Flora verticalis, nouveau guide pour les plantes d'altitude

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C'est un ouvrage dédié tout particulièrement aux amateurs de verticalité. Son auteur, Cédric Dentant, est botaniste au Parc national des Écrins. Il y a réuni une grande partie des fruits de son travail pour vous permettre de mieux connaître ce petit peuple floristique de la haute montagne.

De 500 m à 4 000 m d'altitude, tantôt en cordée, tantôt en randonnée... le milieu alpin a été passé au peigne fin.

Flora verticalis - Cédric Dentant - Le naturographe Editions 2017 Au fil des pages, vous retrouverez l'espèce rencontrée au détour du sentier, celle qui vous a tenu compagnie pour un repos bien mérité au pied de la terrasse du refuge et puis, bien sûr, celle avec qui vous avez fait un brin de causette suspendu sur la vire du relais. Des fleurs aux fougères, en passant par les arbres et même les brins d'herbes, vous trouverez dans cet ouvrage plus de 300 fiches descriptives !

Flora verticalis - Cédric Dentant - Le naturographe Editions 2017L'auteur, Cédric Dentant, est botaniste au Parc national des Écrins. Il a pris le pari de "parler de toutes les plantes que grimpeurs et alpinistes pourraient croiser en paroi, quelle que soit l'altitude. Certaines sont totalement indissociables des falaises où elles poussent (primevère d'Allioni et doradille du Verdon), d'autres ne respectent rien (!) et prennent racine aussi bien à l'horizontale qu'à la verticale (lavande officinale et genévrier thurifère)"

Il s'excuse même un peu par avance... « Il y aura en conséquence peut-être quelques manques dus à des plantes indociles croissant là où les botanistes ne les attendent pas. J'ai intégré cette rébellion autant que possible. »

Un grand jardin qui défie l'apesenteur

Cerastium à la Grande Ruine - © C.Dentant - Parc national des Écrins Les espèces décrites se rencontrent dans les parois des Alpes, des bords du lac Léman aux chaudes falaises de Saint-Jeannet, à quelques encablures de la Méditerranée.

Elles font toutes l'objet d'une fiche complète classée par « groupe » (arbres et arbustes par exemple) et « famille » (comme les Pinacées). Un système d'onglet en couleur permet également d'arriver assez rapidement sur l'espèce recherchée. Vous trouverez des indications sur les milieux de vie, sur les répartitions alpine et mondiale, sur la taille de l'espèce, sa période de floraison ou d'observation... Des photos ainsi que des dessins au trait de l'auteur viennent compléter cette mine d'informations par de l'illustration. Comme pour réveiller encore un peu l'objet, de jolies anecdotes sont parsemées deci delà.

Ecologie verticale - S.Ibanez - LECA - PNE « A force d'explorer les sommets, de rencontrer des espèces, de toujours avoir le carnet à portée de main pour les noter, la loupe pour les distinguer et de petits sachets pour prélever leur ADN..." confie Cédric Dentant,  "même en vacances...  même hors contexte de recherche... Les noms et les connaissances ont fini par s'accumuler et prendre forme. » La forme de ce guide est parfaite pour ceux qui aiment le rocher, les grandes dalles verticales, le gaz des arêtes et le bleu du ciel.

Pour reprendre les mots de l’éditeur, Le naturographe, ce guide est le « fruit de nombreuses années de recherche, il présente des données scientifiques inédites où les schémas de détermination, l’étymologie et l’Histoire sont réunis pour nous faire découvrir un trésor de savoir sur ces frêles plantes du monde vertical. »

Flora verticalis - Cédric Dentant - Le naturographe Editions 2017 Lionel Daudet, dans sa préface, qualifie l'alpiniste moderne de « doux barbare » qui ignore la plupart du temps les plantes des grandes parois. Il n'est pas rare, dit-il, que cet énergumène se permette de jeter un regard pressé et dédaigneux : « C'est quoi ce truc bleu déjà ? » ou même qu'il arrache à pleine main une jolie touffe herbeuse qui cachait, la malheureuse, une prise salvatrice tombée à point nommé pour ne pas « se la coller »….

La caricature du grimpeur sportif porte sans conteste une part de vérité... Et si nous prenions le temps d'observer mieux ce grand jardin qui défie la pesanteur. Après tout, nous ne faisons qu'y passer alors que des fleurs y éclosent, y vivent et y meurent.

Cédric Dentant - botaniste - Parc national des Ecrins - programme écologie verticale
L'auteur et son regard sur l'écologie verticale

Cédric Dentant est botaniste au service scientifique du Parc national des Ecrins depuis 2009.

Alpiniste amoureux des Alpes, il parcourt ses plus hauts sommets à la recherche des plantes ! On pourrait dire que son livre concrétise à merveille le trait d'union qu'il a su créer entre ses deux passions, la botanique et l'alpinisme... une sorte de « botanisme » tout à son image : à la fois pointu et exigeant mais aussi généreux et plein d'humilité.

Comme il le dit lui-même « l'idée de ce livre est née d'un joli pot-pourri de botanique, d'alpinisme, de recherche scientifique et d'amitié ».

Un peu comme un symbole, vous pourrez trouver son guide dans les rayonnages de la plus prestigieuse bibliothèque botanique du monde à Genève mais aussi à Chamonix, à la bibliothèque de l'ENSA (l'école des guides de haute montagne) !

ecologie verticale © Cédric Dentant - parc national des Ecrins L'histoire démarre quand une équipe du Laboratoire d'écologie alpine (LECA - CNRS) de Grenoble se lance, en partenariat avec le Parc national des Ecrins, dans l'analyse de populations de plantes adaptées aux conditions extrêmes de l'altitude. Quelles sont les espèces végétales capables de vivre ici ? Lesquelles ont survécu aux dernières glaciations ? Où se trouvent-elles ? Quel est le secret des plantes en coussin ? Autant de questions auxquelles les études génétiques, les travaux de modélisation, la fouille minutieuse des écrits des pionniers de l'alpinisme et la recherche d'anciennes données botaniques peuvent apporter de précieux éléments de réponse.

Mais ce programme d' « écologie verticale » n'est pas qu'un travail de laboratoire, loin de là. Avant tout, il faut aller prélever des échantillons... ce qui nécessite de transporter, en plus du matériel traditionnel d'alpinisme, des tubes remplis de substance (silicagel) assurant la conservation des échantillons de plantes. Il est également nécessaire d'être en situation de prendre des notes. Pas toujours aisée quand on est suspendu au beau milieu d'une grande face sud ! Au final, un tel travail demande un sac plus lourd et un temps de course plus long... Ceux qui ont déjà affronté les aléas et l'engagement physique de la haute montagne apprécieront.

Un guide riche, méticuleusement agencé entre descriptions ciselées des espèces, anecdotes étonnantes et dessins au trait aérien (griffés de l'auteur !)…

Bref un guide à emporter dès cet été sous la tente puis à ranger avec les « beaux livres » de votre bibliothèque.  

Pour vous procurer le guide « Flora verticalis » vous pouvez vous rendre dans une des Maisons du parc national mais aussi directement sur notre boutique en ligne : Flora verticalis

Pour aller plus loin,

Cédric Dentant (PNE) et Sébastien Lavergne (LECA), cordée scientifique pour les plantes d'altitude Trois conférences à ne pas manquer cet été avec Cédric Dentant

  • Au Jardin alpin du Lautaret – Galerie de l'Alpe, le 17 juillet à 17h
  • Lors des Floralies de Serre-Chevalier – La Salle-les-Alpes, le 28 juillet à 16h
  • Au refuge du Promontoire – opération « les jeudis des refuges », le 6 juillet à 17h

Lire les articles en lien avec le programme « écologie verticale » :

Dès l'automne prochain, une grande exposition sera consacrée aux plantes d'altitude au Muséum d'histoire naturelle de Grenoble.

En écho, le documentaire "Les iles du ciel" réalisé par Olivier Alexandre avec Nomades Productions nous emmènera dans le refuge d'altitude de toutes ces plantes remarquables pour plonger dans les questionnements des scientifiques de cette écologie à la verticale.