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Connaître et protéger



Botanique et génétique en cordée

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Botanistes et chercheurs continuent de s'accrocher aux parois des Écrins pour mieux comprendre comment certaines espèces ont affronté les glaciations. Cette année, c'est en Oisans, dans le cirque du Soreiller qu'ils ont traqué les plantes en coussins.

L'Aiguille Dibona serait un nunatak...
Un nunatak ("montagne" en inuit) est une zone restée émergée des glaces durant les glaciations, une longue période qui a pris fin il y a à peine une centaine de siècles.

Alors que 80% de la flore européenne a été éradiquée par le froid à cette époque, certaines espèces pourraient avoir survécu en trouvant refuge sur ces nunataks. Une équipe du laboratoire d'écologie alpine (LECA) étudie ces espèces en partenariat avec le Parc national des Écrins. Il s'agit de comprendre l'histoire de leur répartition géographique et de leur adaptation aux conditions extrêmes de la haute montagne.

Cette étude permettra au final d'obtenir une cartographie fine de la diversité génétique de ces espèces, et donc des nunataks dans les Ecrins.

Les botanistes et chercheurs impliqués dans cette étude en altitude sont donc aussi de bons alpinistes. Après l'Olan, l'Ailefroide, le Pelvoux et le Rateau prospectés en 2009 et 2010, un effort tout particulier a été mis sur le cirque du Soreiller cette année.

Certains de ses sommets présentent en effet de parfaites caractéristiques de nunataks : altitudes maximales au-dessus de 3000 m, parois sud abruptes et bien exposées au soleil, parties sommitales formant des « contreforts ». Quatre sommets étaient ainsi en vue : l'Aiguille Dibona (a priori nunatak par excellence !), l'Aiguille du Plat de la Selle, les pointes de Burlan et la Tête du Rouget. Seul ce dernier n'a pas pu être prospecté pour cause de mauvais temps.

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2011-08-seb-lavergneL'ensemble des échantillons prélevés sur les trois parois prospectées, associé à ceux issus des deux dernières campagnes de prospection (2009, 2010), va permettre de réaliser les premières séries d'analyses génétiques.

La prospection dans le cirque du Soreiller aura également permis d'enrichir a connaissance de sa diversité floristique et de mieux appréhender certaines capacités d'adaptation de végétaux aux conditions écologiques de la haute montagne.

Cédric Dentant, botaniste au Parc national des Écrins, nous raconte ces dernières prospections, réalisées avec Sébastien Lavergne, chargé de recherche CNRS et membre du LECA.

Les sites de prospection :

- A la Pointe occidentale de Burlan
- A l'Aiguille de la Dibona
- A l'Aiguille du Plat de la Selle

A la Pointe occidentale de Burlan

Pour arriver au pied de cette imposante paroi, il faut traverser une zone rocailleuse, ébouleuse et sableuse : il s'agit de l'ancien emplacement du glacier ouest du Soreiller, encore nettement bien dessiné sur la carte IGN actuelle !
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Représentation de l'occupation passée du glacier ouest du Soreiller - (vue de la paroi sud des Burlan - voie « Muriabelle »)

Ce glacier n'est plus, mais le modelé qu'il a laissé est encore clairement observable sur le terrain.

L'échantillonnage a porté à la fois sur les parties basses de la paroi - assurément immergées sous les glaces - et sur les parties hautes.

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Lignes supérieures théoriques du glacier lors du maximum glaciaire (vue du pied de la paroi occidentale sud de Burlan)

Ce multiple échantillonnage permettra de mesurer un gradient (potentiel) de diversité génétique : en effet, l'idée est que les plantes ayant colonisé les espaces libérés par la fonte glaciaire sont issues des populations « du dessus », c'est à dire celles ayant passé les glaciations sur un nunatak. Ce faisant, ces dernières auraient donc constitué des « réservoirs » (ou « source ») pour coloniser les nouveaux espaces vacants. Or, qui dit réservoirs, dit plus d'individus et plus de diversité génétique.

Tel est le postula de cette étude : les plantes issues des populations qui ont passé les glaciations sur des nunataks (populations « sources ») devraient présenter une diversité génétique plus importante que celles qui ont colonisé récemment les espaces libérés par la fonte glaciaire.

Donc si les pointes de Burlan ont constitué un nunatak, nous pouvons espérer détecter une diversité génétique plus importante au sommet que dans les parties basses. Une hypothèse applicable à l'ensemble des parois prospectées.

Maintenant, il faut aller chercher les espèces étudiées...

Peu après l'attaque de la paroi (voie « Muriabelle »), nous sommes tombés sur une importante station d'androsace de Vandelli (Androsace vandellii), espèce rare et protégée sur l'ensemble du territoire français.

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L'Androsace de Vandelli

Ce secteur de la face abrite également une localité singulière de lycopode sélagine (Huperzia selago) – plante particulière, proche des fougères. En effet, il est non seulement intéressant de trouver cette plante aussi haut en altitude (3100 m), mais de plus en pleine paroi rocheuse ! (elle préfère en effet les landes et affleurements rocheux dans les pelouses alpines).
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Silène acaule et Lycopode sélagine (faille humide de la paroi sud de Burlan – 3100 m)

2011-08-prospec-burlanDans la partie médiane de la voie, il a été possible à la fois de compléter les prélèvements avec de nouveaux lots d'androsace de Vandelli et de silène acaule, mais également de les enrichir avec de nouvelles espèces recherchées : le saxifrage fausse-mousse (Saxifraga bryoides), le saxifrage musqué (Saxifraga exarata subsp. moscata) et l'Eritriche nain (Eritrichium nanum).

Soit 5 des 7 plantes recherchées (8 si l'on y inclut l'androsace helvétique, plus qu'improbable sur les roches siliceuses du secteur du Soreiller).

Un étonnant absent était le commun saxifrage à feuilles opposées (que nous ne trouverons pas de toute la paroi). Cette plante, en plus d'être habituellement bien présente dans ces milieux alpins, bat des records d'altitude en Europe : elle a été trouvée à 4500 m, dans le massif des Mischabels (Valais, Suisse) ! (Körner, Alpine Botany, 2011).
A de telles altitudes, il gèle toutes les nuits sur l'ensemble de la plante, qui ne manque pourtant pas de fleurir. Ce qui en dit long sur les capacités d'adaptation de l'espèce !

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Le saxifrage fausse-mousse (Saxifraga bryoides), le saxifrage musqué (Saxifraga exarata subsp. moscata) et l'Eritriche nain (Eritrichium nanum) - Cliquer sur l'image pour l'agrandir

2011-08-silene-androsaceUne autre remarquable observation a également pu être faite dans cette partie médiane : la seule androsace de Vandelli fleurie. Et pour cause : elle profitait des conditions avantageuses d'être logée en plein coussin de silène acaule (apport d'eau, température plus clémente et plus stable, présence de sels minéraux, matière organique...) !

Cette observation illustre un autre aspect du travail entrepris : étudier, via l'exemple de la silène acaule, les mécanismes d'adaptation des plantes à des conditions extrêmes.


2011-08-zoom-andro-sileneAinsi, une caractéristique fondamentale de cette espèce visible ici est le fait qu'elle soit capable de créer un environnement « miniature » propice au développement et à la vie d'autres organismes, que ce soient des plantes, des champignons, ou encore des bactéries.
Elle crée ainsi une véritable communauté végétale, fongique et bactérienne.

La partie sommitale a été l'occasion de faire un dernier lot complet d'échantillons pour l'ensemble des espèces trouvées plus bas.

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Au final, voici l'ensemble des échantillons effectués sur la paroi sud de la pointe occidentale de Burlan.

A l'Aiguille Dibona

La présence d'un glacier au pied de l'Aiguille Dibona est assurément plus ancienne que pour les pointes de Burlan. Le modelé glaciaire n'en demeure pas moins assez visible vu de la face sud de la Dibona. Toutefois, s'il semble plus que probable que l'Aiguille Dibona ait été un nunatak, il n'est pas évident de définir quelle a été la limite supérieure des glaces sur sa face sud.

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Représentation de l'occupation passée du glacier du Soreiller (vue de la paroi sud de l'Aiguille Dibona – sous la vire Boell) -
A droite, les lignes supérieures théoriques du glacier lors du maximum glaciaire (vue du refuge du Soreiller)

2011-08-dibona-echantTout comme pour la pointe occidentale de Burlan, des échantillons ont été prélevés à la fois dans les parties basse, médiane et haute de la face.

La partie basse, formée du socle et de la première longueur de la voie Madier, nous a permis de prélever l'androsace de Vandelli, l'Eritriche nain, la Silène acaule et le Saxifrage musqué.

Il a fallu ensuite accéder à la vire de la voie Berthet pour pouvoir effectuer un second lot d'échantillons, avec l'apparition du saxifrage fausse-mousse en plus des trois espèces précédentes.

2011-08-gene-nainLe lot d'échantillons sommital a commencé au passage de la vire Boell, avec notamment la présence remarquable de Genévrier nain (Juniperus sibirica), à 3000 m d'altitude.

La très forte insolation de la face et le replat que constitue cette vire (facilitation de l'accumulation de matières organiques et minérales pour la constitution d'un sol – même squelettique) expliquent pour partie la présence de l'arbuste, qui arrive en limite de ses capacités de développement à de telles altitudes.

2011-08-andro-vand-diboDans la partie haute de la paroi, au célèbre passage - pour les alpinistes - des « cannelures Stofer », une très importante population d'androsace de Vandelli (photo ci-contre à gauche) a été découverte. La plupart des coussinets, inaccessibles, sont très profondément insérés dans les cannelures.

De par l'importance de la population de cette espèce, ce passage gagne donc aussi à être connu des botanistes !

Au final, l'échantillonnage a été aussi riche que dans la pointe occidentale de Burlan, avec 5 des 7 espèces recherchées.

A l'Aiguille du Plat de la Selle

Cette aiguille est un des plus hauts sommets de l'Isère (et même le plus haut si l'on enlève le Pic Lory, antécime de la Barre des Ecrins). Situées plus haut que les pointes de Burlan, les pentes pour y accéder sont de nature morainique, indiquant la présence passée des glaciers.

De même que pour les autres faces prospectées, il est difficile de définir jusqu'où pouvaient monter les glaciers sur ses flancs. Il semble toutefois, comme pour les autres, que le sommet ait été largement émergeant.

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Lignes supérieures théoriques du glacier lors du maximum glaciaire (vue du sud-est du Col de Burlan). A droite, l'ensemble des points échantillons effectués sur les parois sud et sud-est de l'Aiguille du Plat de la Selle.

L'échantillonnage s'est avéré particulièrement difficile du fait de la neige et de la grêle tombées la veille, ainsi que de certains passages en glace.
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Ces conditions délicates nous ont toutefois permis d'observer la forte capacité de rétention d'eau par ces plantes en coussins : elles fonctionnement par leur simple compacité comme de véritables éponges ! Mais il ne faut pas s'y tromper : si elles retiennent l'eau par toutes leurs parties, elles l'absorbent bien par leurs racines. Ce ne sont pas des mousses !

Cette face nous a permis – enfin ! – d'échantillonner le saxifrage à feuilles opposés (Saxifraga oppositifolia). Outre la silène acaule et le saxifrage musqué, observés et échantillonnés à nouveau mais déjà vus des sommets précédents, c'est l'androsace pubescente (Androsace pubescens) que nous avons trouvée localement. Cette espèce est également protégée au niveau national.

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Le saxifrage à feuilles opposées et l'androsace pubescente

Ainsi, pour l'ensemble du cirque du Soreiller, toutes les espèces recherchées ont pu être échantillonnées.

L'échantillonnage a été concluant, malgré notre renoncement à accéder au sommet (conditions du couloir sommital trop dangereuses).

2011-08-coussin-necroDe retour au Col de Burlan (3207 m), nous avons découvert un coussin très imposant d'androsace pubescente (photo ci-contre à droite) d'environ 15 cm de diamètre).

Toute une partie était nécrosée (morte et desséchée), quand l'autre était bien vivante et verte de l'année !

Un tel coussin est a minima centenaire, si ce n'est bien plus...

Coussin d'androsace pubescente – la partie de gauche sur la photo est nécrosée (Col de Burlan)

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Vue de l'aiguille du Plat de la Selle (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Le plus haut sommet au fond à gauche : la Meije. Le plus haut au fond à droite : la Barre des Ecrins

L'équipe des botanistes-chercheurs remercie pleinement la belle équipe familiale du refuge du Soreiller (Martine, Clémentine, Gaëtan et Marie) qui leur a permis de disposer d'un confortable « bureau » alpin pour mener à bien ces travaux !

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Pour en savoir plus sur l'étude, voir aussi l'article : La recherche au sommetaoût 2010
Savez-vous qu'il y a des fleurs sur les plus hauts sommets des Ecrins ? C'est en quête de compréhension de l'histoire de ces plantes particulièrement courageuses et obstinées, qu'un travail de recherche est mené entre le Parc et le Laboratoire d'écologie alpine.

 

Chamois : diagnostics de santé

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Le suivi des maladies des animaux sauvages est une préoccupation des gestionnaires d'espaces naturels, notamment pour ce qui concerne les interactions avec la faune domestique. Dans les Écrins, le chamois fait figure d'espèce "sentinelle" pour les maladies transmissibles entre ongulés. Des études récentes montrent l'existence de pestiviroses qui posent plusieurs questions.

La question de la santé de la faune sauvage s'invite souvent dans les discussions... Pourtant, les maladies des ongulés sauvages sont une réalité..."normale". En général, elles leur sont propres et elles contribuent à la dynamique de la population (pasteurellose, variante "sauvage" de la kératoconjonctivite...). La pathologie des animaux sauvages est devenue une préoccupation des gestionnaires d'espaces naturels, essentiellement en raison des interactions possibles avec la faune domestique.

Une importante enquête sur les maladies de la faune sauvage avait eu lieu au début des années 80, à l'initiative du laboratoire départemental vétérinaire des Hautes-Alpes. Les résultats montraient alors, pour les affections recherchées à l'époque, la rareté des maladies communes aux animaux sauvages et aux animaux domestiques.

Depuis, quelques épisodes de pathologie d'origine domestique ont été observés sur la faune sauvage : brucellose ovine sur le chamois en 1989 au col du Lautaret, piétin en Haute-Savoie sur le bouquetin, ecthyma décimant les chamois en Belledonne ou à Chamonix, maladie des abcès sur les chamois et les bouquetins de l'Oisans, tuberculose chez le cerf et le sanglier en Normandie... Ces constats ont conduit à s'intéresser de plus près aux maladies communes à la faune sauvage et aux espèces domestiques, ainsi qu'aux risques de transmission.

La veille sanitaire

L'étude des maladies de la faune sauvage répond à des considérations  environnementales (conservation et protection des espèces sauvages), de santé publique (certaines maladies sont transmissibles à l'homme) et économiques. Certaines activités peuvent en effet être compromises par l'existence de maladies réglementées sur la faune sauvage (flux commerciaux et exportation des animaux d'élevage par exemple).

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"Dans le parc national des Écrins, le chamois, espèce sentinelle, est assez bien surveillée. Près de 4000 chamois sont observés "en détail" à la longue-vue chaque année et moins de 1% d'entre eux montrent des signes manifestes de maladie. Toutefois toutes les maladies ne s'expriment pas avec des symptômes visibles" explique Michel Bouche, technicien de l'environnement au Parc national. Vétérinaire de formation, il est plus particulièrement chargé de coordonner ces suivis, en lien avec le laboratoire départemental vétérinaire des Hautes-Alpes.

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"Les cadavres de différentes espèces, mais en particulier ceux des chamois, des chevreuils et des bouquetins recueillis sur le territoire du parc – c'est à dire une très faible proportion des individus morts « naturellement » compte tenu de la rapidité de disparition des cadavres dans la nature - font l'objet d'autopsies lorsque c'est possible. Diverses pathologies sont diagnostiquées (kératoconjonctivite, broncho-pneumonie, parasitisme...) mais aussi des cas d'empoisonnement."

Des chasseurs contribuent aux études

Pour compléter cette surveillance, des prélèvements de sang ont été demandés aux chasseurs de chamois pour analyse, dans le cadre d'une étude avec la fédération départementale des chasseurs et le laboratoire départemental vétérinaire des Hautes Alpes. Il s'agit de rechercher la présence de maladies, habituellement connues chez les animaux d'élevage, et, le cas échéant, d'estimer (avec l'incertitude liée à la taille des échantillons) la proportion d'animaux porteurs et/ou ayant été en contact.

En 2010 et 2011, le Parc national des Ecrins a piloté cette opération sur les communes de Réallon, Châteauroux-les-Alpes, Villar-d'Arène, Le Monêtier-les-Bains et Vallouise.

En  simplifiant un peu, on peut dire qu'un résultat sérologique positif indique la présence d'anticorps et donc que l'animal a été en contact avec l'agent responsable de maladie. Il peut s'agir d'un simple contact sans suite pour l'animal contaminé ou d'un contact ayant été suivi de maladie, éventuellement guérie à la date du prélèvement.

Il faut aussi savoir que les symptômes provoqués par un agent pathogène peuvent être différents sur deux espèces différentes et que toutes les espèces ne présentent pas la même sensibilité aux agents infectieux. Chez les animaux sauvages, cette sensibilité varie au cours de la saison, se traduisant par des pics de mortalité pendant les périodes de disette hivernale. Les facteurs environnementaux (dérangements, stress, qualité de l'alimentation...) jouent en effet un rôle important dans l'apparition éventuelle de maladies cliniques.

Enfin, lorsque qu'un micro-organisme responsable d'une maladie passe d'une espèce à une autre, il se modifie : le retour à l'espèce d'origine n'est pas toujours possible et la maladie devient alors spécifique de l'espèce contaminée.

"Il faut avouer que, dans ce domaine, l'état des connaissances est encore partiel. Ce type d'étude devrait contribuer à y voir plus clair" précise Michel Bouche.

Des pestiviroses à suivre...

En 2009, 40 prélèvements ont été recueillis sur 2 communes. En 2010, ce sont 121 prélèvements réalisés sur 5 communes qui ont été transmis. "Cette progression montre bien la forte implication des chasseurs dans cette opération".

Seuls 81 prélèvements, soit environ la moitié, ont pu être analysés à cause de souillures liées à la difficulté de prélever du sang frais.

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Les connaissances concernant la circulation des pathologies entre la faune sauvage et la faune domestique sont encore partielles.

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Les résultats analysés à partir des prélèvements réalisés en 2009 et 2010 ont été présentés aux sociétés de chasse qui participent à l'étude. Ici au Monêtier-les-Bains en avril dernier, en présence de Dominique Gauthier, directeur du laboratoire vétérinaire départemental des Hautes-Alpes et d'agents du Parc national des Écrins.

Les résultats de 2009 et 2010 permettent de conclure, sous réserve de l'aléa statistique lié à la taille de l'échantillon, qu'il n'y aurait pas de problème local avec la brucellose, la chlamydiose, la salmonellose, la fièvre Q, la toxoplasmose, la fièvre catarrhale ovine, la paratuberculose et le CAEV, hormis quelques cas isolés et accidentels pour lesquels on peut exclure la circulation d'agents pathogènes dans la population sauvage.

En revanche, 21 résultats sont positifs et 9 douteux pour les pestiviroses.
Chez les ongulés domestiques, ces maladies provoquent entre autres des troubles de la reproduction et de la croissance des jeunes (Border disease chez les ovins), des troubles respiratoires et digestifs (maladie des muqueuses chez les bovins).

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Ces résultats posent plusieurs questions.

- On se demande combien de chamois ont réellement été en contact avec le virus ?
Compte tenu du nombre d'échantillons, la fourchette statistique varie entre 15 et 30 %, ce qui confirme la circulation d'un virus dans la population de chamois.

- Les chamois séropositifs prélevés hébergent ils le virus ou sont-ils juste sensibilisés?

- L'épisode pathologique est-il contemporain ou passé ?

- Cette pestivirose est-elle une maladie spécifique du chamois, comme elle l'est chez l'Isard dans les Pyrénées ou bien est-elle transmise par les moutons estivants dans le massif ? En effet, il existe une pestivirose chez l'Isard dans les Pyrénées, qui entraine des troubles cutanés (dépilations), des troubles reproducteurs, respiratoires et de l'affaiblissement.

- Est-il possible que des chamois porteurs sains séronégatifs mais contagieux pour les autres individus existent ?

Pour répondre à ces questions, les chasseurs ont prélevé des rates lors de la campagne de chasse 2010. L'analyse de ces dernières courant 2011 devrait permettre de répondre en partie à ces questions.

... et des mesures à prendre

"Si on peut dire que l'état sanitaire des chamois sur le massif des Ecrins est globalement bon, l'apparition et la relative importance de la prévalence des pestiviroses retient l'attention des gestionnaires du territoire, tant pour l'impact potentiel de cette maladie sur les populations sauvages que pour les mesures à mettre en place afin de limiter les interactions entre faune sauvage et faune domestique" résume Michel Bouche.

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Une étude menée en Vanoise, Ecrins et Bauges dans les années 1995, indique une relation directe entre transmission d'agents parasitaires et modalités de cohabitation entre grande faune sauvage et cheptels domestiques. La qualité de la gestion pastorale est une des clés de la prévention des risques sanitaires en alpage.

"Les mesures agro-environnementales qui nécessitent la présence d'un berger conduisant les troupeaux en alpage, diminuent considérablement le risque de contact et de transmission de maladies entre faune sauvage et faune domestique. C'est l'une des solutions à envisager pour faire face à ce problème."

 

Zoom sur le lagopède alpin

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Emblématique des zones d'altitude, il compte parmi les 10 oiseaux à préserver prioritairement dans le coeur du Parc national. Son avenir est préoccupant du fait des changements climatiques. Mais pas seulement.

Egalement appelé « la perdrix des neiges » ou bien encore « jalabre », le lagopède alpin (Lagopus muta) appartient à l'ordre des galliformes qui regroupe également, dans les Écrins, le tétras lyre, la perdrix bartavelle et la gélinotte.

C'est un oiseau mythique que de nombreux randonneurs rêvent de découvrir. Il occupe le haut de l'étage alpin ainsi que l'étage nival. Son habitat est composé essentiellement de rochers parsemés d'une végétation rase dans laquelle on retrouve communément la dryade à huit pétales (Dryas octopetala).

En Europe occidentale, sa répartition est septentrionale. Il est principalement présent dans le nord de la péninsule scandinave, l'Ecosse ainsi que l'Islande. En France, on le rencontre uniquement dans les Pyrénées et les Alpes. Cette espèce du paléo-arctique est donc une véritable relique des dernières glaciations en Europe, les sommets froids de nos montagnes ayant servi de zone de refuge lors du retrait des glaciers.

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Couple de lagopède alpin (mâle à droite et femelle à gauche). Photo Damien Combrisson / PNE
La présence d'un trait noir entre la base du bec et l'oeil (trait loral) permet à cette époque de reconnaitre le mâle.

Une espèce à surveiller

Dans un contexte de changement climatique, l'avenir du lagopède alpin apparaît comme préoccupant. Pourtant, les menaces qui pèsent sur cette espèce ont également d'autres causes.

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Femelle de lagopède alpin. L'oiseau est en plumage de transition. A l'issue de cette mue partielle, les lagopèdes deviendront entièrement blancs à l'exception de la queue, qui reste noire, ainsi que le trait "loral" chez le mâle. Photo Damien Combrisson / Parc national des Ecrins

L'une d'entre elle est le pâturage dans les zones de reproduction de cet oiseau qui niche au sol et qui est donc très sensible au piétinement du bétail (les brebis essentiellement). A cela vient s'ajouter la faible productivité (nombre de jeunes produits par an par rapport au nombre d'adultes) des populations méridionales (Alpes et Pyrénées) de notre pays. Des études entreprises dans la réserve naturelle de Sixt Fer-à-Cheval en Haute-Savoie démontrent, sur 15 années de suivi entre 1996 et 2010, une moyenne de 0,28 jeune par adulte.

Les conditions météorologiques notamment en période de reproduction, le dérangement par les randonneurs, les skieurs et les chiens, enfin le prélèvement par la chasse sont autant de facteurs qui viennent aggraver l'état des populations.

Agir pour sa conservation

Le Parc national des Ecrins s'est attaché depuis de nombreuses années au suivi des lagopèdes dans le cadre de l'Observatoire des galliformes de montagne (OGM) en participant notamment à des études de terrain qui permettent de mettre en évidence la tendance d'évolution des populations de lagopèdes.

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Couple de lagopède alpin (mâle à droite et la femelle à gauche). Photo Damien Combrisson / Parc national des Ecrins

Concrètement il s'agit de compter le nombre de mâles chanteurs au printemps sur plusieurs sites témoins. La méthode est identique chaque année ce qui permet à long terme de constater l'évolution de ces populations témoins.

Cependant, nos connaissances des effectifs restent encore incomplètes sur de vastes zones de son aire de répartition au sein du parc, notamment en raison de la difficulté de réaliser des inventaires exhaustifs en haute montagne. Pour mieux appréhender l'utilisation de l'espace et les causes de régression de l'espèce, une approche expérimentale a été tentée au parc national des Écrins pour la mise au point d'inventaire par échantillonnage. Son objectif, à terme, est d'avoir une vision du niveau d'abondance du lagopède et de localiser les principaux noyaux de population sur l'ensemble de son aire de répartition française.

icon 2008-Ecrins- Lagopèdes alpins : évolution abondance et enjeux de conservation (57.93 KB)

Des actions sont également engagées sur le terrain comme la mise en place de dispositifs de visualisation sur les câbles de certaines  remontées mécaniques, pour réduire la mortalité des oiseaux par collision.

Au niveau agricole, plusieurs contrats sont signés avec des groupements pastoraux dont certaines mesures de gestion favorisent la conservation du lagopède : le report de pâturage, par exemple, laisse le temps au lagopède d'effectuer sa reproduction.

Depuis 2009, le lagopède alpin fait partie des 10 espèces d'oiseaux retenues comme étant prioritaires dans le cœur du parc au titre de la directive « Natura 2000 ».

La gestion cynégétique appliquée à cette espèce a également évoluée.

Depuis 2001, un plan de chasse a été instauré dans les Hautes-Alpes : la chasse du lagopède n'est désormais possible que sur certains secteurs du département, et uniquement les années où la reproduction est suffisante. Ainsi, aucun prélèvement n'a été autorisé les 4 dernières années en raison des mauvaises reproductions constatées annuellement. Cette disposition a également été adoptée par le département de l'Isère à compter de la saison de chasse 2010-2011.

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Lagopèdes alpins. Vidéo Damien Combrisson / Parc national des Ecrins

Pour en savoir plus

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iconTélécharger le cahier Galliformes de montagne - 2006 (4.29 MB)

Un cahier thématique consacré à ces oiseaux emblématiques qui s'inscrit dans la collection "Territoire Ecrins", conçue pour partager des connaissances et l'expérience des personnels en charge de la conservation des patrimoines avec les acteurs, habitants et utilisateurs de cet espace naturel protégé.


Télécharger le Compte-rendu sur les lagopèdes alpins dans les Écrins : icon 2008-Ecrins- Lagopèdes alpins : évolution abondance et enjeux de conservation (57.93 KB)

Deux articles d'actualités publiés sur ce site internet :

Comptage de bartavelles pour le suivi de l'espèce dans les Alpes 

Trente mâles de perdrix bartavelles se sont manifestés lors d'un important comptage réalisé en Oisans les 28 et 29 mai. Pour ces oiseaux, c'est la période des parades nuptiales.... Et pour les observateurs, un moment privilégié pour suivre cette espèce très discrète.

Jolie note... pour la gélinotte
La présence de cet oiseau extrêmement discret est confirmée en Haute Romanche. Des prospections qui s'inscrivent dans les suivis élaborés par l'Observatoire des galliformes de montagne.

 

A lire aussi :

Chuut Le dossier sur le programme de sensibilisation « Chuut... c'est l'hiver »

icon Télécharger le dépliant Traces douces - Chuut... c'est l'hiver (2.81 MB)

 

 

En bonus !

Ouvrez l'oeil ! Un jeu pour petits et grands : sept lagopèdes à trouver dans l'image d'un pierrier...

 

Les lacs, miroirs fragiles des Écrins

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Au même titre que les glaciers, les lacs sont emblématiques des paysages de montagne. Patrimoine esthétique et touristique inestimable, ils constituent également une ressource en eau qui mérite toute notre attention.

Miroirs flatteurs des hauts sommets, les lacs de montagne, sont une halte pour le randonneur ou le pêcheur contemplatif...

Ces écosystèmes d'altitude peuvent héberger certaines populations qu'il convient de protéger. A fortiori dans le coeur d'un parc national. L'équilibre est fragile. Les lacs "collectent" les rejets de refuges, déjections de troupeaux.... et même des pollutions atmosphériques plus lointaines.

Une gestion adaptée au contexte propre de chaque lac doit permettre de préserver les milieux et les activités économiques qui y sont liés.

Un séminaire technique sur "Les lacs et torrents de montagne" est organisé par le Parc national des Écrins, les 3 et 4 novembre 2010.
Pour en savoir plus, pour participer : lire l'article "Ponglée dans les lacs et torrents de montagne"

 

Des milieux fragiles à préserver

Les études réalisées sur les lacs confirment la fragilité de leur équilibre... et la nécessité d'une gestion au cas par cas. Pour cela, au-delà des observations scientifiques, le Parc national coopère tout particulièrement avec les Fédérations et l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA).

Les lacs constituent également une ressource en eau qui mérite toute notre attention. Il ne sont pas à l'abri de pollutions, même lointaines (pluies acides...), mais sont surtout très sensibles à leur environnement immédiat.

Dans les Écrins, les études menées depuis 1992 par Rémi Chappaz et Laurent Cavalli (laboratoire d'hydrobiologie de Marseille) ont permis de progresser dans la connaissance de chaque lac. Les scientifiques ont observé une faune et une flore particulière formant un patrimoine à préserver... Ainsi, les (rares) amateurs peuvent toujours se baigner dans les lacs du Parc national mais les autres activités nautiques ou encore la plongée ne sont pas autorisées.

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Contrairement à la chasse, la pratique de la pêche (et donc des alevinages), n'a pas été interdite par la création des parcs nationaux en montagne. Pour en assurer une gestion cohérente, les Fédérations départementales pour la pêche et la protection du milieu aquatique sont des partenaires importants du Parc.

À ce titre, le second volet de leur mission, souvent méconnu, est particulièrement adapté ! En s'appuyant sur les études scientifiques, un alevinage unique en début d'été et le choix d'une seule espèce par lac (à l'exception du Lauvitel) sont désormais établis dans le parc.

Lire aussi l'article Lacs et alevinages : des poissons... pour la pêche

Ce travail en commun a permis de définir des objectifs en fonction des potentialités de chaque lac.

Limiter les rotations d'hélicoptère est une autre préoccupation du Parc national. Pour réduire les alevinages, on pourra chercher à utiliser des populations capables de se reproduire... mais sans nuire aux autres éléments de l'écosystème. Le souci de la qualité des souches mais aussi de conserver la réversibilité de la gestion sont mis en avant, ainsi que son évaluation.

En altitude, les lacs restent gelés une grande partie de l'année, ce qui réduit leurs possibilités biologiques

C'est l'écart de température entre l'eau de surface et l'eau de fond du lac qui détermine le "fonctionnement" d'un lac de montagne. Si l'on y trouve des poissons, c'est qu'ils y ont été introduits.

Les lacs de petite taille n'ont pas toujours été alevinés. Ils sont des références. Certains d'entre-eux hébergent d'ailleurs encore le Triton alpestre qui ne supporte pas la concurrence avec les salmonidés.

Les lacs des Écrins, au nombre d'une soixantaine dans le coeur du parc national, sont de dimensions relativement restreintes : environ 5 ha de superficie pour quelques 14 m de profondeur en moyenne.

L'origine des lacs des Écrins

Elle est étroitement liée au système d'érosion glaciaire.

Lacs de cuvette

Ce sont les grands glaciers de l'ère quaternaire qui, en s'écoulant jusqu'à Lyon et Sisteron ont surcreusé les zones de roche plus tendres. Lorsque les glaciers ont fondu, il y a 8000 ans, ces dépressions sont devenues des lacs.

Comme ici, le lac des Pisses (Champsaur)

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Lacs de barrage

Des cuvettes ou des replats ont pu être augmentés par des dépôts de moraines laissés par les glaciers.
C'est le cas du lac d'Arsine (Briançonnais - photo ci-dessous)

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Des éboulements venus des versants abrupts ont pu jouer le rôle de barrage naturel comme dans le cas du Lac du Lauvitel.

Lacs mixtes

Ils résultent de la combinaison des deux facteurs précédents.

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Dans le cas du Grand lac des Estaris (ci-dessus), c'est un surcreusement glaciaire rehaussé par des moraines qui forment la cuvette lacustre.

Différents types de lac

Il existe une typologie des lacs de montagne, réalisée à partir de leurs caractéristiques physiques et de leurs potentialités biologiques.

Les lacs polaires, dégelés pendant 2 à 3 mois, sont les plus froids et ont une très courte période estivale de production biologique.
Ils sont apparus au cours du retrait des glaciers, comme les lacs des Rouies, d'Arsine, des Quirlies ou de l'Eychauda (photo ci-dessous). Ils sont dits oligothrophes : pauvres en nourriture.

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Lac de l'Eychauda - lac polaire - dégel 2 à 3 mois

Les lacs froids, dégelés pendant 3 à 4 mois, sont la catégorie la plus représentée.
D'une eau limpide (car faiblement minéralisée), ils ont un bassin versant de roches nues ou peu végétalisées comme les lacs du Vallon ou de Puy Vachier.

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Lac de Crupillouse - Lac froid - dégel 3 à 4 mois

Les lacs de pelouse (végétation dominante de leur bassin versant) sont soumis à des conditions climatiques plus clémentes avec 4 à 5 mois de dégel comme les lacs Long, Profond, Jumeaux, Lérié et Noir. On trouve dans leurs eaux une végétation aquatique traduisant une plus grande productivité biologique.

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Lac du Lauzon - Lac de pelouse - dégel 4 à 5 mois

Les lacs verts ne sont pas représentés dans le massif des Écrins. Dégelés pendant 6 mois de l'année, ils sont plus chauds mais surtout plus "productifs". À l'inverse des lacs polaires, ils sont dits eutrophes (riches en nourriture). Ce sont les matières organiques en suspension qui leur donnent cette couleur verte.

Dans les Écrins, le Lauvitel est le seul grand lac d'altitude. Ce type de lac est d'ailleurs assez rare. Ses dimensions sont nettement supérieures à celles des autres types de lacs de montagne.
D'une supérficie de 37 ha, avec une profondeur maximale de 68 m, il est dégelé pendant 7 mois.

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Lac du Lauvitel - Grand lac d'altitude - dégel 7 mois

Situé à 1495 m d'altitude, le lac du Lauvitel est un grand lac d'altitude...qui ne fonctionne pas comme un lac d'altitude. Un cas à part.

Il subit d'importantes variations de niveau en fonction de l'apport d'eau de fonte du petit glacier des Pisses. Très attractif pour la pêche, c'est le seul lac des Écrins qui "supporte" l'introduction de deux espèces en même temps. Et les alevinages sont réalisés à dos de mulets.

La partie sud du lac et le fond du vallon du Lauvitel sont classés en réserve intégrale depuis 1995.

Télécharger la fiche thématique : icon La réserve intégrale du Lauvitel (744.44 KB)

Vivre en eaux froides

Les espèces présentes sont celles capables de résister aux conditions extrêmes...

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La linaigrette.                                                            Le triton alpestre

Peu de grandes plantes se développent aux abords ou dans les lacs de montagne, hormis quelques sphaignes, joncs ou la cotonneuse linaigrette près des lacs de pelouse.

En revanche, les scientifiques ont repéré de très nombreuses algues microscopiques, différentes selon les lacs. Elles forment un phytoplancton très riche qui va alimenter toute une série d'invertébrés : vers, mollusques, insectes et crustacés... très discrets. Cyclopes et autres Daphnies constituent l'essentiel du zooplancton, utile notamment à l'alimentation des alevins transportés jusque dans les lacs pour la pêche. Les diptères sont également assez bien représentés

Quant aux poissons, ils "montent" désormais le plus souvent par hélicoptère... et tentent de grandir. Quant à se reproduire, c'est une autre histoire.

Le Triton alpestre est un batracien rare qui ne supporte pas la concurrence avec les salmonidés. Cette espèce autochtone fait l'objet de mesures de protection. Elle survit dans certains petits lacs qui n'ont jamais été alevinés.

Lire l'article paru dans Alpes magazine sur les lacs et les tritons : icon Article sur les lacs et les tritons - Alpes Magazine - été 2009 (1.09 MB)

Vie et mort d'un lac de montagne...

De sa naissance à sa mort, le lac de montagne évolue normalement vers une plus grande richesse biologique : l'enrichissement en matières organiques et l'apport de sédiments drainés par leurs affluents. C'est ce que l'on appelle l'eutrophisation. Un phénomène naturel, imperceptible pour les lacs de haute altitude et plus facile à observer pour les lacs de pelouse : la décomposition progressive des matières organiques comble la cuvette lacustre jusqu'au stade ultime : la tourbière.

Le phénomène peut s'accélérer en fonction des activités de l'environnement proche comme la présence de troupeaux ou les effluents d'un refuge qui apportent des matières organiques extérieures.

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La tourbière de la Muzelle dissimule une dépression, créée par un surcreusement glaciaire. Elle était jadis occupée par un lac. Des sédiments s'y sont accumulés pendant plus de 14 000 ans.

Pour en savoir plus

• Lacs de montagne : mieux connaître et bien gérer - J-P Martinot et A. Rivet. Parc national de la Vanoise - disponible au Centre de documentation du Parc national des Écrins.

• Lacs du Dauphiné, de Belledonne au Queyras - Serge Coupé - Glénat, 1997 - L'auteur présente des itinéraires et donne des conseils halieutiques.

• Rapports d'études hydrobiologiques concernant différents lacs des Écrins réalisés pour le Parc national par Laurent Cavalli et Rémi Chappaz du laboratoire d'hydrobiologie de l'Université de Provence (Marseille) - consultables au Centre de documentation du Parc, domaine de Charance, Gap.

A lire aussi sur ce site internet :

L'édito de Bernard Fischesser, Ancien membre du Comité scientifique du Parc national des Écrins - Echo des Écrins n°22 - printemps 2004.

L'article Un pavé dans le lac - été 2010
Jeu de mot facile pour retracer le travail au lac du Pavé, consistant à mesurer différents paramètres comme la température, les dimensions du lac, le zooplancton, les sédiments...

 

L'article Vigilance sur la qualité de l'eau
Ponctuellement, des anomalies bactériologiques ont été mises en évidence par le suivi mené pendant trois ans au coeur des Écrins.


En Bonus !
Sept destinations vers les lacs des Écrins : Sept trésors à découvrir

Télécharger les fiches techniques suivi de la qualité de l'eau :icon Suivi de la qualité de l'eau - Enjeux et méthodes (535.25 KB)
icon Suivi de la qualité de l'eau - Les résultats (2.84 MB)

Regards poétiques : lacs des Écrins

2010-10-livre-lacsC'est un ouvrage d'auteurs qui renouvelle le genre puisqu'il propose un rendez-vous avec 90 personnages du massif des Ecrins : les lacs. Chacun fait l'objet d'une écriture photographique et rédactionnelle. Par delà ces interprétations sensibles, les pages techniques apportent tous les renseignements indispensables pour partir à leur rencontre.

Lacs des Écrins, photographies de Bertrand Bodin, textes de Claude Dautrey, Éditions Libris

Des posters, cartes postales et documents vidéo sont également disponibles dans les Maisons du Parc des Écrins ou sur la boutique du site internet.

 

L'Alpage en BD, c'est « pas tout » et c'est pas rien !

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Les alpages représentent 68 000ha des 270 000ha de la superficie globale du parc national des Ecrins c'est dire leur importance au plan économique, écologique, paysager et imaginaire.

Nous vous proposons de l'aborder avec moins de sérieux que d'habitude à travers ce voyage dans les thèmes, les années et les styles graphiques de quatre illustrateurs qui à différentes époques ont proposé leur talent pour faire passer des idées et informer les publics de la fausse simplicité de l'alpage et faire entendre ses acteurs multiples.

Après ce tour d'horizon graphique ce sera à vous de nous adresser votre dessin du jour, synthèse drôle ou tragique de vos vécus d'alpages d'hier ou d'aujourd'hui.

Herbe et moutons en Valgaudemar

En Valgaudemar la nouvelle Maison du parc invite à une préparation à la découverte de cette vallée très nature et très pastorale. Sur ce thème une bande dessinée est en cours de réalisation pour faire comprendre l'importance de ce domaine d'activité et ce qui s'y joue. En avant-première voici quelques planches réalisées par Régis FERRÉ qui est à l'oeuvre en ce moment même pour finir cette saga ancienne de l‘herbe et du mouton.

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Cliquez sur les vignettes pour agrandir chaque planche de BD.

Code de l'ami des patous

Dans un Parc national on apprend un peu à vivre avec la nature : ne pas donner à manger aux marmottes, limiter les approches dérangeantes du chamois, ne pas perturber la sieste du bouquetin ruminant.....
Depuis quelques années une nouvelle espèce est apparue dans le vert des alpages.

Un gros canidé blanc qui est devenu un acteur essentiel de l'activité pastorale. Comment-faire avec lui ? Bernard NICOLAS et Anne DUME vous proposent des solutions.

Feuilletez la BD en ligne :

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Le jeu de l'oie version agneau

C'est une opération qui remonte à loin, 25 ans au moins, les premières opérations de coopération entre éleveurs, fédération d'alpages, association de bergers, une action de sensibilisation autour d'un programme de gestion d'alpages en Valbonnais avait paru suffisamment démonstratif pour s'en inspirer et réaliser un jeu de l'oie version agneau.

F'mürr était en pleine gloire avec ses brebis méchamment anthropisées en 'Génies des alpages'. Il avait pourtant accepté gracieusement de dessiner ce jeu de l'agneau et l'affiche de la campagne de sensibilisation. Un petit coup de nostalgie pour redonner de l'élan à une problématique bien actuelle.

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Cliquez sur les images pour les agrandir

L'alpage en exposition

C'est une exposition réalisée en un temps record à la suite d'un premier programme d'appui à la bonne gestion des alpages il y a une dizaine d'années. Nous avions toutes les données du programme et des échos qu'il avait suscité en tête. C'est pourquoi il a suffi d'associer un botaniste, un vulgarisateur et un graphiste pour qu'en trois jours une exposition sur carton plume naisse et relate nos préoccupations écopastorales. Réalisée pour un temps fort du moment elle a imposé cette rapidité d'exécution qui transforme une urgence en un superbe souvenir.

C'était merveille de voir Lionel CONDEMINE déjà guide de haute montagne et toujours graphiste, traduire en direct et en dessins les objectifs que nous énoncions avec force complexité.

Feulletez les dessins en ligne :

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L'alpage, résidence d'artistes !

Non les artistes ne sont pas moutonniers. Dernier clin d'œil de cette rubrique : l'alpage vu à travers les croquis de terrain réalisés par Greg POOLE au cours de l'opération : "GR54, itinéraire de légende" réalisée en 2000 et 2001 et qui associait marcheurs, peintres, photographes et auteurs....

Voici une courte série qui chante vaches, moutons, montagnes, chiens de berger sans oublier la merveilleuse bergère du moment à l'Alpe du Villar et la Meije éternelle.

"Get the Flash Player" "to see this gallery."

Participez !

A la manière de....ou de façon plus personnelle.... « croquez-nous » votre alpage.
C'est l'occasion pour vous de nous adresser vos propres dessins, BD, croquis et illustrations sur le sujet ... nous les publierons ici-même.

Envoyez vos réalisations à actus-adresse

Pour aller plus loin, lisez aussi :

Alpages sentinellesAlpages sentinelles... du changement climatique
Formation insectesAlpages sentinelles : une formation pour suivre les insectes
RéotierAméliorations pastorales à l'Alp de Réotier
2010-06-transhumanceLa transhumance passe à l'Argentière

icon Téléchargez la brochure L'alpage, un monde à paturer des yeux (5.45 MB)

 

Botanique : de l'inventaire au suivi

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Lors de leurs relevés de terrain, les agents du Parc national des Écrins utilisent un ordinateur de poche pour cartographier la flore patrimoniale.  Il s'agit désormais de montrer "comment évolue la répartition géographique d'une espèce" et non plus seulement où elle se trouve.

Aux côtés des jumelles et de la radio, un ordinateur de poche va progressivement faire partie des outils du garde-moniteur au Parc national des Écrins. Actuellement, il est utilisé pour le suivi des 169 espèces de la flore patrimoniale.

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Cet "outil nomade" avec son application "flore" a été conçue par le Parc national des Écrins, en lien avec Caminéo, un prestataire de développement informatique. Il est expérimenté cet été dans ses sept secteurs. Il contient toutes les cartes IGN (1/25000) et les photographies aériennes (1/5000) des Écrins.

L'agent cartographie l'espèce, mais aussi les zones dans lesquelles elle est absente... en tout cas pour le moment !
L'objectif : connaître les dynamiques d'une espèce (densité, déplacement...) au regard des changements actuels (climat, pratiques pastorales...).

Son extension à d'autres domaines naturalistes est envisagée et son utilisation intéresse d'autres espaces protégés.

D'ores et déjà, le Conservatoire botanique national Alpin (CBNA), associé à la démarche engagée par le Parc national des Écrins, propose cet outil aux partenaires du réseau qu'il anime pour l'étude et la conservation de la flore.

De l'inventaire au suivi

En un peu plus de deux siècles, l'inventaire des plantes à fleurs et des fougères du massif des Ecrins a été réalisé. Il peut être considéré comme quasiment terminé.
Ainsi, le territoire du PNE abrite quelque 1800 espèces dont 120 (6,7%) bénéficient d'un statut de protection régional, national ou européen.

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Deux espèces endémiques du Dauphiné
A gauche : la bérardie laineuse (Berardia subacaulis), une des premières, décrite en 1779 par Dominique Villars.
A droite : le cotoneaster de Rabou (Cotoneaster raboutensis) : la dernière décrite en 1998 par Flink, Fryer, Hylmö, Garraud et Zeller

Aujourd'hui, les botanistes sont confrontés à deux orientations complémentaires :
- Elargir leurs inventaires aux plantes sans fleur (mousses), aux lichens, aux champignons...
- Approfondir les relations entre les plantes à fleurs et leur milieu physique (climat, substrat) et biologique (relation avec les plantes, les animaux et l'homme).
C'est cette deuxième option qui est principalement retenue dans les Écrins.

L'usage de l'informatique de poche sur le terrain, associée à la base de données générale sur la flore du Parc national, facilite grandement cette nouvelle démarche de suivi.

Dans le Réseau de protection de la flore

Le Conservatoire botanique national alpin a mis en place, depuis 2008, un regroupement des acteurs de la conservation de son territoire d'agrément, couvrant ainsi 7 départements (01, 04, 05, 26, 38, 73 et 74).
La conservation de la flore sur un territoire aussi vaste ne pouvait en effet s'envisager sans un partenariat fort et pérenne avec l'ensemble des organismes qui interviennent sur tout ou partie des étapes de conservation : gestionnaires d'espaces naturels, universitaires, associations de protection de la nature, voire botanistes amateurs...

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Les enjeux partagés par les membres du réseau sont :

1. de créer du lien entre les différents acteurs de la recherche, de la connaissance et de la gestion,
2. d'articuler, de mutualiser et de restituer les actions de suivi et conservation de la flore pour les Alpes françaises et l'Ain,
3. de favoriser la construction de projets communs de connaissance et de gestion conservatoire des espèces et milieux déterminés par le réseau à l'échelle biogéographique du massif alpin,
4. de valoriser les actions communes et d'y sensibiliser les acteurs intervenant sur ces territoires.

Sa démarche a déjà permis d'élaborer une liste commune d'espèces prioritaires en matière de conservation (liste bloquée), de définir des protocoles communs pour le suivi de ces espèces et de réaliser des synthèses sur l'évolution de quelques espèces.

La mise en place d'un outil informatique pour les relevés de terrain, développé au Parc national des Écrins a été réalisée en lien étroit avec le Conservatoire Botanique National Alpin (CBNA). Dans le cadre du réseau qu'il anime, le CBNA propose l'utilisation de ce petit ordinateur de terrain aux partenaires qui assurent le suivi de la flore dans les Alpes et l'Ain.

L'informatique au service des relevés de terrain

Aux Écrins, les données enregistrées dans cet outil nomade viennent alimenter la base de données générale sur la flore du Parc national des Écrins (1800 espèces).

Cette base de données est également abondée par les données anciennes (bibliographie), celles relevées par les agents du Parc national (sur papier depuis plus de 35 ans) et celles transmises par les partenaires, le Conservatoire botanique notamment.
Elle permet des requêtes sur le travail réalisé les années précédentes : répartition, phénologie, perturbations et usages...

Éviter toute dérive méthodologique !
Pour l'instant, cet outil concerne uniquement la flore patrimoniale suivie dans les Écrins. Cette liste bloquée d'espèces fait l'objet d'un menu déroulant. "C'est une contrainte qui évite les effets de mode sur les sites et les espèces.
2010-06-flore-pda-gmLa précision de la localisation géographique est largement améliorée par le recours au GPS et aux photographies aériennes (1/5000) qui sont intégrées à l'outil" explique Pierre Salomez, botaniste au Parc national qui a suivi la mise en place de l'application.

"Dans le passé, hormis le fait de compter des "pieds" (et quand il n'y en a pas trop !) les relevés botaniques souffraient de l'absence de données quantifiées fiables. Ce nouvel outil permet d'estimer des surfaces et des densités d'occupation".

Plus que tout, il importe d'enregistrer l'étendue d'un territoire prospecté sans le moindre résultat. En effet, noter l'absence de l'espèce recherchée est la seule façon de se ménager la possibilité de déceler l'apparition d'une nouvelle station de cette espèce."

Sur le terrain, l'outil permet de connaître ce que l'on sait de l'histoire d'une station d'espèce patrimoniale : a t-elle déjà été découverte ? par qui ? quand ?...
Il permet à l'observateur de réaliser la saisie immédiatement
⊕ sans erreur sur le nom des espèces
⊕ en se localisant précisément sur carte puis sur photo aérienne, avec (ou sans) le GPS
⊕ en saisissant les zones d'absence constatée...

Des exemples pour mieux comprendre...

Les suivis de certaines espèces patrimoniales permettent de répondre à certaines questions ou de vérifier des hypothèses concernant l'évolution du climat ou la gestion des milieux par l'homme.

Combien de temps une espèce arctico-alpine peut-elle résister au réchauffement climatique en cours ?

2010-06-carex1-entPlante-témoin : Carex bicolor

Plante herbacée vivace présente dans les Alpes et autour du cercle polaire arctique
Habitat Ecrins-Dauphiné :
au bord des eaux froides sur substrat calcaire dans l'étage alpin

 

 

Le réchauffement climatique en cours se fera-t-il dans une ambiance sèche ?

2010-06-genevrier-thurPlante-témoin : Genévrier thurifère
Petit arbre réparti autour de la Méditerranée occidentale (Maroc, Espagne, Dauphiné...)

Habitat Ecrins-Dauphiné :
vers 1000 m (700-1300m) dans des sites rocheux bien ensoleillés

 

 

La gestion forestière en futaie jardinée est-elle compatible avec la conservation de la biodiversité des forêts de montagne ?

2010-06-sabot-venusPlante-témoin : Sabot de Vénus
Plante herbacée à rhizome d'Europe et d'Asie, sous climat continental

Habitat Ecrins-Dauphiné :
Forêts de l'étage montagnard sur substrat calcaire

 

 

 

Le pâturage ovin de printemps et d'été permet-il de garder la diversité floristique des anciennes prairies de fauche ?

2010-06-reine-des-alpesPlante-témoin : Reine des Alpes
Plante herbacée vivace présente uniquement dans la chaîne alpine

Habitat Ecrins-Dauphiné :
Mégaphorbiaies, prairies de fauche aux étages montagnard et subalpin

 

 

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Prospection avec un outil informatique de terrain : recherche du Carex bicolor près du lac du Goléon (Briançonnais).

 

On en pince pour les écrevisses

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Trois espèces peuplent quelques petits cours d'eau et lacs du territoire du parc national des Écrins. Seule une espèce est historiquement autochtone, c'est l'écrevisse à pieds blancs... menacées par les deux autres, arrivées d'Amérique.

Qui n'a jamais été séduit par ces étonnants crustacés décapodes (à dix pattes !) qui fuient en marche arrière dans le courant.
De l'Australie à l'Amérique en passant par l'Europe les écrevisses sont représentées par de nombreuses espèces, chacune adaptée aux conditions de leur milieu particulier.

Trois espèces peuplent quelques petits cours d'eau et lacs du territoire du parc national des Écrins. "Seule une espèce est historiquement autochtone, c'est l'écrevisse à pieds blancs, les deux autres sont dites « exotiques » et sont arrivées d'Amérique, il s'agit des célèbres « américaines », qui ont été introduites au 19ème siècle en France" explique Philippe Moullec, chef du service haut-alpin de l'ONEMA (Office national de l'eau et des milieux aquatiques).

La plupart des écrevisses apprécie les eaux fraîches, chimiquement pures et bien oxygénées, avec un taux de calcium suffisant. Leur présence est donc un signe de la "bonne santé" d'un cours d'eau.

Dans nos régions, elles partagent souvent ces milieux avec la truite fario et le chabot.
Mais cela ne suffit pas, elles ont besoin d'abris, de caches pour tous les stades de leur vie, et enfin de nourriture et de support pour cette nourriture.
Les ruisseaux aux berges creuses, sans étiage trop sévère, au fond stabilisé par des racines de petit diamètre, semblent les plus aptes à héberger nos petits crustacés.
Faute de cela, les populations végèteront et seront d'autant plus vulnérables.

Les écrevisses à pieds blancs sont réfugiées dans des petits milieux en tête de bassin qui ne correspondent pas forcément à leur idéal d'habitat.

"Ces populations relictuelles sont souvent en état de stress et l'introduction d'individus non autochtones peut être catastrophique" s'inquiète Christophe Albert, garde-moniteur du Parc national des Écrins. "Souvent avec la volonté de bien faire, on peut être tenté d'en remettre dans les cours d'eau... avec le risque important de faire une grosse bêtise".
La reconnaissance des espèces revêt donc toute son importance.

En cas de doute, n'hésitez pas à contacter les agents du Parc national ou ceux de l'ONEMA.

Que de menaces...

En moins d'un siècle, les remembrements, les recalibrages brutaux des fossés et canaux, la détérioration voire l'abandon des canaux ancestraux, la pollution des cours d'eau, ont eu un impact majeur sur nombreuses populations d'écrevisses autochtones qui ont fortement régressées sur tout le territoire.

Ajoutez à cela des qualités culinaires, qui contribuent à faire perdre le sens de la mesure lors des captures.

Et si cela ne suffisait pas, un champignon "Aphanomyces" (peste des écrevisses), redoutable par la dispersion importante de ses spores, a causé la disparition de milliers d'individus.
Les écrevisses américaines sont des porteurs dits sains de cette maladie qu'elles contribuent à propager.

Comment identifier les écrevisses

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Cliquer sur les images ci-dessus pour les agrandir ou bien télécharger le document :icon Identifier les écrevisses (3.72 MB)

2010-04-ecrevis-pied-blancEcrevisse à pieds blancs
(Austropotamobius pallipes)

Notre écrevisse autochtone !

Elle dépasse rarement les dix centimètres. La couleur terne et foncée de sa face dorsale contraste avec la face ventrale plus claire de ses pinces, d'où son nom.
Elle n'est pas agressive. Ses pinces sont rugueuses et son rostre à bords convergents est plutôt triangulaire. Elle est très exigeante sur la qualité de son milieu mais plusieurs écotypes facilitent les adaptations aux conditions régionales particulières.
Espèce discrète (son activité est nocturne), elle recherche une alimentation plutôt végétale,
L'écrevisse à pieds blancs est peu féconde (moins de cent œufs par femelle), la reproduction est automnale.
Sa croissance lente la rend très sensible aux maladies.
Présente dans le Valbonnais, le Valgaudemar, le Champsaur, et l'Embrunais.

2010-04-ecrevis-americEcrevisse américaine
(Orconectes limosus)

Originaire de la côte est des États-Unis, elle a été introduite au 19eme siècle en France
La taille moyenne se situe aux alentours de huit centimètres.
Elle est la seule à présenter des ornementations brunes sur la face dorsale de l'abdomen. Son céphalothorax est franchement piquant avec un rostre aux bords pratiquement parallèles.
Elle est peu exigeante sur la qualité de l'eau et du milieu.
Elle se nourrit même en pleine journée de fragments de végétaux et de petits mollusques.
L'écrevisse américaine est très féconde (trois cents œufs par femelle). La ponte a lieu au printemps.
Sa croissance très rapide (6 cm à six mois) la mets à l'abri des formes aiguës de la peste des écrevisses, mais elle est dite « porteuse saine » et contamine les milieux où elle vit.
Présente dans les plans d'eau de Serre Ponçon, de la Roche de Rame, d'Embrun, de Buclet.

2010-04-ecrevis-signalL'Écrevisse signal
(Pacifastacus leniusculus)

Originaire de l'ouest des États-Unis, elle fut introduite en France dans les années 70.
Des tailles importantes peuvent être observées (14 cm et 150 g).
Elle se reconnaît à la tache claire qu'elle arbore à l'articulation des deux doigts de ses pinces.
Elle apprécie les eaux courantes et fraîches des petits ruisseaux. Très agressive, elle supplante facilement l'écrevisse à pieds blancs dans son milieu qu'elle apprécie et envahit.
Elle est principalement herbivore, les juvéniles préfèrent de la nourriture animale (larves aquatiques).
L'écrevisse signal est mature dès deux ans. Elle se reproduit en automne et la femelle pond jusqu'à 300 œufs.
Sa croissance très rapide (6-8 cm à trois mois), la met elle aussi à l'abri des formes aiguës de la peste des écrevisses mais elle est dite « porteuse saine » et contamine les milieux où elle vit.
Présente dans les plans d'eau de Laffrey.

Dix pattes et plusieurs mues

Les écrevisses sont décapodes car munies de dix pattes. Huit d'entre elles leur servent à marcher, dans le bon sens quand elles vaquent tranquillement à leurs occupations. Deux pattes portent les célèbres pinces utiles pour découper leurs aliments.
Les écrevisses sont toutes omnivores et opportunistes. Elles consomment des débris végétaux et animaux qu'elles trouvent sur le fond de la rivière.
Ajoutez à cela un thorax carrossé comme un char d'assaut et un abdomen très mobile qui manœuvre un propulseur efficace, le telson... et vous avez un animal bien équipé pour survivre.
L'écrevisse est un invertébré à squelette externe. Sa croissance s'effectue donc par mues successives. On retrouve ainsi des exuvies sur le fond des cours d'eau où l'animal est présent.

2010-04-ecrevis-graineLes accouplements ont lieu en automne ou au printemps selon les espèces, et après celui-ci les œufs puis les larves restent accrochés sous l'abdomen de la femelle. On dit alors qu'elle est « grainée ». Dès que les juvéniles sont séparés de leur mère, les mues commencent (jusqu'à huit la première année).
Lorsqu'ils muent les individus sont alors mous pendant quelques jours et à la merci de nombreuses agressions (prédation, piétinement, infections).

Prospection, suivis, préservation...

En étroite collaboration, les agents de l'ONEMA et les agents du Parc national des Écrins veillent sur ces espèces qu'ils recherchent et suivent pour tenter de préserver l'écrevisse à pieds blancs.

2010-04-ecrevis-prospecProspection recherche de sites nouveaux, anciens et méconnus où les écrevisses sont encore présentes.

Suivi des populations connues par inventaires et comptage afin d'apprécier leur santé.

Action particulière de préservation et de protection avec les acteurs locaux lors d'aménagements et de travaux pouvant mettre en péril les animaux ou leur habitat.
Le meilleur exemple est la façon exemplaire dont les travaux de curage du lac de Saint-Apollinaire (Embrunais) ont été conduits en collaboration avec la mairie au début des années 2000, pour le plus grand respect des écrevisses autochtones peuplant le lac.

Le point sur la réglementation

Les trois espèces peuplant notre massif ont un statut juridique différent. Seule l'écrevisse à pieds blancs bénéficie d'un statut de protection d'abord national, puis européen : elle est inscrite à la directive cadre "Habitats".
Son milieu très sensible lui permet de bénéficier de mesures de protection par arrêté de biotope.
Les deux autres espèces, si prolifiques qu'elles peuvent mettre en danger les peuplements autochtones, sont qualifiées « d'espèces susceptibles de déséquilibres biologiques ». Leur introduction dans les eaux libres est une infraction.
9000 euros : voilà le montant de l'amende encourue !

Paradoxalement sur le plan juridique l'écrevisse est considérée comme un poisson ! Sa pêche peut donc être autorisée, avec un permis de pêche, et si le stock des populations existantes le permet.

La pêche à l'écrevisse est totalement fermée dans les Hautes-Alpes.

En Isère la pêche de l'espèce est ouverte sur une brève période estivale durant 10 jours à partir du 4eme samedi de juillet, à l'aide d'engins de capture nommés « balances ».

 

Aigles royaux : le grand comptage

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Du 22 au 28 mars prochain, cette opération d'envergure mobilisera les personnels du Parc national ainsi que de nombreux partenaires, bénévoles...
Et pourquoi pas vous ?

2010-03-aigle-compt-psDans le ciel de mars, les aigles festonnent pour "marquer" leur territoire. Ils se montrent beaucoup à cette époque : ces exhibitions facilitent leur dénombrement. Pendant une semaine, du 22 au 28 mars prochain, un grand comptage aura lieu dans le massif des Écrins. Les longues-vues, jumelles et radios sont des instruments indispensables. Mais la réussite d'une telle opération repose sur la forte mobilisation des personnels du Parc, assistés par de nombreux partenaires, institutionnels, professionnels de la montagne, membres d'associations de protection de la nature et simples bénévoles.

150 postes d'observation

Comme il y a cinq ans, 150 postes d'observation vont être répartis sur le terrain pour scruter le ciel des sept secteurs du parc national.

Originalité de ce comptage, l'ouverture au grand public qui permet à ceux qui le souhaitent de participer concrètement à l'opération et de pouvoir échanger avec les agents du Parc, autour de l'aigle bien sûr, mais aussi de tous les autres sujets liés à l'environnement.

L'aigle royal compte parmi les symboles de la faune sauvage. Protégé depuis plus de quarante ans, il retrouve progressivement les territoires qu'il avait désertés.

2010-03-aigle-fiche-jpnLors du dernier dénombrement, en 2005, 123 individus avaient été observés. "L'examen détaillé des données avait permis d'identifier 41 couples territoriaux" précise Christian Couloumy qui pilote le programme « rapaces » au Parc national des Écrins.

Au-delà des effectifs, la surprise est venue de l'installation vraisemblable de nouveaux couples... alors que l'on pensait que la population d'aigles avait atteint son apogée.
"La capacité de l'aigle à supporter localement une densité de couples territoriaux plus élevée est montrée par ces résultats. D'autres régions, en Italie notamment, connaissent des situations analogues".

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Outre ces dénombrements d'envergure, les agents du Parc national contrôlent régulièrement la reproduction sur le terrain. "Chaque année, on découvre de nouvelles aires de nidification. Aujourd'hui, près de 250 ont été recensées...." Sur tous les aspects, la connaissance de la population d'aigles royaux du massif s'est très largement enrichie.

Au fil des ans, l'intérêt pour cette espèce emblématique s'est accrue, au sein des agents du Parc national, un engouement partagé de plus en plus par la population locale.
"Les résultats de la reproduction (couvaison, éclosion et envol) constituent un bon descripteur de l'état de santé de la population" ajoute Christian Couloumy. Chaque année, une trentaine de couples est contrôlée, une vingtaine d'aiglons s'envole de leur aire (19 en 2009).

L'espèce reste cependant fragile. Les agents du Parc national relèvent également des cas de mortalité. Les percussions avec les câbles aériens et l'électrocution sont responsables aujourd'hui de la majorité des accidents.

À ÉCOUTER...

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Une interview de Christian Couloumy, pilote des programmes "rapaces" au Parc national des Écrins. Un document sonore réalisé par la radio "Alpes 1" pour le Conseil général et le Comité départemental du tourisme des Hautes-Alpes.

 

 

Vous souhaitez participer au comptage ? Inscrivez-vous !

Plusieurs rendez-vous sont possibles dans le massif, tout au long de la semaine... Choisissez la date et le secteur géographique et contactez la Maison du Parc pour vous inscrire.

Une opportunité pour les personnes à mobilité réduite : plusieurs postes de comptage sont d'accès très faciles voire en bord de route. Aussi, contrairement à d'autres opérations qui se déroulent en montagne, l'accueil des personnes à mobilité réduite est possible dans chacune des vallées pour ce comptage. Un partenariat avec l'APF des Hautes-Alpes (Association des paralysés de France) est engagé pour favoriser l'accueil de ce public pendant le comptage.

Les dates, les lieux, les contacts

Lundi 22 mars : CHAMPSAUR
rendez-vous à 8h  à la Maison de la Vallée à Pont-du-Fossé - tél. 04 92 55 95 44

Mardi 23 mars : SAINT-MAURICE-EN-VALGAUDEMAR
rendez-vous à 8h  au Foyer de ski de fond de L'Ubac à Saint- Maurice-en-Valgaudemar - tél Maison du Parc à La Chapelle : 04 92 55 25 19

Mercredi 24 mars : VALBONNAIS
rendez-vous à 8h du matin à la Maison du Parc à Entraigues - tél : 04 76 30 20 61

Jeudi 25 mars : OISANS
rendez-vous à 8h  au foyer municipal (proche de la Maison du Parc) de Bourg d'Oisans - tél. 04 76 80 00 51

Vendredi 26 mars : BRIANÇONNAIS
rendez-vous à 8h au Casset - tél Maison du Parc de Briançon : 04 92 21 08 49

Samedi 27 mars : VALLOUISE
rendez-vous à 8h  à la Maison du Parc à Vallouise - tél. 04 92 23 32 31

Dimanche 28 mars : EMBRUNAIS
rendez-vous à 9h (heure d'été) à la Maison du Parc à Châteauroux - tél. 04 92 43 23 31

L'aigle royal, emblématique des montagnes en France

L'aigle royal (Aquila chrysaetos) est un bon indicateur des conditions écologiques régnant dans un massif montagneux, son milieu de prédilection en France.

Ce grand rapace diurne (environ 2 mètres d'envergure) est de nos jours inféodé aux montagnes. Pourchassé au fil des siècles, il avait disparu des zones de basse altitude qu'il occupe encore dans d'autres régions du globe à faible densité humaine.

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Son aptitude remarquable à l'espace aérien se traduit par différents types de vols (plané, glissé, piqués...) dont la pratique est liée aux conditions atmosphériques ou à des comportements particuliers, notamment lors de la reproduction et pour la défense du territoire.

L'aigle royal occupe un domaine vital très vaste, de l'ordre de 100 km2 dans certains secteurs. Ce domaine d'activité comprend les terrains de chasse et le territoire, c'est-à-dire la zone défendue contre les autres aigles, dans lequel se trouve le site de nidification.

Ce dernier comprend généralement plusieurs aires (nids), l'aigle rechargeant et occupant l'une d'entre elles à chaque saison de reproduction.
Ces aires (jusqu'à 12) peuvent atteindre des dimensions considérables au fil des ans. Situées le plus souvent sur une vire rocheuse au milieu d'une falaise, elles peuvent aussi être implantées dans un arbre.

En janvier-février, les couples marquent fortement leur territoire et commencent à recharger une ou plusieurs aires. Dans notre région, l'aigle royal pond au cours de la deuxième quinzaine de mars (fin mars-début avril) ; les oeufs éclosent au début de mai, les aiglons s'envolent fin juillet

En règle générale, la femelle pond 2 œufs qu'elle couve durant 45 jours. Nourris par leurs parents, le ou les aiglons séjourneront au nid pendant environ 3 mois avant de prendre leur envol. Les caractéristiques du plumage de l'aigle royal évoluent sensiblement au cours des années et permettent (en théorie) de donner un âge approximatif aux individus observés.

2010-03-aigle-juv-cc 2010-03-aigle-adulte-cc Un aigle juvénile et ses cocardes blanches sous les ailes - Un aigle adulte en livrée sombre.

Dans les Alpes, la marmotte compose l'essentiel du régime alimentaire de l'aigle royal en été qui comporte aussi nombre d'autres proies (oiseaux, petits mammifères...). Il consomme régulièrement de la charogne. Il peut jeûner plusieurs jours en hiver. L'aigle utilise régulièrement des perchoirs (pitons rocheux, etc.) d'où il surveille son territoire et localise ses proies.

Source : Pour en savoir plus sur le suivi de l'aigle voir l'article de Christian Couloumy dans les cahiers techniques de l'ATEN

Dans la boutique du Parc national des Ecrins

Les carnets de la Huppe - L'aigle royal

Faune sauvage des parcs nationaux de France.

L'aigle royal - collection jeunesse - Éditions Hesse

Raconte l'aigle - Pour les enfants

DVD "Vertige d'une rencontre".
La quête de l'aigle royal dans une nature sublime et préservée.
Un film de Jean-Michel Bertrand avec la voix de Charles Berling.

A lire également

Le retour des vautoursNotre dossier "Le retour des vautours"

L'article "Querelle aérienne à Puy-Aillaud"

et aussi "Histoires de rapaces"

 

Chuut... c'est l'hiver !

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Depuis plusieurs années, avec ses partenaires du milieu montagnard, le Parc national des Écrins s'efforce de construire une sensibilisation au respect de l'hiver et de ses patrimoines. Il soutient aussi des propositions alternatives pour d'autres découvertes du milieu naturel enneigé.
Une invitation à faire "traces douces"... et spatules de velours !

Aborder avec respect les paysages naturels de l'hiver, la faune et la flore aux prises avec ses rigueurs, découvrir des vallées de montagne dans leur humilité hivernale, devenir le modeste interprète des traces de la vie, des spectacles du givre, se ressourcer dans l'étendue des neiges et des silences : voilà à quoi vous invite cette campagne pour le respect de la vie en montagne en hiver.

2009-12-gdpinier-mcEst-ce un véritable enjeu ? "Nous avons tous ensemble l'innocence de le croire, et pour au moins deux raisons" souligne Claude Dautrey, responsable du service accueil-communication du Parc national.
"La première raison est celle de la réalité touristique hivernale qui propose un ensemble d'activités de plein air autour de la glisse, mais très peu d'activités autour de la découverte : un positionnement radicalement différent de l'offre estivale.
La seconde est à l'opposé. Elle repose sur une pratique de la neige qui s'éloigne des stations pour retrouver des modes de déplacement en montagne plus naturel, aventureux, qui remet au goût du jour des pratiques anciennes telles que la raquette, le ski de fond, nordique et de randonnée sans oublier la marche. Le développement de ces "visiteurs de l'hiver", curieux de nature et d'espaces naturels, n'est pas sans poser quelques questions en matière de préservation de la faune sauvage".

L'hiver des animaux, une période délicate

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Pour les animaux, la période est délicate.
La panacée : dormir en attendant des jours meilleurs, ou bien partir vers des contrées plus douces. Mais tout le monde n'est pas une marmotte ou un oiseau... Ceux qui restent s'adaptent pour survivre. Et le moindre geste compte quand il s'agit de garder des réserves !

2009-12-raquettes--d-rocheLa fréquentation croissante de la montagne en hiver, couplée à l'envie de "voir des animaux", vient troubler le rythme et le fragile équilibre de la faune. Et cette perturbation s'ajoute encore aux risques, nombreux, de ne pas voir le printemps.
Nous sommes tous des "dérangeurs" potentiels : randonneurs à skis ou à raquettes, photographes et observateurs curieux de la nature...
Avançons avec PRÉCAUTIONS dans ces territoires enneigés et sauvages... mais habités !

"Venez surprendre le chamois !" : pour alléchante qu'elle soit, la "surprise" annoncée par cette proposition de sortie en raquettes n'est pas des meilleures pour l'animal en question. Car surpris, il s'enfuit... et puise dans ses réserves d'énergie. Et il en faut, des réserves, pour passer l'hiver... Alors, de stress en fuites répétées, il s'affaiblit tandis qu'augmentent les risques d'être victime d'un accident, des parasites ou d'un prédateur.

Le sujet n'est pas nouveau mais il devient plus crucial avec l'augmentation de la fréquentation.

Les grands espaces de nature habités par la faune sauvage deviennent de plus en plus attractifs. La pratique croissante du ski de randonnée et l'engouement pour les balades en raquettes à neige sont une invitation à parcourir beaucoup plus facilement les territoires enneigés...

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Le clou de la balade : voir les chamois ou les bouquetins. Alors, pour que la promesse soit tenue, les zones d'hivernage connues et pas trop éloignées de la route attirent des cortèges d'observateurs.

Le bouche à oreille fonctionne vite. Pour la plupart, les professionnels de la montagne sont conscients et soucieux des risques encourus par la faune. Ils proposent une observation à distance en utilisant du matériel adapté (jumelles, longue-vues...). Ce principe d'une découverte respectueuse de la montagne en hiver est une caractéristique majeure des sorties de terrain, encadrées par les accompagnateurs en montagne pour le Parc national des Écrins.

Dans l'idéal, utiliser des itinéraires réguliers et évidents permet à la faune de ne plus être surprise et de conserver des espaces de tranquillité hors des passages. Car faire sa trace, c'est aussi faire la trace pour d'autres qui viendront ensuite et tenteront peut-être d'aller un peu plus loin, un peu plus près...

Peu de protocoles de suivis permettent, objectivement, de chiffrer l'impact de la fréquentation sur la faune en hiver. En la matière, c'est le fameux "principe de précaution" qui est de mise : car, c'est une certitude, le dérangement vient s'ajouter aux difficultés réelles de survie de la faune en hiver.

Sensibiliser sans culpabiliser...

Les exigences de conservation de la grande faune (ongulés de montagne) des galliformes de montagne (lagopède, tétras-lyre,...) et le souhait de sensibiliser les utilisateurs de la montagne en hiver ont conduit le Parc à initier cette campagne.

Ses partenaires du milieu montagnard l'accompagnent dans cette démarche depuis plusieurs années : les guides de haute montagne, les accompagnateurs, Mountain Wilderness, le Parc naturel régional du Queyras, le Club Alpin Français, la FFME, l'Office national des Forêts...

2009-12-xpo-hiverUne exposition, des dépliants, des affiches, des conférences et des projections... Des supports d'information sont développés et utilisés lors de toutes les bonnes occasions de "faire passer le message". Ces rendez-vous sont relayés également dans le programme d'accueil et de découverte du Parc national, associant les rendez-vous et expositions dans les Maisons du Parc, les temps forts du territoire et une invitation à vivre le territoire, encadrée par les accompagnateurs en montagne "ambassadeurs" du Parc national.

Consulter le programme hivernal des accompagnateurs en montagne "ambassadeurs" du Parc national des Écrins

Lire aussi le dossier "Des séjours de découverte en hiver"

... et proposer d'autres découvertes

Changement climatique, baisse de la clientèle hivernale, nouvelles aspirations et besoins de diversification : la (re)découverte de la nature arrive sur le devant de la scène économique hivernale.

Parmi les alternatives, l'organisation d'une découverte du milieu naturel est évidente et correspond aux attentes repérées des clientèles. "C'est le rôle des espaces protégés d'accompagner cette mutation avec une attention toute particulière pour que l'organisation d'une offre de découverte ne mette pas en péril les richesses qu'elle valorise" souligne Christian Pichoud, le président du Conseil d'administration du Parc national... également président du Comité départemental du tourisme de l'Isère. Dans une telle perspective, la présence d'un espace protégé est aujourd'hui une chance que l'on mesure de mieux en mieux. N'en déplaise à ceux qui cherchent à présenter la protection de l'environnement comme un frein au développement. Ainsi, ceux qui n'y voyaient que contrainte pourraient en faire un atout...

Christian Pichoud et les membres du Conseil d'administration en sont convaincus : "la légitimité d'un espace protégé est aussi celle que lui donnent les élus et les habitants. C'est tout l'enjeu de la future Charte du Parc national des Écrins : l'occasion d'affirmer un projet de territoire dans lequel la qualité de l'offre et de l'accueil touristique devient l'alliée de la qualité des conditions de vie dans les vallées de montagne"

Faites "traces douces" !

2009-12-couv-proghiver-dossDes produits touristiques respectueux de l'environnement : c'est ce que proposent de développer les partenaires de l'opération "Traces douces" en faveur de la découverte des patrimoines de l'hiver. Il s'agit de "montrer que la protection de l'environnement peut générer une activité économique" souligne Jean-Lou Botta, animateur de l'association "Hautes-Alpes-ski-de-fond" qui a initié ce projet voilà deux ans.  "L'objectif est aussi de structurer et diversifier une offre touristique hivernale innovante, de contribuer à la promotion du territoire et de favoriser la professionnalisation des acteurs".

En s'appuyant sur des sites nordiques, l'opération "Traces douces" rassemble des propositions originales de découverte. Dans les Écrins, c'est notamment à Champoléon (haut-Champsaur) et au Casset (haut-Briançonnais) que sont donnés les rendez-vous, mais aussi à Vallouise et ponctuellement dans le Valgaudemar (consulter le programme d'accueil du Parc national)

D'autres propositions sont mises en place dans d'autres massifs, à découvrir via le site www.traces-douces.eu

POUR EN SAVOIR PLUS...

Télécharger le document de sensibilisation au respect de l'hiver et de ses patrimoine "CHUUT, C'EST L'HIVER" : icon Dépliant Chuut - traces douces (2.81 MB)

Télécharger le programme "Traces douces" au Casset, dans le Briançonnais : icon Hiver 2009-2010 : programme Traces douces au Casset (650.22 KB)

Télécharger le programme "Traces douces" à Champoléon, dans le Champsaur : icon Hiver 2009-2010 : Programme Traces douces à Champoléon (2.59 MB)

Télécharger le programme "Traces douces" dans le Valgaudemar : icon 2009-2010 : Programme Traces douces Valgaudemar (2.22 MB)

 

 

 

 

 

A propos des génépis...

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Sous le vocable "génépi" se cachent quatre espèces de génépis.  De notoriété indiscutable, ils servent tous, plus ou moins, à la confection de tisanes ou le plus souvent de liqueurs. Mais leur cueillette est très précisément réglementée, dans le coeur du Parc national... et ailleurs.

Dans les vallée alpines, on trouve quatre espèces de génépis : le génépi laineux encore appelé mâle ou bourru (Artemisia eriantha), le génépi blanc ou femelle (Artemisia umbelliformis ou A. mutellina), le génépi vrai ou noir (Artemisia spicata ou A. genepi) et le génépi des glaciers (Artemisia glacialis).

En terme de réglementation, la cueillette « du » génépi est très précisément réglementée. Dans le département des Hautes Alpes, comme dans le cœur du Parc, sa cueillette est limitée pour 3 des 4 espèces à 100 tiges fleuries, la cueillette du génépi laineux étant interdite.

Dans le département de l'Isère, en dehors du cœur du Parc, la cueillette est limitée pour les 3 mêmes espèces à une quantité de tiges fleuries que la main adulte peut contenir.

La plante ayant « les pieds » fragiles, une récolte peu soigneuse se solde bien souvent par l'arrachage malencontreux de la plante qui se régénère très lentement, de façon aléatoire et difficile. Sa récolte doit donc se faire avec un objet tranchant évitant tout arrachage et destruction de la plante.

2009-07-infractionMais la demande de cette plante hautement symbolique va croissante : saucisson, bière, fromage, sorbet, ... Tout se décline au génépi.
La culture se développe depuis quelques années en Haut Champsaur et en Névachie notamment. Ce sont les espèces "umbelliformis" et "mutellina" qui font l'objet de ces productions, encore insuffisantes... Ainsi, les cueillettes abusives restent hélas trop fréquentes, bien au-dela de la traditionnelle cueillette familiale qui motive une sortie en montagne.

Chaque année les agents chargés de la police de l'environnement verbalisent certains cueilleurs indélicats avec plusieurs milliers de brins... quand ce ne sont pas les plantes entières, racines comprises.

La cueillette est une pratique ancestrale... Pour qu'elle puisse perdurer, chacun se doit d'adopter une démarche responsable.

Juste une mise au point

Comment lever toute confusion entre quatre, voire six plantes qui auraient la même vocation, selon que l'on se trouve en France, en Italie, en Autriche, en Suisse ou même dans le Queyras, l'Oisans ou le Mercantour ? Il nous faut utiliser un outil certes un peu difficile à manier mais d'une efficacité imparable : la trilogie botanique "FAMILLE, GENRE, ESPECE".

Commençons par la FAMILLE...
Les génépis, puisqu'ils sont plusieurs, sont membres d'une famille nombreuse : les astéracées, appelés hier encore les composées. Au grand dam des systématiciens, lorsque l'on est porteur d'un piolet plutôt que d'une loupe, l'on est tenté de définir trois groupes de plantes selon l'aspect et l'architecture des capitules que composent d'innombrables petites fleurs.
Le premier réunirait les Cosmos du jardinier, l'Aster du randonneur, l'Achillée naine du lagopède et la Marguerite qu'effeuille l'amoureux dubitatif. C'est le groupe des plantes au cœur tendre entouré d'une couronne de pétales un peu particuliers, les ligules.
Un groupe intermédiaire serait agrémenté de congénères dont les fleurs ne composent pas vraiment un cœur mais sont toutes dotées de ligule ; ce sont les Épervières, les Pissenlits, les Bleuets et autres Centaurées.
Enfin, c'est dans un dernier groupe que l'on rassemblerait, en compagnie de l'emblématique Edelweiss et de l'illicite Absinthe, le génépi aux fleurs dérisoires, dépourvues de ligule, regroupées sous la forme de petites boules ou de grelots.

... en passant par le GENRE
Le génépi appartient à celui des armoises " artemisia " en latin, appellation faisant référence à la nymphe Artemis, protectrice des mères et de leur jeune progéniture, rappelant l'efficacité de ces plantes dans le domaine gynécologique. Les armoises regroupent des végétaux de taille fort différente, avec ou sans parfum. Elles habitent les plaines et les montagnes élevées, en des lieux allant des décombres au bord des routes, des parois rocheuses abruptes aux marges glaciaires. On conviendra tout simplement que le génépi est une plante aromatique de taille modeste, dépassant rarement 20 cm, qui affectionne le milieu minéral d'altitude et dont le nom fait allusion à un "jaune épi".

Pour connaître l'ESPÈCE
En matière de génépi, le meilleur est évidemment celui que l'on connaît. Toutefois 4 véritables espèces sont disséminées sur nos contrées, 6 si on y ajoute 2 achillées odorantes bien utilisées par nos voisins transalpins (l'achillée naine et l'achillée herbe à la fracture). Une confusion depuis toujours entretenue règne entre elles et fait des gorges chaudes. Elle est née d'un mélange de diverses appellations latines changeant au fil du temps et de leurs versions française, populaire et régionale.

2009-07-genepi-laineuxLe génépi laineux
Le génépi bourru , Le génépi mâle - Artemisia eriantha, Artemisia villarsii

C'est le plus vigoureux, sa taille peut dépasser 20 cm. Abondant dans le Briançonnais, il est surnommé : le génépi mâle. Ses caractéristiques  : un long épi de fleurs groupées en capitules et son arôme puissant.
Sa cueillette est interdite.



2009-07-genepi-vraiLe génépi vrai
Le génépi noir - Artemisia genepi, Artemisia spicata

Cette espèce est dotée d'un épi compact au sommet d'une tige plutôt courte mais épaisse.
Les bractées entourant les capitules sont bordées de brun, d'où son appellation de génépi noir.

Il exhale un parfum d'absinthe, ce qui le distingue du génépi laineux avec lequel il est souvent confondu.

2009-07-genepi-blancLe génépi blanc
Le génépi jaune, Le génépi femelle - Artemisia umbelliformis, Artemisia mutellina

Gracile, c'est le plus frêle. Il est aussi nommé le génépi femelle. C'est l'espèce la plus courante sur le massif des Écrins. Ses capitules peu fournis forment un épi lâche et ses senteurs seraient des plus sensuelles.



2009-07-genepi-glaciersLe génépi des glaciers
Artemisia glacialis

Voici l'espèce la plus rare. Ses capitules d'un jaune franc terminent de courtes tiges émergeant d'une sorte de coussinet de feuille assez compact. Il affectionne plus particulièrement la partie orientale du département des Hautes Alpes.

 

Comptage chamois : les méthodes évoluent

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Des évolutions dans les modes de comptages sont nécessaires. Depuis septembre 2008 et en lien avec les autres parcs nationaux de montagne, les agents des Écrins mettent en œuvre un nouveau protocole.

Dans les années 80, à la demande de l’administration, les fédérations départementales des chasseurs et le Parc ont défini des unités de gestion afin de gérer les populations de chamois au plus près du terrain.

À cette époque, les densités étaient assez faibles. Les méthodes de dénombrements les plus adaptées consistaient à effectuer des comptages appelés « approches et affûts combinés » selon des protocoles mis au point à la fin des années 70. Ces comptages consistent à placer des observateurs sur des postes fixes et à envoyer des équipes mobiles sur le terrain afin de faire déplacer les animaux, pour pouvoir les observer et donc les dénombrer. Pratiqués jusqu’à maintenant, ces comptages nécessitent la mobilisation d‘un grand nombre d’observateurs, pendant 2 à 3 jours, afin de dénombrer une unité de gestion complète. Depuis les années 80, les populations de chamois ont fortement augmenté. La fermeture des milieux et la colonisation de nouveaux territoires rendent plus difficiles les dénombrements. "Adaptée pour des populations à faible densité et en milieu ouvert, la méthode que nous utilisions se révèle moins fiable lorsqu’il s’agit d’apprécier le niveau des effectifs et leur variation dans les populations à forte densité. Les populations réelles sont souvent fortement sous-estimées et le taux d’incertitude peut être supérieur aux variations inter-annuelles des effectifs" explique Gilles Farny, chargé du suivi de la faune au service scientifique du Parc. Partant de ce constat, le Parc et la Fédération des chasseurs de l’Isère ont joint leurs efforts pour obtenir des résultats en adaptant de nouvelles méthodes mises au point par l’ONCFS et le CNRS.

"Ainsi, depuis septembre 2008 et en lien avec les autres parcs nationaux de montagne, les agents des Écrins mettent en œuvre un nouveau protocole mis au point notamment dans la réserve nationale de chasse des Bauges" explique Gilles Farny. Il consiste à parcourir des circuits répartis sur chaque unité de gestion de nombreuses fois durant les mois de septembre et octobre. La moyenne de chamois observés durant l’ensemble des passages sur l’ensemble des circuits permet d’obtenir un indice appelé indice d’abondance pédestre « IPS ». Dès lors, on cherche à connaître les grandes tendances : stabilité, augmentation ou baisse des effectifs. Cette méthode ne semble véritablement efficace que si elle est cumulée à d’autres indicateurs de changement écologique : poids moyen des jeunes animaux tués à la chasse, longueur des cornes... C’est donc sur le cumul de ces informations et leur suivi à long terme que devra s’appuyer la gestion des populations de chamois du parc national des Écrins, en partenariat avec les Fédérations départementales des chasseurs et les associations cynégétiques.

 

Vigilance sur la qualité des eaux !

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Ponctuellement, des anomalies bactériologiques ont été mises en évidence par le suivi mené pendant trois ans au coeur des Écrins. Si la situation n’est pas (encore) inquiétante, la problématique est à prendre en compte pour l’avenir… et dans les discussions sur la future charte du Parc.

Huit torrents du coeur du Parc ont fait l’objet de prélèvements réguliers pendant trois ans, réalisés par des agents de terrain du Parc formés spécifiquement à ce travail (voir écho n°25). Le bilan des analyses montre que les activités humaines peuvent dégrader ponctuellement la qualité bactériologique de certains cours d’eau.

Quatre torrents présentent une dégradation bactériologique. Le rejet des eaux usées du hameau de Dormillouse affecte le torrent du Chichin. En Embrunais, c’est le torrent de Chargès qui est touché par les activités d’alpage. Les torrents du Gioberney (Valgaudemar) et du Vénéon (Oisans) sont touchés par les hébergements situés en altitude (refuges, hameaux...). "Par chance, cette pollution est 'diluée' par les forts débits dont bénéficient encore ces eaux d’altitude... alimentées principalement par les glaciers". Pour Matthieu Villetard, qui a coordonné ce programme, "au-delà de l’état des lieux de la qualité de l’eau dans le Parc, ce programme a permis d’intégrer le réseau de suivi national (Agence de l’Eau) et de cibler les suivis à réaliser dans le futur pour mieux connaître l’évolution de ces impacts." La qualité de l’eau, son usage et ses fonctions : ces questions comptent parmi celles qu’il s’agit d’aborder en premier lieu avec les élus en lien avec les gestionnaires d’hébergement ou de restauration d’altitude et le monde agricole. D’autant que les prélèvements analysés ont été effectués dans des torrents de haute montagne, là où les risques de pollutions sont plus limités. L’impact sur le milieu est fort différent, et forcément plus marqué, dans des zones plus en aval où l’impact des activités humaines est plus fort : prélèvement d’eau pour l’électricité, eau potable, assainissement, industries, camping, agriculture... il s’agit donc d’être particulièrement vigilant concernant ce qui se passe à l’amont.

Pour faire connaître les résultats de ce programme, des fiches techniques ont été réalisées à l’intention d’un public de techniciens, pédagogues et acteurs socio-économiques.
Ces documents proposent une clef de détermination de la qualité des eaux, basée sur la présence ou l’absence de certaines espèces bio-indicatrices : des petits inverterbrés, visibles à l’oeil nu, qui sont plus ou moins résistants à la pollution.

Elles peuvent être utiles comme support d’animation scientifique ou de terrain, pour comprendre les enjeux de la qualité de l’eau et sensibiliser les hébergeurs, éleveurs... et tout un chacun !

Ces fiches éditées sont disponibles sur simple demande dans les secteurs du Parc et au siège à Gap-Charance. On peut les télécharger en format numérique ci-après.

icon Suivi de la qualité de l'eau - Enjeux et méthodes (535.25 KB)
icon Suivi de la qualité de l'eau - Les résultats (2.84 MB)
 

Débardage à cheval...

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À Molines-en-Champsaur, un débardage à cheval est réalisé dans une forêt domaniale du cœur du parc national. Le choix de cette technique a permis d'éviter la création d'une piste forestière.
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