Chilopodes: "les mille-pattes"

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  • Année(s) de réalisation : 2016, 2018
  • Auteur(s) : Étienne Iorio et agents du Parc national des Écrins
  • Nombre d’espèces et sous-espèces : 14

Chilopode ©DelanatteBlandine Les chilopodes possèdent un corps plat fait de nombreux segments portant chacun une paire de pattes. Leur taille peut ainsi varier de 5 mm à 30 cm, bien que les espèces de France métropolitaine n’excèdent pas quelques centimètres. Ces prédateurs utilisent leur paire de crochets à venin pour chasser des vers et d’autres arthropodes.

Espèces lucifuges et peu résistantes à la déshydratation, les chilopodes vivent sous les pierres, dans le bois mort ou dans des galeries sous la terre, là où l’humidité est forte et la lumière absente. Enfin, ils ont un rôle non négligeable de participation à la production d’humus.

Localisation des observations des chilopodes dans la Réserve intégrale de Lauvitel de 2016 à 2017 Réalisation du pré-inventaire

Les agents du Parc national ont prélevé des chilopodes par chasse à vue ou au piège Barber. Les différents spécimens ont ensuite été envoyés à Étienne Iorio, myriapodologue indépendant, pour identification.

État des connaissances

14 espèces de chilopodes ont pu être identifiées. Plusieurs espèces sont trouvées ou confirmées pour la première fois dans le département de l'Isère, telles que Geophilus studeri, Lithobius piceus verhoeffi et Strigamia crassipes. Une espèce endémique de France, le chilopode lithobiomorphe Lithobius delfossei, a été découverte. Ce lithobius ne vit que dans les Alpes et préalpes françaises, sa répartition s'étendant de la Haute-Savoie au Var. Son caractère est strictement monticole : on le trouve généralement au-delà de 1000 m d'altitude. Il constitue donc un fort enjeu patrimonial pour le Parc national.

Vers un inventaire exhaustif et un suivi des populations

Ce qui est vrai pour les opilions l’est autant pour les chilopodes : leur capacité de dispersion est très faible, faisant apparaître de nombreuses espèces endémiques encore à découvrir.

Pour les prospections, les pièges Barber ne semblent pas optimaux puisque les chilopodes tombent en général peu dedans. Comme pour les opilions, E. Iorio recommande donc de privilégier la capture à vue, associée à une recherche sur quadrats. La récolte est placée sur une grille et éclairée par une lampe chauffante, asséchant la terre. Les animaux fuient la lumière et, se faisant, passent à travers la grille pour tomber dans un flacon récepteur, situé en-dessous.

Prospection en ruisseau ©DFiat

Les 14 espèces rencontrées :

  • Eupolybothrus longicornis
  • Geophilus alpinus
  • Geophilus carpophagus
  • Geophilus flavus
  • Geophilus studeri
  • Lithobius calcaratus
  • Lithobius crassipes
  • Lithobius delfossei
  • Lithobius lapidicola
  • Lithobius piceus verhoeffi
  • Lithobius pilicornis pilicornis
  • Lithobius tricuspis
  • Lithobius valesiacus
  • Strigamia crassipes

 

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Date de publication sur le site : 
Mardi, 19 Mars, 2019