Des carottes et des ânes... au service de l'archéologie

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C'est à dos d'âne que le matériel nécessaire pour un carottage de sédiments a été acheminé dans la haute vallée de Freissinières. La mémoire contenue dans les fonds des lacs de Palluel et Faravel intéresse les archéologues qui travaillent dans ce secteur.

Ce sont des carottes un peu particulières que sont allés récolter, dans deux lacs d'altitude du Parc national des Écrins, les scientifiques d'EDYTEM (Environnements, DYnamiques et TErritoires de la Montagne), du centre Camille Jullian (archéologie - CNRS-AMU) et de l'IMBE (Institut Méditerranéen de Biodiversité et d'Ecologie marine et continentale).

Les 12 et 13 juillet derniers, ils ont prélevé quelques « carottes » de sédiments au fond des lacs de Palluel et Faravel.

L'objectif de cette mission commune entre les deux laboratoires de recherche, dans le cadre du projet FRECHALP porté par Florence Mocci, archéologue du Centre Camille Jullian, est de reconstituer les environnements passés de la haute vallée de Freissinières, en lien avec les recherches en cours sur les sites archéologiques proches, grâce à la « mémoire » que constituent les sédiments.

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La « récolte » au fond de l'eau nécessite un matériel particulier. L'équipe s'est donc attachée les services de trois ânes pour acheminer les 150 kg de matériel nécessaires jusqu'au lac de Palluel.... Une partie du matériel a ensuite été portée à dos d'homme, le sentier entre Palluel et Faravel ne permettant pas le passage d'ânes avec leur bât.

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Ainsi, deux carottes d'environ 20 cm ont pu être extraites du lac de Palluel, et 5 carottes dont 2 d'environ 60 cm ont été extraites du lac de Faravel.

Les chercheurs espèrent ainsi acquérir une meilleure connaissance des populations montagnardes vivant et travaillant dans ces milieux de haute montagne depuis 10 000 ans, mais aussi des fluctuations glaciaires locales depuis les dernières grandes glaciations ainsi que de l'histoire forestière locale, en lien avec le pastoralisme et les usages des ressources montagnardes (exploitations du bois, des mines, ...)

A l'occasion de cette prospection, les archéologues ont aussi découvert un éclat de silex...

Pour en savoir plus :

Une conférence-projection aura lieu mercredi 15 août à 17h30 à la Maison du Parc national des Écrins à Vallouise : "Il y a 10 000 ans... archéologie et paysage dans le massif des Écrins" animée par Florence Mocci, Kevin Walsh et Claudia Defrasne, les archéologues qui travaillent depuis plusieurs années en Vallouise.

Voir aussi le site internet du Centre Camille Jullian

 Lire l'article : De l'art rupestre dans les Écrins (2010)

Après des pointes de silex, ce sont des peintures rupestres qui ont été découvertes en Vallouise cet été, sur l'un des sites prospectés par les équipes d'archéologues français et britanniques.

Une montagne parcourue depuis la préhistoire

Une pointe de flèche en silex (juillet 2010)

Une belle découverte pour les archéologues qui, depuis une dizaine d'années, travaillent dans les hautes vallées du Parc.

Consulter le site internet du centre Camille Jullian, laboratoire d'archéologie méditerranéenne et africaine de l'Université de Provence, du CNRS et du Ministère de la Culture

Consulter des informations sur le programme de recherche "Occupation et exploitation des massifs montagneux dans le Sud-Est de la France"

Consulter le site internet du département d'archéologie de l'Université de York

et les blogs des équipes britanniques