Gastéropodes

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  • Année(s) de réalisation : 2014, 2016, 2017
  • Auteur(s) : Olivier Gargominy (MNHN), Xavier Cucherat (CPPN), Damien Combrisson (PNE) et agents du Parc national des Écrins
  • Nombre d’espèces et sous-espèces : 41

 

Cepaea nemoralis (Escargot des haies) ©DCombrisson Les gastéropodes vivent pour la plupart dans l'eau ou en milieu humide. On peut donc les retrouver aux quatre coins de la planète, à l’exception des surfaces en permanence sous la glace. Leur grande caractéristique commune est leur corps mou, parfois pourvu d'une coquille. Tous les autres caractères sont très variables. Dans la Réserve intégrale, où les habitats sont terrestres ou d'eau douce, toutes les espèces dulcicoles sont recherchées.

Les escargots et les limaces possèdent quatre tentacules qui leur permettent d’explorer leur environnement et comptent dans leurs rangs les rares mollusques à être hermaphrodites. Ils se cachent sous les pierres ou le bois mort, où ils sont dans l’humidité et à l’abri des prédateurs.

Réalisation du pré-inventaire

Localisation des observations des gastéropodes dans la Réserve intégrale de Lauvitel de 2013 à 2017 Trois sessions d'inventaires ont été réalisées : la première par Olivier Gargominy en 2014, la seconde en 2016 par Damien Combrisson et la dernière par Xavier Cucherat en 2017. La chasse à vue a été privilégiée. Les spécialistes ont prospecté un maximum d'habitats différents et plus particulièrement les micro-habitats favorables aux mollusques tels que les bois morts, les dessous de pierres, les dessous d'écorces, etc. En 2016, un tamisage du fond du ruisseau du petit Embernard a aussi été réalisé.

Seuls les spécimens dont l'identification nécessite un travail en laboratoire ont été collectés. Une dissection de l'appareil génital, voire une analyse moléculaire (barcoding), est souvent nécessaire pour identifier certaines espèces.

État des connaissances :

Discus ruderatus (Bouton montagnard) ©MarcCorail Les espèces de mollusques identifiées sont au nombre de 41, à raison de 15 espèces la première année puis respectivement 7 et 19 nouvelles espèces en 2016 et 2017. On compte 6 espèces de limaces parmi elles plus certaines encore non nommées, les autres sont des escargots.

Lors de toutes les prospections, une faible diversité spécifique a pu être notée, expliquée par le sol cristallin peu favorable à ces animaux amateurs de calcaire. Aucune espèce n'a été trouvée lors du tamisage du ruisseau en 2016 et il a été observé que les espèces sont très peu diversifiées dans la forêt. Cela s'expliquerait par un sol maigre, composé d'alluvions issus des dépôts de crues.

Vers un inventaire exhaustif et un suivi des populations

Les spécialistes suggèrent de compléter les prospections par l'étude des tranches altitudinales plus élevées et de s'intéresser davantage à la faune d'eau douce. Il conviendrait donc de tamiser le fond des parties hautes de ruisseau et de prospecter les berges du lac lorsqu'il est haut, par chasse à vue sur la végétation immergée et tamisage des berges.

Xavier Cucherat suggère également d'élargir l'étude des limaces à l'ensemble du PNE afin d'étudier la spécificité des individus de la Réserve intégrale.

Afin de réaliser un suivi des populations, Olivier Gargominy propose le protocole suivant : des planches en bois sont posées sur le sol à différentes altitudes et on en effectue l'inventaire complet une à deux fois par an, toujours à la même époque. Cela permettrait de voir si, à long terme et à cause du réchauffement climatique, les espèces appréciant le froid disparaissent au profit d'espèces plus thermophiles.

En 2018, Damien Combrisson a inventorié les mollusques présents sur les placettes du protocole Orchamp*. Ce dispositif actuellement en test vise à appréhender les effets du réchauffement climatique sur les populations de mollusques continentaux le long d'un gradient altitudinal. Le protocole est basé sur une recherche à vue des espèces pendant 30 minutes par station ainsi que sur le prélèvement de litière (carré de 30cm répété 6 fois). Cette prospection a permis d'échantillonner à plus haute altitude, jusqu'à 2150m.

* Plus d’infos concernant ce protocole sur le site web du Parc national :

http://www.ecrins-parcnational.fr/dispositif-orchamp-suivre-evolution-ec...

Tamisage de litière ©DCombrisson

Espèces rencontrées :

P : Espèce à forte valeur patrimoniale

  • Acanthinula aculeata (Escargotin hérisson)
  • Acicula lineata (Aiguillette bordée)
  • Aegopinella nitens (Luisantine ample)
  • Aegopinella nitidula (Grande luisantine)
  • Aegopinella pura (Petite luisantine)
  • Arion fuscus (Loche rousse)
  • Arion silvaticus (Loche grisâtre)
  • Arion subfuscus (Loche roussâtre)
  • Balea perversa (Balée commune)
  • Causa holosericea (Fausse veloutée plane)
  • Cepaea nemoralis (Escargot des haies)
  • Cepaea sylvatica (Escargot des forêts) P
  • Chilostoma zonatum (Hélicon des granites) P
  • Clausilia bidentata (Clausilie commune)
  • Clausilia dubia (Clausilie douteuse)
  • Cochlicopa lubricella (Petite brillante)
  • Cochlicopa repentina (Brillante intermédiaire)
  • Columella columella (Columelle alpine)
  • Deroceras sp.
  • Discus ruderatus (Bouton montagnard)
  • Eucobresia diaphana (Semilimace aplatie)
  • Eucobresia glacialis (Semilimace recouverte) P
  • Eucobresia nivalis (Semilimace des neiges)
  • Euconulus fulvus (Conule des bois)
  • Helicigona lapicida (Soucoupe commune)
  • Helix pomatia (Escargot de Bourgogne)
  • Lehmannia marginata (Limace des bois)
  • Limax cinereoniger (Grande limace)
  • Macrogastra badia (Massue à larges côtes)
  • Macrogastra plicatula (Massue costulée)
  • Macularia sylvatica (Escargot des forêts) P
  • Merdigera obscura (Bulime boueux)
  • Morlina glabra (Luisant étroit)
  • Nesovitrea hammonis (Luisante striée)
  • Nesovitrea petronella (Luisantine brune)
  • Oligolimax annularis (Semilimace globulause)
  • Oxychillus draparnaudi (Grand luisant)
  • Punctum pygmaeum (Escargotin minuscule)
  • Tandonia rustica (Pseudolimace chagrinée)
  • Vitrea diaphana (Cristalline diaphane)
  • Vitrea subrimata (Cristalline méridionale)
  • Vitrina pellucida (Semilimace commune)

 

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Date de publication sur le site : 
Mercredi, 20 Mars, 2019