Syrphes

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  • Année(s) de réalisation : 2016
  • Auteur(s) : Anthony Turpaud (PNM) et agents du Parc national des Écrins
  • Nombre d’espèces et sous-espèces : 19

Chrysotoxum ©JPTelmon Un diptère passé maître dans l’art du camouflage… Quoi de mieux que d’imiter un voisin nocif pour éloigner un prédateur? Le syrphe l’a bien compris et adopte les rayures des guêpes et abeilles afin d’éviter les prédateurs.
 

La ressemblance avec ces hyménoptères à rayures ne s’arrête pas là, puisque les syrphes se nourrissent de nectar et participent à la pollinisation. Ils sont par ailleurs des indicateurs écologiques recherchés, notamment les espèces dont les larves vivent dans la matière organique en décomposition accumulée dans les cavités des arbres en forêt. Cosmopolites, ils sont présents dans presque tous les milieux à l’exception des grottes et des zones de pleines eaux, chaque espèce étant souvent dépendante d’un milieu spécifique.

Réalisation du pré-inventaire

Localisation des observations des syrphes dans la Réserve intégrale de Lauvitel 2016 Anthony Turpaud a, en 2016, inventorié les syrphes de la réserve en même temps que les fourmis. Quelques échantillons lui ont aussi été envoyés par la suite. Certaines espèces sont facilement déterminables sur le terrain, d’autres ont dû être prélevées pour une observation à la loupe binoculaire. La berge sud du lac Lauvitel a été rapidement prospectée, puis la plupart des observations ont été réalisées dans le fond du vallon, entre 1 600 et 2 050 m d’altitude. Il a ainsi pu avoir un aperçu de la diversité en syrphes du Lauvitel lors de captures à vue.

État des connaissances

Au total, 19 espèces de syrphes ont été identifiées. Parmi elles, 13 espèces n’avaient pas été répertoriées en Isère, dont Sphaerophoria laurae qui était connue seulement des Pyrénées Orientales ou Merodon clavipes, auparavant répertoriée seulement sur le pourtour méditerranéen. Dasysyrphus friulensis semble quant à lui n’avoir pas été précédemment cité en France (source INPN, novembre 2018). En l'état actuel des connaissances, ces deux espèces seront à recontacter sur le site afin de confirmer leur présence. Les individus récoltés en 2016 sont conservés au Muséum d’histoire naturelle de Grenoble.

Syrphe sur laitue ©MarcCorail

Vers un inventaire exhaustif et un suivi des populations

Compte tenu de la diversité des habitats sur le Lauvitel, ce premier inventaire est loin d'être exhaustif. Pour ce faire, il serait nécessaire d'installer dès la fonte de neige et jusqu'aux premiers gels de l'automne une série de tentes malaises couvrant tous les habitats de la réserve. Il faudrait aussi compléter cette méthode de capture par des journées de chasse à vue. Pour l’analyse des données, il serait intéressant de s’appuyer sur le protocole STN : un outil d’évaluation de la qualité des milieux basé sur les espèces de syrphes attendues pour un milieu donné. Renouveler la même opération dix ans plus tard permettrait aussi d'analyser l'évolution des habitats dans la réserve intégrale.

Les 19 espèces rencontrées :
  • Cheilosia impressa
  • Cheilosia nigripes
  • Cheilosia vicina
  • Chrysotoxum cautum
  • Chrysotoxum fasciatum
  • Chrysotoxum festivum
  • Dasysyrphus friulensis
  • Eristalis arbustorum
  • Eristalis similis
  • Eristalis tenax
  • Leucozoma lucorum
  • Melanostoma mellinum
  • Melanostoma scalare
  • Merodon clavipes
  • Platycheirus manicatus
  • Sphaerophoria laurae
  • Sphaerophoria scripta
  • Volucella bombylans
  • Volucella pellucens

 

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Date de publication sur le site : 
Mardi, 19 Mars, 2019