sahlbergi
  • Formica fusca
  • Formica lemani
  • Formica lugubris
  • Formica pressilabris
  • Formica selysi
  • Halictus rubicundus
  • Hedychridium cupratum
  • Hoplitis claviventris
  • Hoplitis leucomelana
  • Hoplitis loti
  • Hoplitis mitis
  • Hoplitis villosa
  • Hylaeus alpinus
  • Hylaeus annulatus
  • Hylaeus confusus
  • Hylaeus glacialis
  • Hylaeus hyalinatus
  • Hylaeus nivalis
  • Lasioglossum albipes
  • Lasioglossum bavaricum
  • Lasioglossum calceatum
  • Lasioglossum fratellus
  • Lasioglossum fulvicorne
  • Lasioglossum leucopus
  • Lasius flavus
  • Leptothorax acervorum
  • Manica rubida
  • Megachile analis
  • Megachile analis
  • Megachile willughbiella
  • Melitta haemorrhoidalis
  • Myrmica lobicornis
  • Myrmica lobulicornis
  • Myrmica ruginodis
  • Myrmica sulcinodis
  • Osmia inermis
  • Osmia leaiana
  • Panurginus sericatus
  • Pemphredon inornata
  • Pemphredon sp.
  • Podalonia alpina
  • Podalonia alpina
  • Podalonia hirsuta
  • Polistes biglumis
  • Seladonia tumulorum
  • Sphecodes gibbus
  • Sphecodes gr. geoffrellus
  • Tachysphex dimidiatus
  • Tachysphex sp.
  • Tetramorium caespitum
  • Tetramorium sp
  • Trypoxylon medium
  • Trypoxylon minus
  • Vespula rufa
  • Vespula vulgaris

 

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Date de publication sur le site : 
Lundi, 18 Mars, 2019